Comprendre le vote des Français

Comprendre le vote des Français

22 avr. 2012 - 

Le sondage réalisé par Ipsos / Logica Business Consulting pour France Télévisions, Radio France, Le Monde et Le Point dresse une radiographie politique et sociologique des différents électorats. Ce sondage permet de mieux comprendre les déterminants du vote.


L'abstention

Comme d'habitude, les plus forts taux d'abstention sont relevés

  • chez les plus : 27% chez les 18-24 ans, 26% chez les 25-34 ans, 28% chez les 35-44 ans, contre 17% chez les 45-59 ans et 14% chez les "60 ans et plus".
  • dans les catégories populaires : 29% chez les ouvriers, 32% chez les "sans diplôme", 34% dans les foyers dont le niveau de revenu mensuel est inférieur à 1200€

On ne note pas vraiment de mobilisation différentielle entre l'électorat de gauche (87% de participation) et de droite (91% chez les sympathisants UMP). Les raisons de s'abstenir le plus souvent citées sont le fait "qu'aucun candidat ne paraisse convaincant" (37%) et "que cela ne changera rien, quel que soit le résultat" (25%). Les abstentionnistes veulent aussi "exprimer leur mécontentement" (24%). 17%  étaient simplement "absents le jour du vote".

Mobilisation

Les électeurs se sont d'abord mobilisés car ils considèrent que "l'enjeu de l'élection est très important pour la France" (50% de citations). 38% déclarent voter "à toutes les élections", 36% que "c'est un devoir civique, même si aucun candidat ne leur plaît vraiment". Les motivations "soutien" ("vous avez vraiment envie de soutenir un candidat qui vous plaît vraiment", 20%) ou "rejet" ("vous voulez empêcher qu'un des candidats passe le second tour", 15%, "vous voulez exprimer votre mécontentement à l'égard d'un candidat", 13%) sont moins souvent citées.

Les déterminants du choix

Si un électeur sur cinq a arrêté son choix "ces derniers jours" (12%), voire même "au dernier moment" (7%), la majorité s'est décidée "il y a quelques semaines" (19%) ou le plus souvent "il y a plusieurs mois" (62%).

Dans tous les électorats, "les enjeux nationaux et les problèmes qui se posent en France" sont les plus souvent cités comme les éléments qui ont déterminé le choix (84% de citations), devant "le programme des différents candidats" (58%). A noter aussi que "le bilan de Nicolas Sarkozy et du gouvernement" a beaucoup pesé : il est cité par 57% des électeurs.

Les Français ont aussi d'abord voté en pensant aux enjeux sociaux : "pouvoir d'achat" (46% de citations notamment à gauche), "crise économique et financière" (44%, notamment dans l'électorat de Nicolas Sarkozy et de François Bayrou),  "chômage" (30%), "inégalités sociales" (25%). L'électorat de Marine Le Pen se caractérise par le poids très fort qu'il accorde au thème de l'immigration (62%, pour 24% de citations sur l'ensemble de l'électorat), celui de François Bayrou met particulièrement en avant la question des déficits publics (43% pour 20% dans l'ensemble).

Sociologie et motivations des électorats

François Hollande
L'électorat de François Hollande se caractérise par son homogénéité. Il est en tête dans la plupart des catégories socio-démographiques testées, à l'exception des soutiens traditionnels de la droite, + de 60 ans, retraités, indépendants. Il obtient 30% des voix chez les salariés, 28% chez les personnes à leur compte ; 39% chez les sans diplômes, 31% chez les plus diplômés ("au moins bac +3") ; 30% dans la tranche de revenu la plus basse (revenu du foyer inférieur à 1200€), 31% dans la tranche la plus haute (revenu du foyer supérieur à 3000€) . Deux motivations principales chez ses électeurs : "l'incarnation du changement" (65%) et la stratégie de vote utile pour qu'il obtienne le meilleur score possible au premier tour (80%).  François Hollande a convaincu 71% des électeurs de Ségolène Royal et 27% des électeurs de François Bayrou en 2007.

Nicolas Sarkozy
S'il reste en tête au sein des soutiens traditionnels de la droite, on observe tout de même un recul par rapport à 2007 : -8 points chez les retraités (33%), -2 points chez les artisans, commerçants, chefs d'entreprise (42%). Son électorat s'est prononcé d'abord en fonction de la stature du Président sortant (86% de citations). Mais Nicolas Sarkoy ne retrouve que 73% de ses électeurs du premier tour 2007, 13% ont préféré voté cette fois ci pour Marine Le Pen.

Marine Le Pen
Marine Le Pen est troisième chez les 18-24 ans (18%), assez loin derrière François Hollande (29%) et Nicolas Sarkozy (28%). Elle obtient en revanche le meilleur score chez les ouvriers (29%), devant François Hollande (27%). Sa candidature a attiré 13% de l'électorat 1er tour de Nicolas Sarkozy en 2007, et 9% de celui de François Bayrou. Les deux tiers de ses électeurs l'ont d'abord choisie parce "qu'elle répondait à leurs préoccupations" (67%). Elle est ainsi avec Eva Joly la seule candidate pour laquelle cette motivation est citée en premier.

Jean-Luc Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon réalise ses meilleurs scores auprès des professions intermédiaires (14%), des salariés du public (14%), des chômeurs (19%) et des non diplômés (14%). Il récupère 15% des électeurs 1er tour de Ségolène Royal en 2007, et 8% des électeurs de François Bayrou. Au total, 23% des sympathisants de gauche ont voté pour lui, moins pour qu'il soit élu que par souhait que "ses idées pèsent dans le débat" (59% de citations).

François Bayrou
François Bayrou ne rassemble que 39% des électeurs qui l'avaient choisi en 2007. Il fait un peu mieux que son score moyen auprès des plus diplômés (12%), des personnes "à leur compte" (13%)  et des "cadres et professions libérales" (12%).



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