Jean-François Doridot
Directeur Général, Ipsos Public Affairs
Jean-François Doridot dirige Ipsos Public Affairs (France) qui a pour vocation d’éclairer les décideurs, aussi bien dirigeants politiques que chefs d’entreprise, sur les enjeux de société et les attitudes et comportements des citoyens-consommateurs.
Jean-François Doridot analyse des enquêtes d’opinion depuis plus de 20 ans. Spécialiste des questions politiques et électorales, il a notamment conduit des opérations d’estimation des résultats de vote durant une quarantaine de soirées électorales en France et à l’étranger.
53% / 47% : décryptage des dernières intentions de vote
02/05/2012Interviewé par France Bleu, Jean-François Doridot, directeur général d'Ipsos Public Affairs, analyse la dernière mesure d'intentions de vote pour le second tour de la Présidentielle Ipsos/Logica Business Consulting, qui mesure un rapport de force 53% / 47% en faveur de François Hollande
Le vote Le Pen
23/04/2012Qui a voté pour Marine Le Pen? Des hommes, majoritairement (21%), mais aussi des femmes (16%), toutes les catégories d'âge, des ouvriers (29%), artisans, commerçants (26%) et employés (22%), des ruraux (20%). A ce niveau de résultats, on peut estimer que le vote Le Pen n'est plus l'apanage d'une catégorie en particulier mais est fort dans toutes les catégories. Marine Le Pen a réussi à élargir le coeur de cible traditionnel du FN - des hommes et des ouvriers. Sa percée est notamment remarquable chez les femmes et les classes moyennes inférieures, les employés.
L'analyse des déterminants du vote montre par ailleurs que le vote de protestation devient un vote d'adhésion. Oui, il y a un rejet de Nicolas Sarkozy, mais également de la crise, de l'euro, du système politique. Et ce rejet se base sur des idées, sur le programme porté par Marine Le Pen: 67% de ses électeurs l'ont d'abord choisie parce qu'elle répondait à leurs préoccupations. Marine Le Pen a axé sa campagne sur quatre grands thèmes: l'immigration, l'insécurité, la sortie de l'euro et le pouvoir d'achat. Les deux premiers thèmes sont encore et toujours des marqueurs déterminants du vote frontiste - l'immigration est citée comme un enjeu prioritaire par 62% des votants FN contre 24% pour l'ensemble de la population, l'insécurité à 44% contre 19%. Mais le thème sur lequel Marine Le Pen a gagné du crédit, et qui lui a permis d'élargir son électorat, c'est le pouvoir d'achat : 43% de ses électeurs ont été sensibles à ce thème, soit un niveau équivalent à la moyenne nationale (46%).
1er tour : le debrief
23/04/2012Au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle, France Bleu Midi reçoit Jean François Doridot, directeur général d’Ipsos Public Affairs, Yves Thréard, éditorialiste au Figaro, et Renaud Dely, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur.
Lien vers l'article France Bleu
Nicolas Sarkozy en difficulté
08/03/2012Interview réalisée le 7 mars pour le quotidien Le Progrès
Après un frémissement, les sondages stagnent pour M. Sarkozy. A-t-il raté son début de campagne ?
On ne peut pas dire ça car une entrée en campagne ne peut pas bouleverser complètement le rapport de force. Le but est de consolider son socle électoral, pour ensuite élargir sa base. Jusqu’à ces derniers jours, l’entrée en campagne de Nicolas Sarkozy s’était traduite (comme fin octobre début novembre au moment fort de la crise sur l’euro), par le fait qu’il rassemblait sur son nom plus de 80 % de ses électeurs de 2007 et qu’il prenait un tout petit peu sur le FN et sur l’électorat centriste. L’écart avec Marine Le Pen est redevenu important. De ce point de vue là, son entrée en campagne est assez réussie.
Le vote par adhésion est faible…
C’est un vrai marqueur de cette campagne. Le vote d’adhésion est aussi faible pour François Hollande que pour Nicolas Sarkozy mais il y a en plus un vrai rejet du président sortant, ce qui n’est pas le cas pour le candidat socialiste. D’où la stratégie de durcissement pour rendre un peu moins lisse François Hollande : Nicolas Sarkozy essaie de créer un rejet de François Hollande.
Etre "challenger", est-ce un avantage ?
Il y a une volonté dans l’opinion et dans les médias que l’écart se resserre et c’est favorable au challenger, donc cela peut être un avantage. Mais ce qui est terrible pour Nicolas Sarkozy, c’est que le rapport de force du deuxième tour qui est d’environ 60-40, reste plus ou moins stable. Les reports de voix n’évoluent pas. On peut se demander s’il est capable d’inverser le rapport de force.
Propos recueillis par Nathalie Maure, Le Progrès
Primaire du Parti socialiste : après le débat...
19/09/2011Primaire du Parti Socialiste : dans l'émission "Tous en campagne" diffusée dimanche matin sur France Info, Jean-François Doridot, directeur général d'Ipsos Public Affairs, revient sur la primaire du Parti Socialiste après le débat télévisé entre les candidats.
