L’opinion dit non au CPE ; l’électorat UMP soutient Villepin
L’opinion dit non au CPE ; l’électorat UMP soutient Villepin
27 mars 2006 -
A la veille d’une nouvelle journée de mobilisation, l’enquête IPSOS, réalisée pour le Monde et France 2 montre que le CPE suscite dans l’opinion une solide opposition. 63% des Français (contre 34%) et 80% des moins de 26 ans désapprouvent la décision du Premier ministre de maintenir le CPE. Le rejet est plus fort que lors de la mobilisation de 1995 : à cette époque, 53% des Français désapprouvaient la décision de maintien du Plan Juppé. Le soutien des trois quarts des sympathisants UMP reste le dernier fil auquel Dominique de Villepin peut se raccrocher.A un an de l'élection présidentielle, le CPE cristallise de manière très politique les attitudes et les opinions et réactive très fortement le clivage gauche-droite. 74 % de l'électorat UMP et 58 % de l'électorat UDF approuve le maintien du CPE, tandis que 87 % de l'électorat de la gauche parlementaire et 83 % de celui de l'extrême gauche y est hostile.
Critique sur la mesure elle-même, l'opinion l'est également sur la gestion de la crise. 59% des Français attribuent la responsabilité du blocage actuel au gouvernement, pour 26% seulement aux syndicats. Et 63% n'ont pas été convaincus par la volonté de concertation du Premier ministre pour sortir du conflit, un score comparable à celui enregistré par Alain Juppé en 1995. Les moins de 26 ans et les sympathisants de gauche sont les plus nombreux à stigmatiser l'intransigeance du chef du gouvernement. Quant à l'électorat de droite, il est moins ferme dans son soutien sur la gestion du conflit que dans celui apporté à la mesure elle-même : 34% des sympathisants UMP et 48% de ceux de l'UDF sont critiques à l'égard de la volonté de concertation de Dominique de Villepin.
Rejet de la mesure et critique de l'absence de concertation conduisent logiquement l'opinion à exprimer sa solidarité avec les manifestants : 62% des personnes interrogées se disent solidaires avec la manifestation du 28 mars, dont 29% « tout à fait ». Trois quarts des moins de 26 ans affichent leur soutien à la contestation.
Dans ce contexte, l'opinion attend que les choses bougent. Le maintien « pur et simple » du CPE n'est quasiment plus une hypothèse pour les Français. Seuls 4%, et 8% des sympathisants UMP, souhaitent que le CPE soit maintenu en l'état. 50%, et 75% des sympathisants UMP, désirent qu'il soit maintenu « avec des aménagements ». 44%, et 64% des sympathisants de gauche, veulent son retrait. Dans cette situation, au fond, chaque camp espère que l'autre va faire le geste désiré. 37 % des Français (49 % de la gauche parlementaire, 22% des sympathisants de droite) pensent que le premier ministre va retirer la loi, tandis que 47 % (40 % de la gauche parlementaire et 63 % de la droite parlementaire) pensent que « les opposants au CPE vont finir par accepter de discuter des modalités de son application ».




