España Hoy, nouveau baromètre politique en Espagne
España Hoy, nouveau baromètre politique en Espagne
29 déc. 2004 -
En cette fin d'année 2004, Ipsos publie la première édition "d'España Hoy", un nouveau baromètre d'opinion réalisé pour le quotidien économique espagnol Expansion. Ce baromètre permettra de suivre tous les mois l'état du climat politique, économique et social en Espagne. Pierre Giacometti, directeur général d'Ipsos, analyse pour Ipsos.fr les résultats de cette première vague.
L'action de J.L.R. Zapatero est jugée favorablement par 56% des personnes interrogées, contre 38% d'avis contraire. Après huit mois au pouvoir, la phase d'état de grâce se termine. Malgré un soutien presque unanime de son électorat (87% de bonnes opinions chez les proches du PSOE), Zapatero reste sous le seuil des 60% de jugements favorables sur l'ensemble de l'échantillon. La dynamique d'opinion consensuelle auprès des sympathisants de l'opposition, caractéristique de cet état de grâce post-électoral, s'est dissipée. Les indicateurs de confiance confirment par ailleurs la situation de fragilité dans laquelle se trouve aujourd'hui le chef du gouvernement. Si l'opinion approuve la gestion de Zapatero - 59% des sondés lui reconnaissent un bilan positif depuis son arrivée au pouvoir - les Espagnols s'inquiètent pour l'avenir. On ne fait majoritairement pas confiance au gouvernement pour aborder les principaux problèmes du pays (55%). Symptomatiquement, l'inquiétude concerne près du quart de l'électorat socialiste.
Ce pessimisme ne sert pas pour autant la crédibilité de Mariano Rajoy, le leader de l'opposition. Avec 45% d'avis favorables (contre 50% d'avis contraire), le président du PP est moins populaire que son Parti (51% de bonnes opinions), moins populaire que l'ancien président du Parti (47% d'opinion favorable pour J.M. Aznar), ou que deux des principales personnalités du PP (Ruiz Gallardon, à 61% et Esperanza Aguirre, à 50%, respectivement maire de Madrid et présidente de la communauté de Madrid, l'équivalent de notre Conseil Régional). A la troisième place du palmarès, Esperanza Aguirre pourrait incarner un jour une alternative à la tête du PP. Plus marquée à droite qu'Alberto Ruiz Gallardon, et donc mieux soutenu dans son camp, elle se pose en successeur potentiel de Mariano Rajoy. Gallardon, qui véhicule une image plus centriste, présente une alternative plus consensuelle.
Devant Gallardon et Aguirre, c'est finalement José Bono, le Ministre de la Défense, qui arrive en tête du palmarès des personnalités politiques espagnoles. Bono bénéficie lui aussi d'une image relativement consensuelle, qui lui vaut de bons suffrages hors de son camp. Plus globalement, la tête du palmarès montre l'importance de la politique locale en Espagne. Les quatre premières personnalités du classement sont toutes d'abord connues grâce à leur implantation et leur réussite régionale. Les enquêtes réalisées pendant la campagne de mars dernier ont montré que les Présidents de Région français étaient loin de disposer d'une telle notoriété.
Outre le bilan de fin d'année après huit mois d'alternance, cette enquête pointe également les enjeux de l'année à venir. 2005 sera une année importante pour la classe politique espagnole, à gauche comme à droite. Le gouvernement devra confirmer sa capacité à poursuivre la dynamique économique engagée ces dernières années. Il devra relever le défi de la confiance et de la crédibilité. Dans l'opposition, il s'agira pour le PP de permettre à son président de faire oublier son prédécesseur. Le 1er référendum national sur le projet de constitution européenne, qui aura lieu le 20 février, sera peut-être une occasion d'y parvenir. Plus que la victoire du "oui" qui paraît probable tant l'opinion est aujourd'hui très favorable à la question, le véritable enjeu réside dans la capacité du PP et de son Président à mobiliser son électorat.



