Baromètre politique : malgré l’annonce du plan de relance, la popularité de Nicolas Sarkozy se dégrade, tout en restant à un niveau supérieur à celui d’avant la crise.
Baromètre politique : malgré l’annonce du plan de relance, la popularité de Nicolas Sarkozy se dégrade, tout en restant à un niveau supérieur à celui d’avant la crise.
08 déc. 2008 -
La nouvelle vague du Baromètre politique Ipsos Le Point, réalisée les 5 et 6 décembre, révèle que l’annonce du « plan de relance » n’a pas eu d’effet positif sur l’image du Président de la République : la popularité de Nicolas Sarkozy connaît ce mois-ci une légère baisse de 3 points, mais reste à un niveau supérieur à celui mesuré en septembre dernier. A gauche, Martine Aubry progresse et devient la deuxième personnalité préférée des sympathisants socialistes, derrière son ancien adversaire, Bertrand Delanoë.Après la très forte hausse enregistrée le mois dernier, la cote de popularité de Nicolas Sarkozy régresse de trois points en décembre : 46% des Français portent aujourd’hui un jugement favorable sur son action, contre une courte majorité de 51% qui se montre en revanche critique à son égard (+2 points). A la différence du discours de Toulon de septembre dernier, l’annonce du plan de relance présenté jeudi 4 décembre à Douai n’aura pas eu pour effet de renforcer l’image du président de la République, devant les conséquences économiques et sociales de plus en plus tangibles (nouvelle forte hausse du chômage, plans de licenciements successifs) de la crise financière internationale. Signalons tout de même qu’une partie de l’opinion continue à reconnaître à Nicolas Sarkozy sa volonté d’agir face à la crise, sa cote de popularité restant à un niveau plus élevé que celui mesuré en septembre dernier (42% de bonnes opinions il y a trois mois). C’est notamment le cas des ouvriers, 51% d’entre eux déclarant aujourd’hui avoir une bonne image du président de la République, contre 43% le mois dernier et seulement 28% en octobre (soit +23 points en deux mois). A l’inverse, les sympathisants socialistes se montrent ici plus critiques que le mois dernier (21% de bonnes opinions, soit -8 points), après la forte hausse observée en novembre.
Le Premier ministre, quelque peu en retrait face à un président à nouveau particulièrement actif, est quant à lui épargné par cette tendance à la baisse. Sa cote de popularité reste en effet globalement stable à 51% d’avis favorables (+1 point) contre 40% de jugements défavorables (-1 point). Signalons tout de même que l’image de François Fillon n’avait progressé « que de 4 points » le mois dernier (contre 8 points pour le président de la République) ; sur une période de deux mois, Nicolas Sarkozy et son Premier ministre affichent en fait une progression identique : plus 5 points chacun.
La plupart des autres personnalités politiques testées dans le cadre de ce baromètre voient leur cote de popularité s’orienter à la hausse. Parmi les progressions les plus significatives, on soulignera celle mesurée pour Martine Aubry. La Maire de Lille bénéficie de la « prime au vainqueur » à la suite de son élection comme première secrétaire du Parti socialiste, et gagne ainsi 6 points par rapport au mois dernier pour se situer désormais à 51% d’opinions favorables, contre 40% de jugements défavorables. Martine Aubry progresse tout particulièrement dans son propre camp et atteint la deuxième place dans le palmarès des personnalités préférées des sympathisants socialistes avec 71% de bonnes opinions (+ 11 points) derrière Bertrand Delanoë (75%) mais loin devant Ségolène Royal (60%). Le Maire de Paris, malgré sa défaite au Congrès de Reims, reste en effet en tête du palmarès établi par les proches du PS (il y gagne même trois points) et conserve par ailleurs la deuxième place du palmarès général (60%, +2 points) derrière Bernard Kouchner (68%, +1 point). Autre progression significative du mois de décembre, Olivier Besancenot enregistre une hausse de 4 points par rapport au mois dernier (+7 points depuis deux mois). Dans un contexte de crise économique et sociale qui lui est favorable, le leader d’extrême-gauche recueille ainsi 53% de bonnes opinions, son meilleur score depuis son entrée dans ce baromètre en mai 2002.
Parmi les baisses mesurées ce mois-ci on citera celles observées pour Rachida Dati et Ségolène Royal. La Garde de Sceaux n’obtient plus que 41% d’opinions favorables, soit son plus faible score depuis son entrée dans ce baromètre en mai 2007. Sa popularité est en baisse de 6 points par rapport au mois dernier (-9 points chez les proches de l’UMP, -12 points chez les sympathisants de gauche) et de 14 points depuis le mois d’octobre. A la dégradation de ses rapports avec les syndicats de magistrats viennent désormais s’ajouter ses déclarations très polémiques concernant l’âge de la responsabilité pénale, qui lui ont valu entre autres le désaveu du Premier ministre. Quant à Ségolène Royal, sa cote de popularité se dégrade une nouvelle fois après la courte parenthèse du mois dernier : elle n’obtient désormais que 37% de jugements favorables (en baisse de 3 points) tombant par ailleurs à la sixième place du classement établi par les sympathisants socialistes (60%, -4 points).




