Baromètre politique : l'ouverture profite au couple exécutif
Baromètre politique : l'ouverture profite au couple exécutif
25 juill. 2007 -
Alors qu’elle s’était quelque peu érodée au lendemain des élections législatives, la cote du Président de la République atteint ce mois-ci des sommets en raison d’un net regain de popularité au sein des catégories populaires et des sympathisants de gauche.Nicolas Sarkozy récolte les fruits de l'ouverture
Alors qu'elle s'était quelque peu érodée au lendemain des élections législatives, la cote du Président de la République atteint ce mois-ci des sommets en raison d'un net regain de popularité au sein des catégories populaires et des sympathisants de gauche.
Deux Français sur trois (66%) portent désormais un jugement favorable sur son action, ce qui constitue une hausse de 5 points en un mois et un record inégalé depuis son entrée en fonction. Lors du précédent quinquennat, seule son opposition à la guerre en Irak (printemps 2003) avait permis à Jacques Chirac d'occuper de tels sommets. L'état de grâce de Nicolas Sarkozy est donc loin de s'essouffler avec un indice d'image – c'est-à-dire le solde entre jugements positifs et jugements négatifs – de nouveau au niveau du mois de mai : + 41 en juillet, contre + 30 en juin.
Mais au-delà des records, c'est l'évolution de la structure de sa popularité qu'il faut souligner. Alors que la vague réalisée après les élections législatives indiquait une rebipolarisation de son image dans l'opinion – c'est-à-dire très positive à droite, très négative à gauche –, celle de juillet révèle un très net regain de sa popularité au sein des sympathisants de gauche (+13 points) et plus particulièrement des Verts (+18 points) et du PS (+14 points). Parallèlement, sa cote ne s'érode que légèrement à la droite – -3 points chez les sympathisants du Modem (75%), -1 point chez ceux de l'UMP (97%) –, effectuant même au sein des sympathisants d'extrême-droite un bond important mais sans doute à interpréter avec prudence au regard des effectifs.
A noter que ces gains de popularité tiennent aussi à une disparition de l'effet « TVA sociale » sur la cote du Président. Dans certaines catégories sociales, sa cote retrouve voir dépasse les niveaux qu'elle occupait avant l'annonce de ce projet, comme l'illustre sa forte hausse (+ 15 points) au sein des catégories populaires (ouvriers et employés) et des foyers les plus modestes (foyers aux revenus nets inférieurs à 1 200 € par mois). Parallèlement, dans celles où elle était la plus élevée comme les personnes âgées, elle connaît une petite érosion (-4 points chez les retraités).
François Fillon reste dans le sillage du chef de l'Etat…
La cote de popularité du Premier ministre reste, elle, toujours étroitement corrélée à celle du chef de l'Etat. Alors qu'elle l'avait suivi à la baisse le mois dernier - -6 points d'avis favorables –, elle repart à la hausse (+2 points) sans pour autant retrouver son niveau de mai (alors à 60%).
Bien que deux fois moindre que celle du Président, cette hausse n'en élève pas moins sa popularité à un niveau (56%) équivalent à celui dont se prévalait Jean-Pierre Raffarin à la même époque il y a cinq ans. A titre de comparaison, jamais son prédécesseur, Dominique de Villepin, n'a atteint un tel niveau de popularité lors de son mandat de Premier ministre.
Pour le reste, la structure de sa cote de popularité évolue à peu près dans le même sens que celle du Président. Ses gains les plus importants se retrouvent au sein des sympathisants de la gauche parlementaire (+13 points, à 35% d'avis favorables) et des catégories sociales les moins élevées : +3 points chez les ouvriers (56%), + 12 points dans les foyers les plus modestes (57%). Et dans le contexte de réforme de l'Université, sa cote, tout comme celle du Président, progresse fortement chez les jeunes : +10 points chez les moins de 35 ans (57%).
… mais ses ministres voient plutôt leur cote de popularité s'éroder
A l'exception de la nouvelle ministre de l'Economie, Christine Lagarde, qui gagne 5 points en un mois (à 35%), aucune personnalité de droite ne parvient à tirer profit de la vague de popularité dont bénéficie le couple exécutif. Nombre d'entre elles voient plutôt leur cote de popularité s'éroder.
Par exemple, les trois ministres en tête du baromètre perdent chacun des points de popularité. Malgré un léger recul (-2 points), Bernard Kouchner n'en reste pas moins largement en tête avec un niveau de popularité (68%) bien supérieur à celui de Jean-Louis Borloo et de Rachida Dati, tombés tous deux à 60%. Payant là le prix de récentes polémiques, la ministre de la Justice enregistre la plus grosse chute des personnalités de droite (-4 points), en particulier au sein des sympathisants d'extrême-droite où elle perd 16 points (à 50%).
La vague de juillet confirme aussi la baisse enregistrée le mois dernier par plusieurs ministres importants du gouvernement comme le ministre d'Etat, Jean-Louis Borloo, qui perd 7 points en deux mois, le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, qui en perd 8, et le ministre de l'Education, Xavier Darcos qui en perd 4. D'autres ministres gagnent ce mois-ci quelques points comme Michèle Alliot-Marie (+1 point, à 58%), Xavier Bertrand (+2 points, à 34%) ou Hervé Morin (+3 points, à 23%). Mais ils restent loin de leur niveau de popularité du mois de mai tout en souffrant pour beaucoup d'un important déficit de notoriété (46% de non-réponses pour Brice Hortefeux, 50% pour Christine Lagarde, 54% pour Xavier Darcos, 58% pour Hervé Morin).
Victimes ou non de la personnalisation du pouvoir autour du chef de l'exécutif, il est important de relever que c'est au cœur même de leur électorat que les leaders de la droite parlementaire voient leur cote de popularité s'éroder. A l'exception de Christine Lagarde, de Rachida Dati et de Xavier Bertrand, tous les ministres ou personnalités de droite perdent ce mois-ci des points au sein des sympathisants UMP. Et souvent leur baisse est forte : -8 points pour Jean-Louis Borloo (80%), -9 points pour Roselyne Bachelot (63%), -15 points pour Jean-François Copé (54%), -10 points pour Brice Hortefeux (44%), -8 points pour Xavier Darcos (30%). A l'inverse, ils tendent plutôt à en gagner au sein des sympathisants PS.
A gauche, l'ancien couple Royal-Hollande accuse le coup de la défaite…
Alors que les personnalités à la gauche de la gauche enregistrent un net recul dans l'opinion, les leaders socialistes les plus associés à la défaite électorale – Ségolène Royal en tant que candidate du parti, François Hollande en tant que Premier secrétaire – connaissent des records d'impopularité.
Enregistrant toutes deux la plus forte baisse du mois (-6 points), les deux ex-candidates à l'élection présidentielle, Marie-George Buffet et Ségolène Royal, tombent à 39% d'opinions favorables. Perdant 14 points au sein des sympathisants socialistes et 2 points au sein des sympathisants UMP, l'ancienne candidate socialiste confirme ainsi sa baisse du mois dernier avec, chez l'ensemble des Français, une chute de 10 points de popularité en deux mois, de 20 points depuis le début de l'année. Avec 56% d'opinions défavorables, elle bat un record d'impopularité depuis son entrée dans le baromètre politique Ipsos Le Point, en avril 2004.
Mais son ancien compagnon et toujours secrétaire du PS est victime du même mouvement d'opinion avec une baisse de 5 points chez l'ensemble des Français (28%) et de 11 points chez les sympathisants du PS (45%). Battant lui aussi un record d'impopularité depuis son entrée dans le baromètre politique en janvier 1998, il a pour la première fois un solde d'image négatif au sein des sympathisants socialistes : - 3 contre +52 au début de l'année. Plus largement, les gains de popularité enregistrés le mois dernier par les personnalités situées à la gauche du PS (Marie-George Buffet, Olivier Besancenot) sont annulés, le leader trotskiste perdant 5 points en un mois.
… tandis que Jack Lang et DSK sont les grands gagnants de l'ouverture
A l'inverse, les personnalités engagées ou bénéficiant du processus d'ouverture amorcé par le Président apparaissent comme les grandes gagnantes du mois de juillet.
C'est surtout le cas de Dominique Strauss-Kahn (+5 points, à 55%) dont la candidature à la direction du FMI est aussi bien accueillie par les sympathisants PS (+9 points, à 72%) que par les sympathisants UMP (+12 points, à 56%). Et jamais, depuis son retour dans le baromètre en novembre 2001, son solde d'image n'a été aussi élevé au sein des sympathisants socialistes (+ 52). Mais la cote de Jack Lang connaît aussi un bon mois de juillet (+4 points, à 59%) qui confirme sa tendance à la hausse (+ 9 points en deux mois) même si elle est moins consensuelle : + 16 points chez les sympathisants UMP (59%), - 5 points chez ceux du PS (70%).
nfin, le dernier enseignement de cette vague est la confirmation de la percée réalisée le mois dernier par le maire de Paris. Responsable socialiste le plus populaire chez les Français (60%, =) comme chez les sympathisants PS (80%, +4 points), ce dernier apparaît comme un prétendant de plus en plus sérieux à la succession de François Hollande. Certes, dans le cœur des sympathisants socialistes, il est encore distancé par Ségolène Royal (37%) et par Dominique Strauss-Kahn (31%) mais il gagne 6 points (à 23%) par rapport à une enquête réalisée avant le second tour des élections législatives alors que l'ancienne candidate socialiste en perd 5 et l'ancien ministre de l'économie reste stable. Quant à Laurent Fabius, il reste encore hors course (à 6%, +4 points) malgré une progression de sa popularité chez l'ensemble des Français (+6 points en deux mois).






