Biodiversité : une sensibilité qui progresse au niveau mondial

Biodiversité : une sensibilité qui progresse au niveau mondial

25 avr. 2013 - 

Initié en 2009, le baromètre international de la biodiversité, réalisé chaque année par Ipsos pour l’Union for Ethical BioTrade (UEBT), a pour objectif de mesurer la connaissance des enjeux de la biodiversité par les individus et son évolution au fil du temps.

La 5ème vague de ce baromètre, conduite en 2013 dans 6 pays*, et dont les résultats ont été présentés lors de la conférence « Beauty of Sourcing with Respect » à Paris le 19 avril dernier, permet de mesurer le chemin parcouru en quelques années. Néanmoins, il reste encore beaucoup à faire pour convaincre les consommateurs que les entreprises tiennent leurs engagements en la matière.

*Enquête réalisée en ligne du 29 janvier au 14 février 2013 dans 6 pays : France, Royaume-Uni, Allemagne, Etats-Unis, Brésil (population urbaine), Chine (population urbaine) auprès de 5 597 individus âgés de 16 à 64 ans.


Biodiversité : une connaissance en progression, mais qui reste inégale selon les pays

La notoriété et la compréhension de la notion de « biodiversité » progressent lentement mais sûrement depuis 2009. En 2013, 75% des personnes interrogées en moyenne dans les six pays de l’étude déclarent en avoir déjà entendu parler, et 48% d’entre eux sont capables d’en donner une définition correcte. Cette connaissance est néanmoins variable d’un pays à l’autre. Elle s’avère importante surtout au Brésil, en Chine et en France, où plus de 90% des individus ont déjà entendu parler de la biodiversité.

La première source de notoriété de la biodiversité est constituée par les médias classiques (51% des individus en ont entendu parler dans des émissions TV, 33% par l’intermédiaire d’articles de presse), suivis par le système éducatif (23%) : celui-ci s’avère être un relais particulièrement efficace dans des pays comme le Brésil, la Chine et les Etats-Unis.

Illustration de cette place du système éducatif dans la sensibilisation aux enjeux de la biodiversité, c’est chez les plus jeunes que la notoriété de cette dernière atteint son niveau le plus élevé (80% chez les 16-24 ans en moyenne dans les 6 pays). La connaissance de cette notion est également plus importante chez les individus plus diplômés et les hauts revenus.

La biodiversité offre des opportunités de communication pour les marques

Les interviewés ont également été interrogés sur les trois marques qui, selon eux, font aujourd’hui le plus d’efforts pour respecter la biodiversité. Les réponses à cette question s’avèrent très différentes d’un pays à l’autre, aucune marque ne parvenant à rassembler les suffrages au niveau mondial.

Ainsi, au Brésil, Natura (cité spontanément par 49% des répondants) apparaît comme le leader incontesté en matière de respect de la biodiversité, loin devant d’autres marques de produits cosmétiques (Avon, O Boticario). Yves Rocher, Danone et Nestlé sont les principales marques citées en France, alors que Bodyshop, Coop et Marks & Spencer le sont au Royaume-Uni. Enfin, Yili, Mengniu et Amway sont les marques qui respectent le plus la biodiversité selon les Chinois.

A noter que le paysage des réponses est souvent très éclaté, avec peu de leaders incontestés dans chaque pays. La notion de biodiversité est donc rarement associée à telle ou telle marque, ce qui donne des opportunités aux différentes marques pour communiquer autour de cet enjeu. A condition de pouvoir fournir des preuves tangibles de leur engagement.

Un impératif : convaincre les consommateurs

Et c’est bien là que le bât blesse, car les consommateurs ne se montrent pas vraiment convaincus pour le moment. En effet, la plupart d’entre eux déclarent ne pas avoir confiance dans la façon dont les entreprises s’approvisionnent en ingrédients naturels (particulièrement en ce qui concerne le respect de la biodiversité et la garantie d’une rétribution équitable aux populations locales lors de ce processus d’approvisionnement). A noter que cette défiance est particulièrement forte dans les pays occidentaux, alors que Brésiliens et Chinois se montrent un peu plus indulgents sur cette question.

D’où une vigilance importante de la part des consommateurs et des attentes fortes à l’égard des entreprises. Ainsi, en 2013, 87% d’entre eux déclarent qu’ils souhaiteraient être mieux informés sur la façon dont les entreprises s‘approvisionnent en ingrédients naturels, et une grande majorité d’entre eux se disent même prêts à boycotter les marques qui ne respecteraient pas un minimum de règles éthiques et environnementales en la matière.

Pour en savoir plus :
Le communiqué de presse de l’étude
Présentation du baromètre sur le site Ethicalbiotrade.org

Rémy Oudghiri
Directeur du département Tendances & Insights, Ipsos Public Affairs
remy.oudghiri@ipsos.com

Julien Potéreau
Directeur d'études (Département Tendances et Insights) Ipsos Public Affairs
julien.potereau@ipsos.com