Baisse record des intentions de départ en vacances des Européens pour l'été 2012

Baisse record des intentions de départ en vacances des Européens pour l'été 2012

29 mai 2012 - 

La 12ème édition du baromètre des vacances des Européens Ipsos / Europ Assistance révèle la baisse sensible des intentions de départ pour l'été 2012, notamment pour les Espagnols, les Italiens et les Britanniques. Dans l'ensemble, près de 40% des Européens ne partiront pas en vacances, un taux jamais mesuré depuis la création de ce baromètre.


Les effets de la crise sont à présent très visibles sur le comportement des Européens en matière de vacances. Après le "retour à la normale" des niveaux et des projections observés l’an dernier, les intentions de départ des Européens atteignent un niveau particulièrement bas. Cependant, pour les heureux vacanciers, on n’observe pas de mutations majeures des pratiques, malgré une volonté de faire des économies : le besoin de repos et la mer restent des idéaux, l’autonomie dans la réservation des séjours est bien ancrée dans les mœurs, les modes d’hébergement et les destinations de vacances restent inchangés. Toutefois, les Européens semblent moins préoccupés par les risques, et également moins vigilants et couverts.

 

Seulement 58% des Européens déclarent qu’ils partiront en vacances cet été (entre juin et septembre inclus) : c'est le score le plus bas jamais atteint depuis la création de notre baromètre. Les intentions de départs "multiples" sont les plus touchées : 17% des Européens déclarent qu’ils partiront plusieurs fois cet été, en baisse de 8 points par rapport à l’an dernier (25% en 2011). Cette baisse n’est pas compensée par une hausse des départs "uniques", qui restent stables cette année (41%). Dans le détail, on observe que les Français deviennent les Européens les plus enclins à partir en vacances (70% ont l'intention de partir), alors que les intentions de départ des Italiens, historiquement les plus élevés, chutent fortement cette année (63%, -15 points). On relève également des baisses importantes en Espagne (-14 points) et en Grande Bretagne (-10 points) : dans ces deux pays, la moitié de la population ne partira pas en vacances.
On mesure bien ici les effets de la crise économique et financière. Les vacances (13% de citations) ne sont d'ailleurs pas le seul poste budgétaire à faire l'objet de restrictions.  L'habillement arrive en tête des citations comme le poste où l'on essaie de faire des économies (17%), mais les restrictions sur les produits culturels (14%), les sorties et les loisirs (11%) concernent plus d'un Européen sur dix. Seuls l'alimentation et la santé semblent en fait préservés.

Ceux qui partent consacreront aux vacances un budget moyen de 2125€, stable par rapport à 2011. Cette stabilité masque toutefois des disparités importantes entre les pays, avec une progression sensible du budget moyen en Allemagne (+10%) et des baisses importantes en Belgique (-8%) et surtout en Italie (-25%).
Les critères de choix de la destination de vacances ne changent pas fondamentalement. Derrière la question du budget, qui redevient cette année le critère numéro 1 pour déterminer son lieu de vacances, le choix est fortement lié au climat, à l'actualité (on craint les risques d'attentats et de troubles sociaux), et aux habitudes solidement ancrées. Ainsi, l’Europe reste la destination plus souvent évoquée ; les Français, de plus en plus sensibles au budget-vacances et aux risques d’attentats ont tendance à privilégier le tourisme national, tout comme les Belges et les Autrichiens, historiquement les plus disposés à sortir de leur pays, mais qui se sédentarisent cette année au détriment de l’Europe du Sud.
On constate par ailleurs que la finalité des vacances et leur organisation ne sont en rien modifiées. Repos et découverte, si possible au bord de la mer constituent la recette de vacances idéales. Celles ci se préparent à l'avance, malgré l'incertitude économique et sociale ; la location (maison, hôtel, chambre d'hôte) est privilégiée.

Enfin, le traditionnel volet assurance et couverture des risques du baromètre montre que dans un contexte socio-économique de plus en plus tendu pour les ménages, les craintes sont un peu plus diffuses. Les problèmes de santé restent l’une des premières préoccupations des Européens, et notamment des Français, tandis que les risques d’attentat et de troubles sociaux se maintiennent au niveau de 2011. La couverture des risques est plutôt stable : ce sont toujours les problèmes liés au domicile, à la santé et à son véhicule qui sont les plus couverts.

Austragesila Evora
Chargée d'études, Ipsos Public Affairs
austragesila.evora@ipsos.com



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