Présidoscopie vague 7 : la dynamique Sarkozy

Présidoscopie vague 7 : la dynamique Sarkozy

05 avr. 2012 - 

La septième vague du baromètre quanti / quali mis en place par Ipsos/Logica Business Consulting pour Le Monde, le Cevipof, la Fondapol et la Fondation Jean Jaurès s'intéresse à la progression de Nicolas Sarkozy dans les intentions de vote premier tour, et à l'attractivité de sa candidature dans l'électorat potentiel de Marine Le Pen et de François Bayrou. L'analyse qualitative permet aussi de comprendre en creux les difficultés de la candidate du Front National, aujourd'hui décrochée dans la course à la qualification pour le second tour.


Les mouvements d’opinion observés dans Présidoscopie sont le résultat de flux et de mouvements beaucoup plus complexes et variés que la simple juxtaposition de deux sondages ne le laisserait penser. Ainsi, l’évolution des intentions de vote exprimées en faveur d’un candidat s’expliquent d’une part par les personnes qui changent de candidat dans les intentions de vote qu’ils expriment et d’autre part par les niveaux de mobilisation qui peuvent évoluer d’une vague à l’autre. En ce qui concerne la hausse de Nicolas Sarkozy (+2,5 points), celle-ci s’explique à la fois par une logique de transferts de votes entre candidats (pour 1,5 points) et par une logique de mobilisation des électeurs (pour 1 point) (cf. rapport).

L’analyse de certaines questions (les traits d’image des candidats mais aussi les principales préoccupations des répondants ou encore les motivations de leur vote) apporte un éclairage intéressant sur les raisons ayant pu motiver des personnes à changer d’intentions de vote (en l’occurrence : pour rejoindre Nicolas Sarkozy).

Les éléments liés à l’image

Dans les éditions précédentes de Présidoscopie, nous notions que les éléments liés à l’image des candidats étaient primordiaux pour comprendre les évolutions intervenues entre les différentes vagues d’intentions de vote.  C’est également le cas dans cette édition qui se concentre sur la hausse de Nicolas Sarkozy. En effet, l’image de Nicolas Sarkozy s’améliore nettement auprès des personnes ayant changé d’intention de vote au profit du candidat-Président entre les deux vagues d’enquêtes (appelées ci-dessous les « changeurs »): son image "générale" est extrêmement favorable chez les changeurs allant vers lui, et en forte progression (95%; +15 points). Dans le détail, de nombreux traits d’image du candidat-Président progressent également, chez les Français en général, mais plus fortement chez les changeurs qui le trouvent plus sympathique (81%; +19 points), sincère (73%; +16), honnête (74%; +17) et qui sont davantage convaincus qu’il y a deux semaines qu’il tiendra ses engagements (74%; +14).

Le thème de l’insécurité et de l’immigration

Mais si Nicolas Sarkozy a amélioré son image et su convaincre, c’est aussi à la faveur de l’actualité qui a remis au centre de la campagne la question de l’insécurité, préoccupation fortement en hausse chez ces changeurs (32%  la citent parmi leurs trois principales préoccupations pour la France, soit +13 points par rapport à la dernière vague), tout comme l’immigration (38%; +9). D’ailleurs, ces changeurs se montrent encore plus convaincus que dans la vague précédente que Nicolas Sarkozy est davantage capable que François Hollande de diminuer l’insécurité (98%; +10).

Le thème de la crise économique

La perception d’une plus grande capacité de Nicolas Sarkozy à protéger les Français de la crise économique se renforce également auprès de ces changeurs (96% le jugent plus capable que F. Hollande sur ce point, soit +11 points). Il s’agit d’un thème particulièrement important aux yeux de ces changeurs: 76% citent parmi les trois éléments qui comptent le plus pour eux dans le choix du candidat pour lequel ils vont voter « sa capacité à faire face à la crise économique » (+15 points par rapport à la vague précédente). Plus généralement, Nicolas Sarkozy semble avoir fait la différence auprès de ces changeurs en les convaincant qu’il est le candidat le plus sérieux sur les questions économiques: plus capable que F. Hollande de garantir l’avenir des retraites (86%; +12) ou encore d’augmenter le pouvoir d’achat des Français (75%; +14).

Le vote utile

C’est donc avant tout sur le terrain de l’insécurité et de l’économie que N. Sarkozy semble avoir conquis ces changeurs, qui ne l’oublions pas, quittent notamment M. Le Pen et F. Bayrou. A l’approche du scrutin, certains sympathisants de ces candidats sont sans doute tentés par le vote « utile ». D’ailleurs, ces changeurs sont désormais 17% à déclarer que les chances du candidat de gagner l’élection présidentielle sont un des trois critères de choix d’un candidat les plus importants à leurs yeux (+8 points par rapport à la dernière vague).

ANALYSE DETAILLEE DE CES ELEMENTS ET CONCLUSIONS DE L'ETUDE QUALITATIVE DANS LE RAPPORT CI-DESSOUS :

Amandine Lama
Directrice d’Etudes Ipsos Public Affairs
amandine.lama@ipsos.com

Brice Teinturier
Directeur Général Délégué,
brice.teinturier@ipsos.com

Christelle Craplet
Directrice de Clientèle Ipsos Public Affairs
christelle.craplet@ipsos.com



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