Tassement des deux principaux favoris au premier tour sur fond de lassitude pour la campagne

Tassement des deux principaux favoris au premier tour sur fond de lassitude pour la campagne

06 mars 2012 - 

La nouvelle vague du baromètre d’intentions de vote Ipsos/Logica Business Consulting pour France Télévisions, Radio France et Le Monde montre un recul des intentions de vote au premier tour pour François Hollande et Nicolas Sarkozy. Il traduit probablement une certaine lassitude des électeurs pour le duel entre les deux candidats qui estiment que certains thèmes de campagne devraient être davantage abordés. Au second tour, le rapport de force est stable et toujours favorable au candidat socialiste.


Après une progression la semaine dernière, les intentions de vote en faveur de Nicolas Sarkozy au premier tour de l’élection présidentielle reculent de 2 points. Le Président sortant retrouve aujourd’hui le même niveau que début février, avant qu’il ne déclare officiellement sa candidature (25%). Parallèlement, même s’il reste en tête au premier tour, François Hollande continue de baisser dans les intentions de vote. Après -0,5 point la semaine dernière, il perd 2 points cette semaine à 29,5%.

Le recul des deux principaux candidats traduit peut-être la lassitude des électeurs pour le duel surmédiatisé entre Nicolas Sarkozy et François Hollande. Il offre un peu plus d’espace aux "outsiders" du premier tour : Marine Le Pen progresse de 1,5 point cette semaine (avec 17,5% des intentions de vote), François Bayrou gagne 1 point (avec 12,5%) et Jean-Luc Mélenchon 1,5 point (9,5%). Les transferts observés cette semaine vers ces candidats expliquent aussi le recul de la certitude du choix au premier tour : 57% des électeurs disent être sûr de leur choix (-4) contre 43% qui peuvent changer d’avis (+4).

La baisse des deux favoris au premier tour ne modifie pas pour autant le rapport de force pour le second tour. Si le second tour de l’élection présidentielle opposait dimanche prochain François Hollande à Nicolas Sarkozy, le candidat socialiste l’emporterait avec 58% (=) des suffrages, contre 42% (=) à Nicolas Sarkozy. L'écart entre les deux candidats s'explique par les très bons reports de voix dont bénéficie le candidat socialiste. A ce jour, la quasi-totalité des électeurs de premier tour de Jean-Luc Mélenchon (87%) ont l'intention de voter Hollande au second tour, tout comme la moitié de l'électorat de François Bayrou (50%). En comparaison, les "réserves" de Nicolas Sarkozy sont beaucoup plus faibles : 33% de l'électorat de Marine Le Pen et 17% de l'électorat de François Bayrou.

Probablement trop axée sur les attaques de personnes, la campagne n’est jugée intéressante que par 34% des Français, contre 65% qui ne la trouvent pas intéressante. Les Français semblent déçus par les thèmes abordés. Ils attendent qu’on parle davantage des domaines qui les préoccupent personnellement : le pouvoir d’achat (63% estiment qu’on n’en parle pas assez), les retraites (73%) et le logement (73%) ; plus que des domaines « macro » tels que la crise (43% trouvent qu’on en parle trop) et les déficits publics (34%).

Pour autant, la crise de la dette reste en toile de fond des préoccupations des électeurs et ne saurait être écartée de la campagne. D’ailleurs, pour une majorité de Français (54%), on a raison de vouloir réduire fortement et rapidement les déficits et la dette pour faire face à la crise, contre 39% qui estiment qu’on a tort car cela va aggraver ses effets.

Vincent Dusseaux
Directeur d’Etudes Ipsos Public Affairs
vincent.dusseaux@ipsos.com



Documents associés

Rapport Baromètre Intention de vote Vague 12 Télécharger le document

Derniers articles

Toutes les actualités