Référendum : le Non des classes actives, des classes populaires et moyennes, et de gauche

Référendum : le Non des classes actives, des classes populaires et moyennes, et de gauche

23 mars 2005 - 

Le triomphe du Non avec 3 millions de voix d'avance, dans le référendum le plus mobilisateur depuis 1969, n'est pas simplement celui d'une France tentée par les extrémismes de tous bords Le sondage Ipsos-Le Figaro réalisé le jour du scrutin présente un Non qui traverse toutes les catégories de la population, et plus particulièrement les classes populaires et moyennes, ou les salariés, du public comme du privé. Au sein du Non, le vote des proches de la gauche parlementaire pèse 49%, contre 19,5% pour les sympathisants de l'extrême-droite, et 6% pour les proches de l'extrême gauche.

Dernière mise à jour : 2 Juin 2005

La disparité des arguments de campagne laissait planer un doute sur la motivation du Non, certains analystes défendant l'idée d'un non de repli sur soi, majoritaire sur le Non "de gauche". Le sondage Ipsos-Le Figaro leur donne tort. En terme de répartition des voix selon la proximité partisane des répondants, le clivage est net : 63% des proches de la gauche parlementaire (PC-PS-Verts) ont voté Non, alors que 73% des sympathisants de droite (UDF-UMP-MPF) se sont prononcés pour le Oui. Surtout, la répartition au sein même du Non est sans appel : 49% des partisans du Non se déclarent proches du PC (10%), du PS (30%) ou des Verts (9%). Sous l'hypothèse d'un Non souverainiste surtout porté par les proches de l'extrême droite FN (19,5%) ou du MPF (4,5%), il ne représente qu'un quart de l'électorat du Non. Les proches de l'extrême gauche pèsent 6%, l'UDF 5%, l'UMP 7,5%, les électeurs se déclarant "proches d'aucun parti", 9%. Agrégé de n'importe quelle façon, le Non de gauche est majoritaire.





La composition électorale du Non selon le vote au premier tour de la présidentielle 2002
O. Besancenot
11,9%
A. Laguiller
4,5%
R. Hue
6,8%
L. Jospin
18,5%
N. Mamère
5,7%
J.P. Chevènement
2,3%
J. St Josse
0,9%
F. Bayrou
2,5%
J. Chirac
10,4%
A. Madelin
0,6%
J.M. Le Pen
32,5%
Divers
4,3%


La composition électorale du Non selon le vote au premier tour des Régionales 2004
EXG – LO - LCR
8,0%
Gauche parlementaire
44,2%
Droite parlementaire
14,0%
FN
28,1%
Divers
5,7%


La composition du Non révélée par le sondage Ipsos-Le Figaro du 29 mai contredit la thèse du Non "anti-européen". Une question sur l'adhésion à l'Europe le confirme. Sur les 3355 personnes interrogées, représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus inscrite sur les listes électorales, 72% se sont déclarées "favorables à la poursuite de la construction européenne". Cet avis est majoritaire quelle que soit la proximité politique des répondants, sauf chez les proches de l'extrême droite. Il est bien sûr unanime chez les Français qui se sont prononcés pour le Oui (97%), mais également largement majoritaire chez ceux qui ont voté Non (57%).

La victoire du Non est d'abord celle des classes actives. Par catégorie d'âge, le Non est majoritaire dans toutes les tranches jusqu'à 60 ans : 56% chez 18-24 ans, 55% chez les 25-34 ans, plus de 60% entre 35 et 60 ans. Le Oui ne devient majoritaire que chez les électeurs plus âgés (56% dans la catégorie 60-69 ans, 58% chez les 70 ans et plus). En terme de statut, le Non a été largement choisi par les salariés, du privé (56%) et encore plus nettement du public (64%). Très largement porté par les travailleurs indépendants (58%) et les chômeurs (71%), il n'est minoritaire que chez les étudiants (46%, 54% pour le Oui) et chez les retraités (44% contre 56% au Oui).

La comparaison du vote selon la profession de l'interviewé entre le référendum sur la constitution et celui sur le traité de Maastricht en 1992 éclaire également sur l'ascension du Non dans l'échelle sociale. Déjà fort en 1992 dans les classes les moins favorisées, le Non s'est encore raffermit : 79% chez les ouvriers (contre 61% en 1992, + 18 points) et 67% chez les employés (+14). Le Non est surtout devenu majoritaire en 2005 au sein des classes moyennes, avec une progression de 19 points chez les professions intermédiaires (53%, contre 38% pour le traité de Maastricht).

Le constat est identique si l'on s'attarde à la répartition du vote par catégorie de revenu : le Non est largement majoritaire dans toutes les tranches, sauf la plus aisée : 60% dans les foyers dont le revenu net mensuel est inférieur à 1000€, 65% dans la catégorie 1000-2000€, 58% entre 2000 et 3000€, contre 37% (63% pour le Oui) dans les foyers dont le revenu mensuel est supérieur à 3000€. Par rapport au niveau de diplôme enfin, il faut s'adresser aux "bac +3 et plus" pour rencontrer une majorité assez large de partisans du Oui (64%). Les avis sont déjà plus partagés chez les "bac +2" (54% ont voté Oui, 46% Non), et penchent d'autant plus vers le Non que l'on descend dans les niveaux d'études : 53% pour le Non chez ceux dont le dernier diplôme obtenu est le baccalauréat, 65% chez les titulaires d'un BEP, d'un CAP ou du Certificat d'études primaires, 72% chez les électeurs "sans diplôme".
Les commentaires d'hier sur les résultats du scrutin ont enfin évoqué l'affrontement d'un Non rural contre un Oui urbain. Là encore, le sondage dément catégoriquement : si le Non est effectivement fort en milieu rural (57%), et dans les communes de moins de 20 000 habitants (60%), il l'est également dans les villes de 20 à 100 000 habitants (55%), et même dans les villes de "plus de 100 000 habitants (55%). Il n'y a finalement qu'en agglomération parisienne où le Oui est majoritaire (55%).

Consultez la sociologie de l'électorat

Référendum : vote et motivations selon la proximité syndicale (01/06/2005)

Aujourd'hui, deux salariés sur trois se déclarent proches d'une organisation syndicale. Le sondage Ipsos-Le Figaro réalisé le 29 mai à la sortie des urnes nous donne un aperçu de la répartition de leur vote et de leurs motivations. Le mécontentement par rapport à la situation économique et sociale de la France et l'idée d'une constitution jugée trop libérale sur le plan économique ont incité les électeurs proches de la CGT, de Force Ouvrière ou de Sud à se prononcer majoritairement pour le Non. A l'inverse, les proches de la CFDT, de la CFTC ou de la CFE-CGC ont plutôt voté Oui, principalement dans l'espoir que cette constitution renforce le poids de l'Europe par rapport aux Etats-Unis et à la Chine.

L'ascension par capillarité du non (27/05/2005)

Dans l'histoire de la sociologie électorale, le référendum sur le traité de Maastricht est entré dans l'histoire comme la consultation ayant révélé un clivage entre deux France : l'une populaire, peu diplômée, à bas revenus, fortement opposée au traité, et l'autre plus aisée, plus diplômée, plus"intégrée", et massivement mobilisée pour le oui.

Intentions de vote au référendum : le "non" accroît son avance (26/05/2005)

A 55% d'intentions de vote pour le Non, contre 45% au Oui, la dernière vague de l'Observatoire du référendum sur la constitution européenne réalisée par Ipsos pour Le Figaro et Europe 1 confirme la dynamique favorable au Non enregistrée depuis fin avril. L'instabilité sans précédent des intentions de vote pendant cette campagne et le niveau d'indécision de l'électorat, toujours important, incite tout de même à la prudence quant à l'issue du scrutin. Près d'une personne sur quatre, certaine d'aller voter, n'a pas exprimé d'intention de vote, et 11% déclarent pouvoir encore changer d'avis. Le renversement du rapport de force d'ici à dimanche constituerait malgré tout une surprise.

La force de la seconde dynamique du Non (23/05/2005)

A une semaine de l'échéance, la seconde dynamique du Non est devenue incontestable. Crédité de 53% des intentions de vote, le Non progresse de deux points par rapport à la dernière enquête, de six points depuis début mai.

Le climat d’opinion est favorable au Non, mais sa traduction électorale reste fragile (16/05/2005)

Au moment où s'ouvre la campagne officielle, propice à la cristallisation du choix électoral, le Non est redevenu légèrement majoritaire en terme d’intentions de vote (51% contre 49%). S'appuyant sur un argumentaire qui porte davantage dans l'opinion, le Non semble bénéficier de l'avantage du "terrain". La question de la mobilisation finale de ses partisans devient centrale pour l'issue du scrutin.

Référendum : la question indécidable (15/05/2005)

50/50 : la dernière mesure d'intention de vote Ipsos-Le Figaro pourrait faire figure de pronostic. Elle symbolise la perplexité de l'opinion publique face au projet de constitution européenne. A pile ou face, la probabilité est de ½. Les sondés ne répondent évidemment pas au hasard, mais l'instabilité des intentions de vote révèle la fragilité des opinions sur la question posée.

La dynamique du Oui en échec (09/05/2005)

La situation pré-électorale du référendum de 2005 ressemble à s’y méprendre à celle de la campagne de 1992 sur le traité de Maastricht. A trois semaines du scrutin convoqué par François Mitterrand, toutes les enquêtes d’opinion indiquaient les mêmes paramètres qui fondent aujourd’hui, comme hier, l’incertitude maximale sur l’issue du scrutin : rapport de force "50-50", forte mobilisation électorale et niveau d’indécision élevé.

Le deuxième tournant (04/05/2005)

Pour les Echos, Eric Dupin, journaliste et co-animateur des forums d'Ipsos, analyse le retournement des intentions de vote en faveur du Oui mesuré par les principaux instituts de sondage cette semaine.

53% / 47% : le Oui repasse en tête (02/05/2005)

L'instabilité du rapport de force dans la série d'intentions de vote Ipsos-Le Figaro est exceptionnelle. On est passé de 60% pour le Oui début mars à 55% pour le Non le 15 avril. En deux semaines, le Oui repasse en tête, à 53% chez les électeurs "certains d'aller voter". Pierre Giacometti, directeur d'Ipsos, analyse la dynamique.

L'état de l'opinion à un mois du référendum (29 Avril 2005)

Pour faire le point sur le climat électoral relatif au référendum sur le projet constitutionnel européen, nous vous proposons la retranscription de la treizième édition des forum d'Ipsos : en compagnie d'Eric Dupin, journaliste et essayiste, et de Valéry Giscard d'Estaing, Pierre Giacometti, directeur général d'Ipsos, analyse la campagne sous l'angle des enquêtes d'opinion : la spectaculaire poussée du Non en mars, le portrait robot du Oui et du Non, les forces et faiblesses de chaque camp, et les perspectives d'évolution pour la dernière ligne droite.

Le socle électoral de la droite au secours du Oui (25 Avril 2005)

A peine un peu plus d'un mois avant le référendum du 29 mai, il semble que l'on soit entré dans une seconde phase de cristallisation du choix électoral. Après une première séquence, initiée à la mi-mars, qui a vu le Non s'installer majoritairement à gauche, ce sont les mouvements au sein de la droite qui contribuent à réduire significativement l'avance du Non en terme d'intentions de vote.

La méfiance est devenue le principal moteur du Non (18 Avril 2005)

Au lendemain de l'intervention de Jacques Chirac sur TF1, le Non progresse dans l'opinion. Avec 55% des intentions de vote, il est en hausse de 2 points par rapport à la semaine précédente et atteint son niveau le plus élevé depuis qu'il est devenu majoritaire il y a maintenant un mois.

Les jeunes tentés par le " Non paradoxal " (13 Avril 2005)

Les jeunes qui interrogeront Jacques Chirac ce soir sur TF1 représentent une génération pour qui la tentation d'un vote négatif le 29 mai est quasiment la même que celle de la moyenne nationale (52% des 18-29 ans contre 53% de l'ensemble des Français). Mais l'originalité des jeunes commence avec leur niveau d'indécision, plus élevé que celui de leurs aînés. Ils sont ainsi plus nombreux que les autres Français à ne pas avoir définitivement fait leur choix...


Une majorité de Français souhaite désormais la victoire du Non (12 Avril 2005)

Dans une interview publiée dans le Figaro que nous reproduisons, Pierre Giacometti, directeur général d'Ipsos, commente la dernière intention de vote pour le référendum sur la constitution européenne.

La fronde du Non (04 Avril 2005)

Pierre Giacometti, directeur général d'Ipsos, analyse les résultats de la dernière vague de l'observatoire du référendum sur la constitution européenne, réalisée par Ipsos pour le Figaro et Europe 1: revue des forces et faiblesses de chacun des deux camps.

Le climat d'opinion à deux mois du référendum (28 mars 2005)

Pierre Giacometti, directeur général d'Ipsos, analyse les résultats de la dernière vague de l'observatoire du référendum sur la constitution européenne, réalisée par Ipsos pour le Figaro et Europe 1: revue des forces et faiblesses de chacun des deux camps.

Poussée du non : l'expression d'une angoisse (20 mars 2005)

Dans une interview publiée dans le Figaro que nous reproduisons, Pierre Giacometti, directeur général d'Ipsos, commente la dernière intention de vote pour le référendum sur la constitution européenne. Selon lui, ce sondage "met définitivement fin à une campagne du oui tranquille".

L'avance du "oui" paraît fragile (10 mars 2005)


La première vague de l'observatoire du référendum sur la constitution européenne réalisée par Ipsos pour Le Figaro et Europe 1 confirme l'avance du "oui" dans les intentions de vote (60% contre 40% pour le "non"). Mais le détail des motivations des "abstentionnistes potentiels" et des "certains d'aller voter", et la relative sérénité des électeurs quant aux conséquences d'une éventuelle victoire du "non", montrent que le jeu reste ouvert.

Référendum sur la constitution européenne : le point de départ (10 mars)

Les sondages d'intentions de vote publiés actuellement n'ont aucune valeur prédictive. Pour faire le point sur le climat électoral relatif au référendum sur le projet constitutionnel européen, nous vous proposons la retranscription intégrale de la douzième édition des forum d'Ipsos : en compagnie d'Eric Dupin, journaliste et essayiste, et de François Hollande, Pierre Giacometti, directeur général d'Ipsos, scrute la ligne de départ et dresse l'inventaire des forces et des faiblesses du "oui" et du "non". En laissant de côté les sondages dans une première partie, pour s'intéresser aux ressemblances et aux différences par rapport à la situation de 1992, au moment du référendum de Maastricht ; en analysant ensuite dans le détail la première vague de l'observatoire du référendum sur la constitution européenne Ipsos-Le Figaro.



Le projet de constitution (HTML et PDF)
Le dossier très complet proposé sur le site du Conseil Constitutionnel

La page référendum du site francepolitique
La rubrique Opinion Publique du site de l'Union Européenne
Le blog de Benoît Hamon, député européen, ancien d'Ipsos

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Le dossier de Yahoo Actualités
Le dossier du Figaro.fr

A titre de comparaison :
La constitution de la 5ème République
Philippe Hubert
Ipsos Public Affairs