PME : les "petits patrons" toujours inquiets

PME : les "petits patrons" toujours inquiets

20 févr. 2012 - 

La dernière vague du baromètre des PME Ipsos / LCL / La Tribune ne présage toujours pas d'une reprise économique à court terme. Plombé par "l'incertitude politique et économique", citée comme le frein principal au développement de l'entreprise par un dirigeant sur quatre, l'investissement et l'embauche sont en berne.


L'inquiétude reste de mise lorsqu'on observe la situation des PME françaises. L'indice synthétique d'état de santé des entreprises reste sous les 100 points (à 98 contre 96 en janvier), et ses composantes sont dans l'ensemble mal orientées.

Certes, 57% des dirigeants interrogés se déclarent satisfaits du niveau de production de leur entreprise, et 53% n'ont pas trop de souci de trésorerie. Mais ce sont à peu près les seules bonnes nouvelles enregistrées ce mois-ci. Les avis sont en effet plus nuancés lorsqu'on évoque l'activité commerciale de l'entreprise (45% des patrons satisfaits contre 50% d'avis contraire), et deviennent franchement pessimistes sur les indicateurs de demande. Dans l'ensemble, une PME sur trois enregistre une baisse de la demande pour ses produits ; celles qui travaillent principalement avec les grandes entreprises ou les collectivités sont les plus touchées.

Dans ce contexte, l'investissement est en berne, avec 35% des PME pour qui l'achat d'équipements est en baisse, 45% où il est stationnaire. Les emplois sont encore plus touchés, avec près d'une PME sur quatre (23%) où le nombre de salariés est en baisse, 63% où il est stationnaire et seules 14% qui embauchent. Les petits patrons sont par ailleurs toujours pessimistes quant à l'environnement économique français, qu'ils jugent "défavorable" dans 82% des cas. Huit patrons sur dix jugent également "peu efficaces" les efforts du gouvernement en matière d'aide aux entreprises. "L'incertitude politique et économique" reste enfin souvent citée – par un dirigeant sur quatre –comme le frein principal au développement de l'entreprise, après le traditionnel "poids des charges sociales" (40% de citations) mais devant "le niveau de la demande" (16%). Un patron sur trois (35%) déclare d'ailleurs que "la campagne électorale est de nature à geler ses projets d'investissements et d'embauche".

Farah El Malti
Chargé d'études - Grandes Enquêtes Ipsos Observer
Farah.ElMalti@ipsos.com



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Le moral des patrons de PME - Ipsos - LCL - La Tribune - Février 2012 Télécharger le document