PME : la rechute

PME : la rechute

25 janv. 2012 - 

Le regain d'optimisme mesuré en fin d'année chez les dirigeants de petites et moyennes entreprises n'a pas fait long feu. Demande, activité, conjoncture : en ce début d'année 2012, la plupart des indicateurs du baromètre des patrons de PME Ipsos – LCL - La Tribune replongent.


En hausse depuis septembre 2011, l'indice synthétique de l'Etat de Santé des PME-PMI est retombé de 6 points en janvier, à 96 points, soit proche des niveaux observés en 2009. La chute est sévère, mais reflète bien la mauvaise tenue de toutes les composantes de l'indice. La demande surtout est à nouveau mal orientée : 30% des patrons constatent une baisse de la demande " grande consommation", 34% une baisse de la demande émanant des grosses entreprises et des collectivités, 40% une baisse de la demande interne aux PME, et 15% une baisse de la demande "à l'export" (sur le tiers des PME concernées). L'impact sur l'emploi et l'investissement est immédiat : une PME sur cinq voit le nombre de ses salariés "en baisse" (21%, contre 64% des patrons qui le déclare "stationnaire" et 15% "en hausse"). Dans le même temps, une PME sur trois réduit ses achats d'équipements (34%, contre 50% de "stationnaire" et 14% "en hausse").

La dégradation des indicateurs d'activités confirme la déception des entrepreneurs qui avaient misé sur la fin d'année : l'indice de satisfaction à l'égard de la production de l'entreprise baisse de 3 points (de 104 à 101), la satisfaction sur l'activité commerciale chute de 5 points (de 101 à 96). La trésorerie est également touchée, avec un indice en baisse de 5 points également, de 94 à 89. La morosité touche aussi la perception de l'environnement économique, français (indice qui chute de 103 points à 94) comme international (de 102 points à 98). Idem quant à l'appréciation des "efforts du gouvernement en matière d'aide aux PME", en baisse de 6 points, de 123 à 117. Il faut dire que les dernières mesures annoncées ne semblent pas s'attirer un franc succès chez les "petits patrons" : 57% d'entre eux considèrent que la TVA sociale n'est pas de nature à améliorer leur compétitivité (30% d'avis contraires, 13% ne se prononcent pas). La même proportion s'inquiète encore de la baisse de l'euro (notamment dans le secteur du transport, pénalisé par la hausse du prix des carburants). Une dernière question suggérée par les lecteurs de la Tribune est peut-être révélatrice de la perplexité du patronat par rapport à la crise : 70% des dirigeants de PME sont devenus favorables à l'instauration d'une taxe sur les transactions financières (21% d'avis contraire, 8% ne se prononcent pas). Quelle que soit la taille de l'entreprise, le secteur d'activité où la région où elle est implantée, la taxe Tobin est à présent plébiscitée.

Farah El Malti
Chargé d'études - Grandes Enquêtes Ipsos Observer
Farah.ElMalti@ipsos.com



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Le moral des patrons de PME - Ipsos - LCL - La Tribune - BFMTV - Janvier 2012 Télécharger le document