LES PME continuent de résister à l’air du temps

LES PME continuent de résister à l’air du temps

21 déc. 2011 - 

Après avoir progressé entre septembre et novembre, l’indice de Santé des PME-PMI se stabilise en décembre à son niveau du mois dernier (102), selon la dernière vague du Baromètre des PME/PMI réalisée par Ipsos pour LCL et La Tribune. Malgré les mauvaises nouvelles en rafale et l’incertitude qui continue de prévaloir sur le futur de la zone euro, le moral des patrons de PME-PMI n’est donc pas orienté à la baisse. Une posture qui mérite d’être relevée dans un contexte général de pessimisme de plus en plus marqué des ménages.


Le moral des « petits patrons » est aujourd’hui en fait similaire à ce qu’il était au début de l’année. Parti à 102 en janvier 2011, l’indice de l’état de santé des PME-PMI a ensuite connu (malgré une petite remontée en juin) une tendance générale à la dégradation pour tomber à 97 en septembre. Il remonte depuis et retrouve donc désormais son niveau du début de l’année. On relève toutefois quelques disparités par secteur, l’indice de l’état de santé des PME-PMI du secteur des services évoluant à contre tendance en se détériorant notablement par rapport au mois dernier.

Les principaux indicateurs évoluent peu ce qui explique sans doute la stabilisation du moral. Comme le mois dernier, une majorité des patrons de PME-PMI se déclare satisfaite du niveau de production de leur entreprise, du niveau d'activité commerciale et de leur trésorerie. Après son bond en novembre (+6 points), l’indice de perception de la demande se stabilise à ce niveau (95).

Voyants au vert clair donc qui peuvent expliquer que, malgré la conjoncture globale de hausse du chômage, les PME-PMI déclarent globalement un solde positif d’embauches pour le dernier trimestre. Négative en octobre (-1), la différence entre ceux qui disent que le nombre de salariés est en hausse dans leur entreprise et ceux qui disent qu’il est en baisse est redevenue positive en novembre (+7) et continue de l’être ce mois (+6). Bonne nouvelle également pour les salariés, interrogés en question spécifique dans cette vague, les patrons de PME-PMI disent prévoir en moyenne une augmentation de 4,2% de leur masse salariale en 2012, en incluant les embauches. Un autre signe, donc, de l’optimisme tempéré qui semble prévaloir en cette fin d’année. En revanche, réponse politiquement correcte sans doute, les petits patrons déclarent faire preuve de rigueur à leur égard en ne prévoyant pour 2012 une hausse que de 1,3% de leur rémunération.

Plutôt optimiste et satisfaits de leur activité, les patrons de PME-PMI ne sont toutefois pas insensibles à la conjoncture économique et financière du moment. Comme le mois dernier, "l'incertitude politique et économique" (33% de citations, -1) arrive d’abord en tête dans la hiérarchie des principaux freins au développement de l'entreprise et devance, pour la quatrième fois seulement depuis la création du baromètre en septembre 1992 "le poids des charges sociales" (24% de citations, - 1). Ensuite, 66% se disent inquiets par les risques de la dégradation de la note souveraine de la France, une proportion toutefois non négligeable, 33%, se montrant moins concernée par perte du AAA.

Farah El Malti
Chargé d'études - Grandes Enquêtes Ipsos Observer
Farah.ElMalti@ipsos.com