Baromètre Ipsos/Edenred 2012 - Salariés français : risque de décrochage par rapport à nos voisins d’Europe du Nord

Baromètre Ipsos/Edenred 2012 - Salariés français : risque de décrochage par rapport à nos voisins d’Europe du Nord

03 avr. 2012 - 

Des managers sous tension. Des « 18-24 ans » et « plus de 55 ans » qui « s’accrochent » à leur emploi. Des salariés fiers mais démotivés par leur travail…

La 6ème vague du Baromètre Ipsos Edenred sur le « Bien-être au travail et la motivation des salariés français » confirme les résultats des années précédentes. Cette stabilité interpelle alors que l’on perçoit clairement une situation plus dynamique chez un certain nombre de pays européens.

En effet, la mise en perspective du baromètre réalisée cette année - comme ce fut le cas en 2008 - sur 5 pays européens (Allemagne, Belgique, UK, Italie, Espagne) souligne le risque de décrochage de la France aujourd’hui vis-à-vis de nos voisins du nord. 


Comparaison européenne sur quelques indicateurs

Les enseignements de cette étude font apparaître - à périmètre identique par rapport à 2008 - un phénomène de polarisation en Europe.

La dynamique très positive de l’Allemagne profite à « L’Europe du Nord ». Aussi, 74% des salariés se disent satisfaits de leur situation professionnelle Outre-Rhin (+9), 77% en Belgique (-4) et 63% en UK (+2). 70% se déclarent par ailleurs confiants en Allemagne dans l’avenir de leur entreprise (74% Belgique et 73% UK).

A l’inverse, dans les pays d’ « Europe du Sud » (Espagne et Italie), la population salariée se montre sensiblement plus inquiète, focalisée sur les problématiques d’emploi. 36% des Italiens (+6) déclarent ainsi que leur « motivation diminue » là où les Allemands sont à 20%.

Notre pays, contrairement à l’Espagne et l’Italie qui affiche des résultats nettement plus négatifs, se situe ainsi à la croisée des chemins.

Les composantes du « modèle français » continuent de produire les effets déjà constatés les vagues précédentes :

Des salariés « heureux » mais peu engagés

Si les salariés Français s’affichent comme les recordmen de la démotivation (40%, +2), le constat est plus mitigé : 86% se disent ainsi en parallèle « heureux dans leur travail » et « fiers de leur travail ». La charge affective associée au travail en France demeure très forte.

Des salariés dont les attentes restent massives en termes de salaire et pouvoir d’achat

Dans un environnement européen où le chômage soulève une inquiétude croissante, notamment en Espagne où le « maintien de l’emploi » préoccupe 55% des salariés interrogés (+18%), les Français se distinguent en plaçant le salaire comme leur préoccupation n°1 (52%), devant le temps consacré au travail (18%) ou le maintien de l’emploi (29%).

Si le « modèle social » français semble atténuer les craintes en matière d’emploi, les salariés focalisent leurs attentes sur le pouvoir d’achat : 68% se déclarent ainsi « insatisfaits », soit une proportion stable sur les quatre dernières années.

Des cadres supérieurs stressés, en mal de reconnaissance

« Le temps consacré au travail » est une préoccupation majeure et en hausse parmi l’ensemble des cadres européens. C’est le cas particulièrement en France (38%, +9) et en Allemagne (45%, +16).

Le phénomène affecte tout particulièrement les cadres supérieurs. En France, 42% d’entre eux attribuent ainsi une note de 8 à 10 à leur niveau de stress (38% dans le public et 43% dans le privé), et ils sont la seule catégorie où le stress progresse d’année en année.

Ils sont de même 51% à penser « consacrer trop de temps à leur travail » (+14) alors qu‘en parallèle, seuls 59% se disent satisfaits de la reconnaissance (43% parmi ceux du secteur public).

On mesure ici la conséquence d’une concentration du travail sur les plus qualifiés.

Un modèle excluant aux deux extrêmes de la pyramide des âges

La France affiche un des plus bas taux d’emploi en Europe parmi les plus jeunes (18-24 ans) et les plus âgés (+ 55 ans). Un constat également partagé en Belgique, Espagne et Italie. Seule l’Allemagne se distingue en positif sur ce point.

Les résultats du Baromètre témoignent cette année d’un « effet de rétention maximal » dans les entreprises françaises parmi ces deux catégories de population : 67% des 18-24 ans déclarent cette année avoir « déjà songé à quitter leur entreprise » (+17) et 66% chez les 50 ans et plus (+2).

Noter que les salariés européens de plus de 40 ans – en en particulier en France - apparaissent en parallèle comme les plus inquiets sur leur capacité à « pouvoir facilement retrouver un emploi s’ils perdaient le leur » (27%).

Une fonction publique importante, en forte transformation

Les fonctionnaires des pays européens affichent une relative confiance dans l’avenir de leur employeur - exception faite de la France où seuls 45% se disent confiants (vs. des niveaux allant de 65% à 85% ans pour les autres pays)

Dans le même temps, une tendance se dessine : plus que par le passé, les salariés du public affichent une volonté de quitter leur entreprise/administration (38%). C’est notamment au sein de la Fonction Publique d’Etat que l’inquiétude est la plus marquée chez nous La question de la finalité du changement au sein du secteur public est posée.

Enjeux et territoire d’action

Dans un tel contexte, se dessinent quatre enjeux majeurs :

  • Redonner confiance (à titre individuel et collectif)
  • Favoriser l’« employabilité »
  • Promouvoir le « mieux vivre en entreprise »
  • Redonner du pouvoir d’achat 


Julia Pironon
Directrice de Clientèle - pôle Employee Relationship Management Ipsos Loyalty
julia.pironon@ipsos.com

Nicolas Tannenbaum, Directeur de Département
Ipsos Loyalty - Employee Research, Leadership and employee engagement specialists
nicolas.tannenbaum@ipsos.com



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