Education nationale : les stagiaires 2010/2011 sont globalement satisfaits de leur année scolaire

Education nationale : les stagiaires 2010/2011 sont globalement satisfaits de leur année scolaire

29 août 2011 - 

A l'initiative du Ministère de l'Education Nationale, Ipsos a recueilli l'avis d'enseignants, CPE et documentalistes stagiaires sur leur formation et les conditions d’exercice de leur métier. Ces nouveaux professeurs et personnels d'éducation stagiaires, qui ont bénéficié de la première année de mise en place de la réforme du recrutement et de la formation des enseignants lancée en 2009, se montrent globalement satisfaits de leur année.


Des enseignants stagiaires satisfaits de leur année

Le premier et principal résultat de l’enquête est le bilan globalement positif (87% de réponses positives) que font les stagiaires à l’issue de leur première année d’exercice professionnel. Venus à l’enseignement ou au sein de l’Education nationale pour enseigner, par goût du métier (63%) et pour le contact avec les élèves (59%), ils ont trouvé ce qu’ils espéraient lors de cette première année :

  • 92% des stagiaires se déclarent satisfaits de leur situation professionnelle. Ils sont particulièrement satisfaits de la relation qu’ils ont pu créer avec les élèves cette année (95% sont satisfaits) et plus généralement de l’ensemble des contacts et relations qu’ils ont pu nouer sur l’année (avec leurs collègues : 94% satisfaits, l'administration : 84% satisfaits, ou les parents d’élèves : 82% satisfaits).
  • Ils ont le sentiment d’avoir plutôt bien géré leurs classes (tenue de classe, discipline) : 61% jugent ainsi que c’était « assez facile ». Ils ont en revanche jugé plus difficile d’évaluer les élèves (39% facile), de délivrer des cours de qualité (31% facile), ou d’accompagner les élèves en difficulté (16% facile).

Assez logiquement à l’issue d’une année dense et parfois difficile, ils sont plutôt moins satisfaits de l’équilibre vie privée / vie professionnelle, de la charge de travail ou de leur gestion du temps sur l’année :

  • 54% sont satisfaits de la charge de travail (contre 56% pour la moyenne des personnels de l’éducation en France) et 61% sont satisfaits de l’équilibre vie privée / professionnelle (contre 67% pour la moyenne des personnels de l’éducation en France).
  • 32% seulement jugent qu’il était facile de gérer leurs emplois du temps et les différentes phases de travail (préparation, enseignement, formation...).
  • Ils ont eu souvent au cours de l’année le sentiment de s’impliquer « trop » dans leur travail (28%), de consacrer trop de temps à leur travail (50%) et de devoir travailler dans l’urgence (64%).

Ces difficultés sont mineures comparées à la satisfaction globalement ressentie. Les stagiaires interviewés sont fiers d’exercer ce métier (souvent fiers : 58%), l’associent avant tout à un plaisir (58%) et sortent de cette année plus motivés (37%) ou aussi motivés (54%) dans leur travail qu’à son début.

Des conditions d’exercice et d’accompagnement hétérogènes

Si le bilan effectué est plutôt positif pour une très grande majorité des stagiaires, leurs vécus, leurs conditions d’exercice et l’accompagnement qu’ils ont pu recevoir cette année ont pourtant été très différents selon le corps, ou la discipline des stagiaires.

S’ils ont tous (ou presque) été à temps plein devant des élèves, cet exercice a pu se faire dans des conditions très différentes :

  • Ainsi, au sein du premier degré, la mise en responsabilité des professeurs des écoles différait fortement d’une académie à l’autre. Certaines académies (notamment celles comportant un grand nombre d’écoles relevant de l’éducation prioritaire) ont privilégié pour leurs stagiaires une première année sur plusieurs classes, plusieurs niveaux, plusieurs écoles. Elles espéraient à la fois offrir à ces débutants une première année riche de toutes ces expériences mais souhaitaient aussi ne pas les laisser seuls en responsabilité face à leurs élèves. A l’opposé, d’autres académies ont choisi de confier à leurs stagiaires une classe en pleine responsabilité.
  • Sur le second degré, si les enseignants se trouvaient moins souvent en zones d’éducation prioritaire (11% seulement des professeurs du secondaire contre 40% des professeurs des écoles), ils ont effectué un peu plus souvent des heures supplémentaires (15% des professeurs certifiés, 31% des agrégés). Mais au-delà de ces particularités, l’élément qui détermine leurs conditions d’exercice est la discipline enseignée. Ainsi, les professeurs d’EPS, de Musique / Arts plastiques, de langues et de sciences sont plus souvent confrontés à la gestion de trois niveaux ou plus d’enseignement et d’un grand nombre de classes (5 ou plus) que leurs collègues. En effet, les professeurs de Lettres, Mathématiques, Philosophie et Sciences Physiques ont souvent deux niveaux au plus et quatre classes maximum.

L’exercice du métier peut aussi être vécu de façon différente sur l’année du fait d’une expérience différente de l’enseignant stagiaire :

  • Les professeurs issus du concours interne (11% des stagiaires) vivent encore une année très différente de leurs collègues du concours externe. Rompus à l’exercice de leur métier (5 ans au sein de l’éducation nationale sont nécessaires pour passer le concours interne), ils ne peuvent avoir le même regard sur l’année de stage. Dans une moindre mesure l’expérience de l’enseignement (elle concerne 1 titulaire du concours externe sur 2 : vacataires, contractuels, AED, chargés de cours...) peut aussi avoir un impact.

Enfin, tous les stagiaires n’ont pas la même vision de l’accompagnement qui a pu leur être fourni au cours de l’année.

  • Une très grande majorité des stagiaires a bénéficié des 3 dispositifs : journées d’accueil (85% des stagiaires), formation (95% des stagiaires), tutorat (94% des stagiaires).
  • Sur le tutorat, l’ensemble des interviewés se montrent très positifs : l’aide apportée est jugée d’autant plus efficace qu’ils ont réussi à entretenir une relation régulière avec leurs tuteurs (en deçà d’une rencontre par mois, les opinions sont plus critiques) – ce qui a été moins souvent le cas dans le premier degré faute d’être dans le même établissement que leurs tuteurs. Les stagiaires portent un regard tout aussi positif sur l’aide et le soutien apporté par leurs collègues.
  • Mais ils sont plus partagés sur l’utilité des dispositifs d’accueil et de formation. Les formations favorisent bien les échanges entre stagiaires et le travail en équipe (62% d’accord), mais sont vues comme insuffisamment utiles (48% utiles) et adaptées aux besoins comme aux parcours antérieurs des stagiaires (27% adaptés). Elles n’apparaissent de plus pas assez fréquentes à leurs yeux (50% des stagiaires dont 65% des professeurs des écoles). Leur évaluation globale des possibilités de formation est de fait très critique : seuls 29% des stagiaires se déclarent satisfaits des possibilités de formation, un résultat très décroché de la satisfaction moyenne des personnels de l’éducation sur ce point (45% de satisfaits pour la moyenne des personnels de l’éducation en France).

Naturellement dans ces conditions, à la question, quelles sont vos attentes aujourd’hui en termes d’aide, d’accompagnement ou de formation, 83% des stagiaires font part de leurs besoins de formation (plus longues, plus fréquentes, moins théoriques, sur la pédagogie) et 39% des stagiaires plaident pour une poursuite au-delà de l’année de stage du tutorat.

Fiche technique

Dans le cadre de son marché d’études téléphoniques, le ministère a sollicité l’équipe ERM (Employee RelationShip Management) d’Ipsos pour interroger sur la base d’un fichier de 16 000 contacts renseignés les enseignants et personnels d’éducation stagiaires des 1er et 2nd degrés sur l’année 2010/2011. 1003 enseignants, CPE et documentalistes stagiaires sur 2010/2011 ont été interrogés par téléphone (mobiles pour 66% et fixes pour 34%), en journée, du 19 au 21 juillet 2011. Il est à noter le très faible taux de refus sur cette enquête et le très bon accueil fait aux enquêteurs par les interviewés. L’échantillon final est redressé sur les critères du corps d’origine, de l’académie, de la discipline, du sexe et de l’âge des agents.



Anne Leroux
Directrice de Clientèle, Ipsos Loyalty
anne.leroux@ipsos.com

Benoit Rogeau
Directeur de Clientèle Ipsos Loyalty
Benoit.Rogeau@ipsos.com



Documents associés

Enquête sur l'avis d'enseignants, CPE et documentalistes stagiaires - Août 2011 Télécharger le document

Derniers articles

Toutes les actualités