Ipsos a du flair

Le flair, c’est l’intuition et l’intelligence des signaux, forts ou faibles.
Pour une société d’étude, c’est la capacité de saisir ce qui produit l’état de la société, ses valeurs et ses attentes, au-delà des résultats des études ou des analyses.

Avec Flair, Ipsos a trois ambitions :

Exprimer un point de vue sur la société, les consommateurs et les citoyens.
En France par exemple, expliquer pourquoi nous sommes les champions du monde du pessimisme, quel que soit le contexte, crise ou pas. Pourquoi nous voulons continuer à faire comme avant, au temps idéal des Trente Glorieuses. Et pourquoi cette histoire dure depuis plus de quarante ans…

Révéler et anticiper les attentes de l’opinion,
là où les marques, les publicitaires, les stratèges doivent aller pour séduire, vendre, fidéliser.

Donner un cap
Connecter nos recommandations aux dimensions socioculturelle, pour les rendre encore plus opérationnelles.

 

 

Lancé en France en 2005, Flair poursuit son développement en Europe, dans les zones Asie Pacifique et Latam. 
En savoir plus sur les éditions locales de Flair.

 
 

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Les éditions Ipsos Flair

France 2015

ANNEE DIVERGENTE

France 2014

SOCIÉTÉ FUNAMBULE

France 2013

CHOCS & SANCTUAIRES

France 2012

SOCIÉTÉ SANS REGRETS

France 2011

SOCIÉTÉ D'EXTRALUCIDES

France 2010

ANNÉE NO LIMIT

France 2009

LE DÉSIR DANS TOUS SES ÉTATS

France 2008

SOCIÉTÉ D'ACTEUR(S)

France 2007

TERRE D'EXCEPTION(S)

France 2006

SOCIÉTÉ SANS MERCIS

 


FRANCE 2015

Année divergente

2015 est une année d’anniversaires : fin de la Seconde Guerre Mondiale, An I des 30 Glorieuses et droit de vote des femmes (1945), I.V.G.(...)

Flair 2015 Ipsos Sociétés funambules

2015 est une année d’anniversaires : fin de la Seconde Guerre Mondiale, An I des 30 Glorieuses et droit de vote des femmes (1945), I.V.G. (1975),  les 10 ans d’Ipsos Flair en France (2005)… et les 40 ans d’Ipsos !

Retrouvez au fil de l'année, tous les articles publiés dans le cadre de Ipsos Flair  : "France 2015, Année Divergente"

 

 

 

Ipsos Flair présente : « France 2015, Société divergente »

Les mots du spectacle et le spectacle des mots

Un bel avenir pour la consommation collaborative... Grâce à la crise
Expo 2015 : Shanghai 2010 = 73 millions de visiteurs / Milan 2015 = record à battre !

- Trois divergences de la société française

- Fast and Furious

 


FRANCE 2014

Sociétés funambules

En France, les choses sont devenues de plus en plus paradoxales : Tout est « traditionnel » (hausses de prix, hausses d’impôts, bouchons, départs e(...)

Flair 2014 Ipsos Sociétés funambules

En France, les choses sont devenues de plus en plus paradoxales :

  • Tout est « traditionnel » (hausses de prix, hausses d’impôts, bouchons, départs en vacances, Tour de France, pessimisme, niveau d’épargne, taux de natalité, chips...) et tout est « crise » (de confiance, de l’euro, des institutions, de l’économie, de l’épargne, de la démographie, du vivre ensemble...).
  • Nous sommes le seul pays au monde à revendiquer simultanément être un « modèle » et une « exception ».
  • Nous raisonnons par « régimes spéciaux », « ayants droit » et « acquis » tout en prétendant imposer le sens du collectif.

 

D’où notre titre pour 2014, « sociétés funambules » :

  • Un programme pour avancer entre des polarités inverses, humanité et fermeté, taxes et pouvoir d’achat, fidélité et tentations, épargne et dépenses…
  • Un jeu de mots pour décrire un pays fait de personnes chacune dans sa sphère, pour y chercher son « fun en bulle ».

 

La corde a été progressivement secouée avec les sondages désastreux pour l’exécutif, les élections municipales et européennes, les défaites des candidats socialistes et les succès de l’abstention et du Front National, les différents départs, démissions, changements au gouvernement, les affaires, les petits et grands mensonges.

 

A force d’avancer entre chocs et sanctuaires, espoirs et réalités, postures intenables, « équilibrisme » a été le mot de l’année, la situation réclamant un balancier de tous les instants : local contre mondial, nostalgie contre peur de l’avenir, évasion contre angoisse du présent, coach contre anomie.

 

Jusqu’à ce que le funambulisme ne marche plus, parce que chômage et risque déflationniste, tensions et déceptions, frustrations et violences, précarité économique et fractures identitaires, n’ont cessé de gagner du terrain.

 

Mais alors, dix ans plus tard, est-ce que nous verrons un jour la fin de la crise du résultat ? Et si les Français, finalement, changeaient de paradigme ?

Chocs & sanctuaires

Depuis 2007, le local, le traçable, la nostalgie, le fait maison ont essayé d’apporter des réponses rassurantes et renforcé les parois du village ga(...)

Flair 2013 Ipsos Chocs & Sanctuaires

Depuis 2007, le local, le traçable, la nostalgie, le fait maison ont essayé d’apporter des réponses rassurantes et renforcé les parois du village gaulois, frontières et « made in France » à l’appui, incarnés dans les stratégies de marques ou les projets politiques.

 

En parallèle, attractivité, flexisécurité, mondialisation et inversion des rapports de force internationaux, gaz de schistes et indépendance énergétique, communautarisme, dette, déficits… autant de chocs qui sont venus secouer et fragiliser les sanctuaires.

 

La mythification des 30 Glorieuses et la muséification des années heureuses ne suffisent plus ; certes, les sanctuaires sont là pour préserver, mais ils présentent un sérieux risque de contretemps et d’anachronisme.

 

Tantôt, c’est l’opinion qui sanctuarise ses valeurs, résiste aux chocs des changements et refuse les réformes ; tantôt, ce sont les Autorités qui sanctuarisent des notions qui ne sont plus celles de l’opinion et le malentendu commence.

 

En 2013, les chocs ont disloqué les sanctuaires : le CDI mis en doute, les coûts horaires de production perçus comme un handicap, les lois de 1905 pas adaptées pour entrecadrer l’Islam radical, la froide analyse du coût des 660 milliards d’euros annuels du modèle social.

 

Conséquence de ces mouvements, un pays tendu entre envie de ne rien changer, exutoires, mutations subies, désir individuel de s’en sortir et contemplation narcissique.

 

Ni le citoyen ni le consommateur n’ont donc eu le comportement souhaité, « patriotisme économique », « fidélité et engagement », même combat difficile tant le décalage culturel est grand entre les critères des consommateurs-citoyens et le discours des acteurs de la société (politiques, médias, entreprises...).

 

Dans ce contexte, jusqu’où la sanctuarisation des valeurs et des pratiques peut-elle aller dans l’anachronisme et le dogmatisme, le « normal » ou le normatif, la disruption et la création ?

 

Comment gérer les grandes peurs françaises : la mondialisation, l’avenir, la situation présente, l’absence d’explication et de sens ?

 

Comment avancer entre chocs et sanctuaires ?

Société sans regrets

Trois rendez-vous en 2012 : En Chine, l’année du Dragon, les dix ans d’Ipsos dans ce pays-continent et le N°1 d’Ipsos Flair dans ce pays. En Italie,(...)

Flair 2012 Ipsos Société sans regrets

Trois rendez-vous en 2012 :
  • En Chine, l’année du Dragon, les dix ans d’Ipsos dans ce pays-continent et le N°1 d’Ipsos Flair dans ce pays.
  • En Italie, la première année sans Silvio Berlusconi aux commandes depuis 1994.
  • En France, une nouvelle année électorale. La Présidentielle et les Législatives ont répondu à notre pronostic : sans regrets, Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et François Bayrou ont été battus, les champions de 2007 n’étaient plus au rendez-vous

La population était décidée à tourner la page dans bien des domaines, sans passion ni indignation, mais l’année a révélé de plus en plus d’ironie et d’amertume.

 

Du twitt de Valérie Trierweiler à Jérôme Cahuzac en passant par Gérard Depardieu et Lakmi Mittal, l’année a été celle du renversement des rapports de force. La Première Dame de France jalouse qui tacle publiquement Ségolène Royal pour la faire perdre, un acteur qui échappe au fisc français grâce à un ami Président de la Fédération de Russie, un Ministre du Budget qui exige des efforts financiers mais a un compte bancaire en Suisse, un homme d’affaire indien qui ferme les hauts-fourneaux de Florange et loue le Château de Versailles pour le mariage de sa fille, quoi de mieux pour créer incompréhension, frustration, rancœur ?

 

De là est née la nouvelle typologie française, tandis que le « mariage pour tous » occupait le devant de la scène comme un bonzaï camouflant la forêt qui marche : chômage, précarité économique, vulnérabilité identitaire, angoisse et pessimisme à l’égard de l’avenir et de la société en général.

 

Conséquences à géométries variables :
  • Les « Otages », ceux qui ont le sentiment de payer pour tous les autres, éternelles vaches à lait soumises aux caprices du fisc et des taxes, nouvelles et augmentées, de plus en plus critiques, méfiants, voire violents, avec ou sans bonnet.
  • Les « Légitimistes », ceux qui restent fidèles aux notions de République, de laïcité, de patriotisme économique, et croient que les résultats se rapprochent.
  • Les « Jumpers », ceux qui n’ont qu’une seule idée : partir et tenter leur chance ailleurs ou s’évader du présent grâce à tous les artefacts, sexe, fiction, jeux-vidéo…

 

De tous ces points de vue, une seule question : le changement, c’est maintenant ou l’année prochaine ?

Société d'extralucides

Après le désir d’y croire, qui explique notamment le taux de participation élevé à la Présidentielle de 2007, l’envie de transgresser les règles et (...)

Flair 2011 Ipsos Société d'extralucides

Après le désir d’y croire, qui explique notamment le taux de participation élevé à la Présidentielle de 2007, l’envie de transgresser les règles et de jouer perso (la séquence 2009/2010), c’est maintenant à une société sans illusion que les Autorités s’adressent.

 

Elle l’est d’autant plus que les événements n’ont pas aidé à recréer le lien, avec des situations extraordinaires qui ont attaqué la lucidité, de haut en bas.

 

Affaires DSK, révolutions arabes, crises grecque et italienne, hypothèse d’une faillite européenne, etc., rien n’a manqué à un son et lumière de plus en plus contrasté et rapide. Entre stupeur, hallucinations, espoirs ou ironie, secrets et déballages, espoirs et nouvelles déceptions, les Français ont vécu une année de douche écossaise qui a modifié leurs états d’âme, quand l’info se transforme en psychotrope.

 

La chose publique et les idées générales se sont transformées en spectacle ; les Français se sont donc focalisés sur leur sphère privée en tant que sujets où ils entendent bien être acteurs et se faire plaisir.

 

Être le premier et le seul à avoir un objet ou à ressentir une expérience unique et exclusive, ici et maintenant, est devenu la motivation déterminante. Point d’orgue, la liquidation du surmoi, c’est-à-dire la satisfaction ultime, au-delà de toute convention, de tout contrôle, de toute rationalité, de toute autocensure.

 

« Carpe diem », voilà la signature de cette société sans surmoi et sans projet ; l’autre y est un objet, on y avance masqué, on s’y exprime sans tabou, parce que « là où ça a été refoulé, ça parle » quand le lapsus passe de la pulsion à sa réalisation.

 

L’extra s’est transformé en « ultra », un mot à la mode en 2011 : Ultra-Violence, Ultra-Riches, Ultra-Sex, Ultra-Transgression, Ultra-Thinspot, Ultra-Gros, Ultra-Décalé, et même Ultra-Mort.

 

Ces notions influencent, évidemment, les stratégies des acteurs mais aussi des marques, des médias, comme celles des entreprises.

 

Leurs réponses sont projectives : « Né d’idées futures », « Entrez dans une nouvelle ère », « New thinking, new possibilities », « Entrons dans le monde d’après ».

 

Pour les politiques, c’est plus compliqué. La Présidentielle qui vient s’annonce dans un contexte très différent des autres, avec comme enjeux le poids du passé, le désir de présent, le rôle de l’avenir, la disparition du Désir d’inverse.

 

Alors, qui gagnera ?

Année no limit

5ème Anniversaire d’Ipsos Flair France. Lancement de Flair en Italie.   En France, ça ne s’est pas arrangé.(...)

Flair 2010 Ipsos Année no limit

5ème Anniversaire d’Ipsos Flair France. Lancement de Flair en Italie.

 

En France, ça ne s’est pas arrangé. Partagé entre ses aspirations et la réalité, tendu un passé idéalisé, un futur improbable et un présent insupportable, comment s’étonner de voir le public désemparé, déconfit, défait ? Sur la défensive face aux déficits qui déferlent, aux déflagrations qui menacent ? Le seul bonheur personnel est la compensation, la réponse égotiste pour retrouver du résultat, du progrès, de la confiance sur mesure.

 

A certains égards, les Français se sont transformés en communauté de citoyens quasi délinquants, adeptes d'un système D tous azimuts, comme si la société – n'attendant plus rien de l'autorité – assumait désormais son dérèglement sans culpabilité et multipliait les gestes de désobéissance civile.

 

La plupart des tabous et des normes qui régulent les relations normales entre individus, institutions, autorités, etc., ont été pulvérisées avec une désinvolture et une aisance magistrales :
  • L’équipe française de football a refusé de s’entraîner pendant la Coupe du Monde
  • Pillages et incendies de voitures ont accompagné la victoire comme la défaite de l’équipe d’Algérie
  • Les émeutes urbaines de Grenoble ou Saint-Aignan ont signé les représailles suite à des actions policières
  • Les apéritifs géants popularisés par Facebook ont renouvellé les codes de l’éthylisme mondain
  • Les entreprises ont inventé la notion d’indemnité supra-légale, don gracieux à l’ensemble des salariés de plusieurs dizaines de milliers d’euros défiscalisés, obtenus notamment suite à la séquestration de patrons et de cadres.

Sans oublier : abstention massive, consommation de produits libérés de leurs marques, téléchargements gratuits à outrance sur Internet, généralisation de la débrouille personnelle, revendications sociales menaçantes, etc.

 

Conséquences à géométries variables :
  • Le défaitisme décomplexé, se débaucher, s’abandonner à la décadence et au destroy
  • Le repli sur son foyer, le décorer, s’y détendre : récupérer et oublier, vivre sa nostalgie au présent.
  • La tentation de l’explosion, se laisse déborder par les frustrations et la violence, dégénérer : c’est le fameux « tout va sauter ».
  • La généralisation de l’esprit Carnaval au champ social tout entier, se déguiser, délirer, avec une puissance de feu bien supérieure.

Mais une seule question, toujours plus vivace, « comment m’en sortir ? »

LE DÉSIR DANS TOUS SES ÉTATS

Septembre 2007, crise des supprimes aux Etats-Unis. Septembre 2008, crise financière et économique mondiale.(...)

Flair 2009 Ipsos Le désir dans tous ses états

Septembre 2007, crise des supprimes aux Etats-Unis. Septembre 2008, crise financière et économique mondiale. Le désir d’action s’est heurté à des perturbations gigantesques qui ont fait voler en éclats les aspirations et les envies de la société.

 

Les Français ont vite décodé les codes de la valse à quatre temps : erreur, dysfonctionnement, rendre des comptes, refonder autant d’alibis et de promesses intenables.

 

Nicolas Sarkozy a donc été rattrapé par la crise du résultat, s’est fondu dans la défiance générale à l’égard d’Autorités (institutions, marques, publicité, médias...) déqualifiées. Déception et mécontentement reviennent au galop.

 

Pour autant, malgré les crises, les Français n’ont pas renoncé à vouloir se faire plaisir.

 

Pas comme avant et pas à n’importe quel prix. Avec 17,1 millions de foyers connectés, Internet a installé de nouvelles habitudes : comparer pour trouver le moins cher, s’informer pour trouver le plus crédible ou le plus original, bloguer pour échanger et critiquer.

 

Ces arbitrages (ou plutôt ces mutations) sont des choix de fond, des états du désir qui ont installé tous les paramètres d’une transformation irréversible de sa relation avec tous les acteurs de la société de consommation.

 

« Faire sans » a bien représenté l’orientation des Français : la machine à pain est la meilleure manière d’en avoir sans boulanger, les transports en commun de se déplacer sans voiture, sandwich à midi de se nourrir sans restaurant, le jardin potager de faire sans le distributeur habituel, sans oublier la friteuse sans huile, héroïne de l’année.

 

Tout converge à « faire sans » la société d’abondance, à simplifier et réduire le territoire de la consommation, à choisir entre marques avec rêve et sans contraintes (téléphonie, jeux vidéos) et marques standards et moyennes.

 

Un clivage qui s’étend à la société elle-même ; souvenons-nous de deux succès.

 

D’un côté, l’euphorie de « Bienvenue chez les Ch’tis », version idéale en contrepoids à l’atmosphère actuelle.

 

De l’autre, le cynisme parfois sordide des « Bougons » dont le seul objectif est de chercher les failles d’un système qui les a rejetés.

 

Mais une question reste encore partagée : la crise sera-t-elle finie l’année prochaine ?

Société d'auteur(s)

La première raison du succès de Nicolas Sarkozy est son positionnement sur la culture du résultat.(...)

La première raison du succès de Nicolas Sarkozy est son positionnement sur la culture du résultat. Elle veut prendre acte de l’attitude consumériste de l’opinion, qui juge sur preuves et promet de réconcilier les Autorités [1] et la compétence, le Haut et le pouvoir, le Bas et la confiance.

 

En le choisissant, les Français ont aussi exprimé une préférence pour la fin de l’exception, puisque Nicolas Sarkozy disait vouloir “inventer un nouveau modèle français”, différent de l’Etat-Providence.

 

Déjà, les arbitrages entre les exceptions ont commencé : Sécurité sociale ou franchises, Service minimum lors des grèves des transports ou des enseignants, 35 heures ou nouveau Droit du travail, Impôt sur la Fortune ou Bouclier fiscal, gestion des déficits ou TVA sociale, etc.

 

La seconde est construite sur le désir d’agir, dont la formule “travailler plus pour gagner plus” est une des facettes, l’une des leçons de l’élection présidentielle étant que celui qui agit a raison.

 

Mais le désir d'agir voulu et incarné par le Président de la République va-t-il se diffuser et se pérenniser dans la société ? Si oui, par quels systèmes d’incitations et comment va-t-il s’exprimer ?

 

D’autre part, quels sont les moyens à mettre au service du résultat ? Autrement dit, jusqu’où peut-on aller dans les moyens pour réussir et dans le spectacle de la réussite ? 

 

Autant de questions qui justifient notre titre “Société d’acteur(s)” et la posture ambiguë qu’il exprime, acteur évoquant autant celui qui crée et invente que celui qui fait semblant, le comédien qui donne le spectacle de l’action.

 

En effet, à partir du moment où l’action devient la valeur clef, plusieurs attitudes sont possibles : agir effectivement, donner l’impression d’agir, se mettre en retrait, regarder et attendre... La palette des attitudes est large, de l’auteur au figurant en passant par le critique.

 

C’est bien de ces choix que dépendent la réussite et la diffusion des désirs d’agir [2].

 

Ou les personnes sont motivées pour passer à l’action, la France retrouve alors rapidement dynamisme et esprit d’entreprendre ; ils se traduisent par la hausse du pouvoir d’achat, l’accès aux biens qui en découle, et l’euphorie de la société de consommation.

 

C’est l’état d’esprit des Trente Glorieuses revisité dans le contexte technologique du Nouveau Millénaire ; il correspond à tout ce que le public associait au passage à l’An 2000 et à la France qui gagne.

 

Le pari de la réconciliation des Autorités et de la compétence est réussi et génère une satisfaction exponentielle.

 

Ou le public est déçu et frustré parce que les promesses ne sont pas tenues et que les difficultés perdurent, avec en corollaire baisse du moral, défaitisme... Ce sont les conditions à l’origine de la “crise du résultat” décrite dans Flair 2006, mais dramatisées par l’installation définitive du sentiment d’insécurité sociale et la précarisation.

 

Alors, le constat d’incompétence d’Autorités incapables de justifier leur impuissance à agir se cristallise dans une société bipolaire et l’attente d’autre chose.

 

Ou le public devient spectateur et quitte le jeu, et la réalité éclate entre méfiance en l’avenir et consommation de Wii...

 

Ipsos Flair 2008 est structuré par des indicateurs d’un nouveau genre, capables de rendre compte à la fois de l’impact des fins d’exceptions, des formes du désir d’agir dans tous les mondes, réels ou virtuels... et de la tentation du désengagement.

 


[1]Par “Autorité”, nous désignons tout émetteur d’un message (marque, publicité, leader politique ...) destiné à un public pensé comme destinataire passif.
[2]Il y a des indicateurs des désirs d’agir : augmentation du nombre de 4x4, création d’entreprises unipersonnelles, multiplication des blogs ; on regrettera que les psychanalystes ne nous aient pas aidés à inventorier les rêves des Français.

TERRE D'EXCEPTION(S)

2006 s’est terminée une attente essentielle : retrouver du résultat.(...)

2006 s’est terminée une attente essentielle : retrouver du résultat. Cette motivation a redynamisé le moral des Français, en hausse dans la perspective que le vainqueur de la Présidentielle allait incarner et promouvoir des solutions.

 

Flair 2007 a identifié les quatre scénarii de sortie de crise, pour les politiques comme pour les marques et les stratèges. Ils ont vécu six mois dans le champ électoral, mais ont duré plus longtemps dans les actions marketing, publicitaires ou médiatiques, alors que le moral des Français s’effondrait.

 

  • Le Désir d’inverse, imaginer que la solution vient du contraire de ce qui a été fait jusque-là. Cela implique d’agir « sans tabou » pour apporter des réponses d’autant plus crédibles qu’elles sont différentes

 

Deux exemples en 2007 : Dove avec des femmes rondes, ridées ou âgées pour revendiquer l’estime de soi contre l’idéal publicitaire ; Ségolène Royal en tant que femme, la plus inattendue des personnalités de gauche, exprimant le mieux ce désir d’autre chose.

 

  • La Restauration : le retour à l’ordre est la condition pour relancer la machine. A l’opposé du désir d’inverse, elle affirme qu’il faut retrouver les fondamentaux qui ont structuré la société et son expansion ; autorité, respect, règles, mérite… sont ses maître-mots.

 

Nicolas Sarkozy l’a nuancé et développé, ce qui lui a permis d’être élu Président de la République française avec 53,06% des suffrages en valorisant l’effort personnel, déculpabilisant l’argent et la réussite.

 

  • La Co-intelligence veut sortir du bipartisme pour faire travailler ensemble les ressources utiles au résultat. François Bayrou en est le témoin politique, mais c’est ailleurs que la co-intelligence s’est diffusée comme une évidence avec la co-création, les sites Internet qui fonctionnent sur un principe de collaboration et d’échanges gratuits ou rémunérés.

 

  • Le tout-à-l’ego, est la réponse narcissique à la crise, avec le repli sur soi, le communautarisme et l’abstention. Dans son système en miroir, tout ce qui est collectif est devenu étranger, seuls comptent les désirs personnels, la consommation égotique ou revendicatrice.

 

La crise des subprimes a pulvérisé les routines, certains scénarii et magnifié les autres. Qu’en fera 2008 ?

SOCIÉTÉ SANS MERCIS

La première publication d’Ipsos Flair pose les trois mots-clefs – autorités, résultats, confiance – autour desquels gravitent tous les enjeux politi(...)

La première publication d’Ipsos Flair pose les trois mots-clefs – autorités, résultats, confiance – autour desquels gravitent tous les enjeux politiques, marketing, publicitaires.
 

La crise du résultat est née de l’incapacité des autorités à tenir leurs promesses : retrouver la perspective dynamique des Trente Glorieuses, faire repartir l’ascenseur social, redonner le pouvoir d’achat se développe, résorber les déficits se résorbent.

 

Pourquoi plus en 2005 qu’avant ?

 

Parce que 2005, trois ans après 2002 (le duel Jean-Marie Le Pen/Jacques Chirac à la Présidentielle laissera des traces), est l’année du Non au projet de Constitution européenne, annonce la fracture entre le « haut » et le bas, installe le wording martelé depuis : chômage, crise, dette, déficits, déflation, baisse du pouvoir d’achat, déprime, intolérance, peur de l’avenir.

 

Parce que 2005 inverse le rapport de force off line / on line : la campagne médiatique pour le Oui à la Constitution s’est heurtée à l’obstacle de l’Internet. Cette compétition entre deux systèmes d’influence augurait de ce qui triompherait des années plus tard dans Médiapart avec le succès du blog appelant au vote Non, animé par Étienne Chouard [1].

 

Parce que 2005 radicalise l’exigence d’un consommateur pour qui Internet est une machine à comparer, critiquer, douter. Difficile d’ignorer prion, vache folle, farines animales, poissons d’élevage cannibales, des années avant les bœufs métamorphosés en chevaux qui bouclent l’ensemble.

 

Difficile aussi de comprendre le prix, avec les nouveaux entrants de 2005, le low cost, les gratuits, l’échange qui remettent en question la notion de valeur (intellectuelle ou commercial), en supposant qu’on puisse avoir à faible coût, voire sans payer, des informations, des services ou des produits équivalents.

 

D’où notre titre « France, société sans mercis » pour :
  • Définir l’état d’esprit de consommateurs défiants, infidèles sans culpabilité, qui n’ont ni gratitude ni reconnaissance, ni estime ni respect.
  • Recommander les meilleures stratégies pour faire comprendre, en ligne avec Hannah Arendt, que l’autorité n’est plus « ce qui fait obéir les gens, mais ce qui leur apporte quelque chose ».
     

La perspective de l’élection présidentielle de 2007 allait-elle changer les choses ? Autrement dit, s’agissait-il d’une crise dans le modèle ou d’une crise du modèle ?

 


[1] Dont le site sera l'un des plus fréquentés de France avec plus de 30 000 connexions par jour à un moment où déjà 61 % de la population surfe sur le Net (contre 48 % en 2004).