Baromètre Edenred / Ipsos 2013 : face à des salariés européens de plus en plus inquiets, la prime va aux politiques RH actives en matière de bien-être

La huitième édition du baromètre Edenred-Ipsos sur le bien-être et la motivation des salariés européens porte sur la population salariée de six pays : Allemagne, Belgique, Espagne, France, Italie et Royaume-Uni. Une édition qui relève trois tendances majeures : la forte inquiétude des salariés à l’égard du marché de l’emploi, la revendication assumée d’une fidélité « par défaut » vis-à-vis de l’employeur, ainsi qu’une capacité inégale des modèles nationaux à entretenir la motivation dans un contexte économique difficile.

 

La préoccupation à l’égard de l’emploi s’accentue dans tous les pays

Alors que le taux de chômage atteint aujourd’hui 10,9% dans l’Union européenne1, le baromètre Edenred-Ipsos 2013 confirme que les salariés européens sont plus inquiets à l’égard de l’emploi qu’en 2012. Pour 44% des salariés allemands (+10 points vs. 2008) et 50% des salariés italiens (+21 points vs. 2008), le maintien de l’emploi est aujourd’hui une préoccupation majeure. 58% des salariés français interrogés cette année pensent qu’il leur serait difficile de retrouver un emploi comparable en cas de chômage. Ils sont 70% en Italie à répondre de façon similaire.

Par ailleurs, les attentes à l’égard du pouvoir d’achat, notamment en Europe du Sud et en France, sont massives : en France, 67% des salariés se déclarent insatisfaits de leur pouvoir d’achat ; en Italie, 73%. Les Européens du Nord (Allemagne, Belgique, Royaume-Uni) sont nettement moins critiques à cet égard : en Allemagne, seulement 33% se disent insatisfaits de leur pouvoir d’achat.

Les salariés europeens revendiquent une fidélité « par défaut » a leur entreprise mais sont en parallèle moins satisfaits de leur situation professionnelle

Les résultats 2013 révèlent que les salariés européens sont très largement fidèles à leur entreprise, dans un contexte économique difficile : 58% des salariés français déclarent ne pas songer à la quitter, ce chiffre atteignant 60% en Allemagne et 66% en Belgique.

Cette loyauté « par défaut » des salariés à l’égard de leur employeur s’accompagne d’une insatisfaction plutôt plus élevée que l’an passé à l’égard de la situation professionnelle, la mobilité  étant associée à une prise de risque : à titre d’exemple, 27% se déclarent insatisfaits en Allemagne (+2 points vs. 2012) et 45% en Espagne (+10 points vs. 2012).

Largement « fidèles » mais plus insatisfaits, la part d’Européens pensant souvent consacrer trop de temps à leur travail s’amplifie globalement par rapport à 2012 : 29% des salariés allemands (+7 points vs. 2012), 29% des français (-1 point vs. 2012), 29% des belges (+2 points vs. 2012), 37% des britanniques (+2 points vs. 2012), 37% des espagnols (+2 points vs. 2012), 35% des italiens (stable vs. 2012).

La capacité des modèles nationaux à entretenir la motivation des salariés est inégale selon les pays

L’édition 2013 du baromètre Edenred-Ipsos fait émerger une forte hétérogénéité des modèles nationaux.

En France, en Italie et en Espagne, on observe un déséquilibre marqué entre le sentiment d’implication des salariés et celui d’être, en parallèle, reconnu : seuls 43% des salariés français, 48% des italiens et 49% des espagnols se déclarent satisfaits de la reconnaissance de leur implication. Le potentiel de « frustration » est élevé. Il semble d’ailleurs être maximal en France, où seuls 23% des salariés attribuent une note de 8 à 10 à leur qualité de vie au travail (vs. 42% des salariés allemands, 40% des britanniques, 39% des belges, 31% des espagnols et 29% des italiens) et 38% affirment que leur motivation diminue – soit un taux record parmi les six pays du baromètre.

Les attentes des salariés espagnols, italiens et français sont très fortes vis-à-vis de leur entreprise, notamment pour la mise en œuvre d’actions en matière de gestion des talents (45% des salariés espagnols jugent insuffisantes les actions de leur employeur sur ce sujet) ou de transmission des compétences (37% des salariés italiens les jugent insuffisantes). De même, 55% des salariés français jugent insuffisante l’action de leur employeur dans le domaine du bien-être au travail (vs. 31% en Allemagne, 28% en Belgique, 28% au Royaume-Uni, 31% en Espagne et 34% en Italie).

En Allemagne et en Belgique, où les environnements de travail sont plus « contractuels » avec un relatif équilibre entre l’implication et les attentes - notamment en termes de reconnaissance : 55% des salariés allemands et 59% des salariés belges se déclarent satisfaits sur ce point ; dans ces pays, la démotivation est moindre (22% en Allemagne et 27% en Belgique).

Le modèle anglo-saxon, plus « opportuniste », repose quant à lui sur une distanciation forte du salarié à l’égard de son entreprise. Ce modèle résiste bien à la crise, notamment grâce à des politiques de ressources humaines particulièrement actives en matière de qualité de vie au travail et d’évolution professionnelle. Ainsi, 40% des salariés britanniques attribuent une note de 8 à 10 à leur qualité de vie au travail (vs. 23% en France).

Ces deux derniers modèles partagent la perception positive des salariés à l’égard des pratiques managériales : le responsable direct est bien jugé sur sa capacité à tenir ses engagements (64% des salariés belges vs. 58% des salariés français), à être attentif aux besoins (60% des salariés allemands vs. 49% des salariés italiens), à s’investir dans le développement des compétences (55% des salariés anglais) ou à valoriser la performance collective (66% des salariés allemands vs. 49% des salariés italiens).

Antoine Solom, Directeur international, Ipsos Loyalty, souligne : « En ces temps de crise, il ne faut pas se reposer sur la 'loyauté par défaut', mais au contraire développer des politiques actives et ciblées en direction des salariés, notamment dans les deux domaines clés que sont le bien-être au travail et le développement professionnel.»

1) Source : Eurostat - Février 2013

 

Fiche technique :

Edenred et Ipsos réalisent pour la huitième année consécutive une enquête auprès d’un large échantillon de salariés européens afin de mesurer leur motivation et leur bien-être dans le milieu professionnel. Cette année, 7 200 salariés européens (allemands, belges, britanniques, espagnols, français et italiens) ont participé à l’étude.

« Depuis la création du baromètre Edenred-Ipsos, nous avons interrogé plus de 65 000 salariés européens. En tant qu’observateur du marché de l’emploi, nous sommes sans cesse à l’écoute des tendances sociétales pour mieux décrypter les besoins et attentes des salariés », commente Jacques Stern, PDG d’Edenred.

Enquête online réalisée du 18 février au 15 mars 2013.

Antoine Solom

Directeur International, Ipsos LEAD

Julia Pironon

Directrice de clientèle, Ipsos LEAD

A la une en ce moment :