Baromètre politique : à la veille du premier tour de l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon prend la tête de notre baromètre de popularité

La popularité de Jean-Luc Mélenchon progresse très fortement en fin de campagne, avec 56% des Français qui ont désormais une opinion favorable du candidat de La France insoumise. C’est le plus haut niveau enregistré pour le leader du Front de Gauche dans notre baromètre. En revanche, François Fillon et Marine Le Pen reculent légèrement, alors que Emmanuel Macron et Benoît Hamon se maintiennent à un assez haut niveau de popularité.

LA POPULARITÉ DE JEAN-LUC MÉLENCHON PROGRESSE FORTEMENT ET ATTEINT SON PLUS HAUT NIVEAU

Après une forte progression de la popularité d’Emmanuel Macron le mois dernier, c’est au tour de Jean-Luc Mélenchon de bénéficier d’une très nette hausse de sa popularité dans le baromètre Ipsos/Le Point. A moins de deux semaines du premier tour de l’élection présidentielle, le leader de La France insoumise gagne ainsi 15 points d’opinions favorables pour s’établir à 56%, en tête de notre classement. Il devance donc non seulement Alain Juppé (50%) ou Jack Lang (48%), mais aussi Emmanuel Macron (48%, +1), qui a longtemps bénéficié d’une popularité inégalée parmi les prétendants à l’Elysée.

L’évolution de la popularité de Jean-Luc Mélenchon

 

Un tel niveau de popularité marque un record dans notre baromètre, bien supérieur aux 47% enregistrés, déjà, à la veille du premier tour de l’élection présidentielle de 2012. Parallèlement, le niveau des jugements défavorables à l’encontre du leader de gauche radicale retombe à son plus bas niveau depuis janvier 2011.

L’évolution de la popularité de Jean-Luc Mélenchon selon la sympathie partisane

Cette progression est d’autant plus significative qu’elle touche l’ensemble de la population. Ne disposant que d’une faible marge de progression avec 86% d’opinions favorables chez les sympathisants FdG, Jean-Luc Mélenchon n’y gagne que 2 points ce mois-ci. En revanche, il progresse très fortement à gauche (+15 points au PS à 76%, +16 points chez les sympathisants écologistes à 75%), mais aussi à droite (+18 points chez les sympathisants LR à 40%, +16 points chez les proches du FN à 38%), sans oublier le centre, où il gagne même 36 points chez les sympathisants En Marche ! pour s’établir à 61% d’opinions favorables.

A DROITE, LÉGER RECUL DE FRANÇOIS FILLON ET DE MARINE LE PEN ET PROGRESSION DE NICOLAS DUPONT-AIGNAN

Les tendances sont moins positives parmi les principaux candidats de droite. François Fillon recule ainsi de 4 points et recueille désormais 24% de jugements favorables (contre 70% de jugements défavorables) : c’est son plus bas niveau depuis son entrée dans le baromètre en mai 2002. Motif d’inquiétude supplémentaire pour le candidat LR, ce recul est encore plus marqué au sein de sa base électorale : il perd en effet 6 points chez les sympathisants Les Républicains, 62% d’entre eux lui accordant leur confiance.

La progression de Marine Le Pen, passée de 23% de jugements favorables en janvier à 30% en mars, semble enrayée, puisque ce mois-ci, seuls 27% (-3 points) des Français déclarent en avoir une opinion positive. Si la candidate du FN est massivement rejetée à gauche (11% de jugements favorables) et reste peu appréciée à droite (29% parmi les sympathisants LR et UDI), elle bénéficie en revanche du soutien inconditionnel de son camp : 96% des proches du FN déclarent porter sur elle un jugement favorable.

Dans ce contexte, Nicolas Dupont-Aignan semble peu à peu tirer son épingle du jeu. Il recueille désormais 29% de jugements favorables, en progression de 5 points par rapport au mois dernier. La dynamique d’opinion en sa faveur, si elle n’est pas aussi spectaculaire que celle de Jean-Luc Mélenchon, n’en reste pas moins solide et constante dans le temps, puisque le leader de Debout La France a gagné 14 points depuis le début de l’année, notamment grâce à des gains en termes de notoriété dans le cadre de la campagne électorale. C’est en particulier parmi les sympathisants LR (40%, +16 points depuis janvier) et FN (41%, +21 points) que cette progression s’est construite.

EMMANUEL MACRON COMME BENOÎT HAMON SE STABILISENT DANS LES PREMIÈRES PLACES DU CLASSEMENT

Après une forte hausse de 8 points le mois dernier, Emmanuel Macron reste stable en avril avec 48% d’opinions favorables (+1 points), en 4ème place de notre classement. Seule évolution significative par rapport au mois dernier, un assez net recul au centre-droit (-16 points au MoDem à 67%, -26 points à l’UDI à 46%), peut être en lien avec les nombreux ralliements de personnalités de gauche à sa candidature dans les dernières semaines.

L’évolution de la popularité des principaux candidats à l’élection présidentielle

Sur sa gauche, Benoît Hamon se maintient à la 5ème place de notre baromètre avec 39% de jugements favorables, stable par rapport au mois dernier. A noter toutefois que le candidat socialiste subit une certaine érosion de sa base (-11 points à 67% chez les sympathisants PS), qui le positionne non seulement derrière Jean-Luc Mélenchon (76%, +15 points) et Emmanuel Macron (72%, +10 points) dans cet électorat. Une évolution qui doit là aussi sans doute être mise en rapport avec les ralliements d’une partie des dirigeants PS au leader de En Marche !, mais aussi avec une campagne prenant ses distances avec le bilan du quinquennat et susceptible de déstabiliser l’électorat socialiste.

UN JUGEMENT TOUJOURS SÉVÈRE SUR L’ACTION DE FRANÇOIS HOLLANDE

Pour la dernière mesure de son quinquennat, François Hollande recueille 23% de jugements favorables, en léger recul (-2 points) par rapport au mois dernier. En revanche, 73% des Français portent un jugement défavorable sur l’action du président de la République. Bernard Cazeneuve bénéficie d’une meilleure image, avec 40% de jugements favorables, un chiffre globalement stable depuis son entrée en fonction. Les jugements défavorables sont à peine supérieurs (43%), en hausse de 1 point par rapport à mars.

Voir le baromètre de l'action politique Ipsos Le Point depuis 1996 :

Federico Vacas

Directeur Adjoint du département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs

Federico Vacas

Directeur Adjoint du département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs

Mathieu Gallard

Chef de Groupe, Ipsos Public Affairs

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