Alimentation durable : les Français de plus en plus attentifs à ce qu'ils mangent

A l’occasion des premières Rencontres de l'Alimentation Durable, la Fondation Daniel & Nina Carasso et Ipsos dévoilent les résultats d'un sondage sur les pratiques alimentaires des Français au regard des enjeux de durabilité (santé, environnement, contexte socio-économique) : leurs attentes, leurs comportements et leurs préoccupations.

LES CHIFFRES CLÉS

Les Français de plus en plus attentifs à ce qu'ils mangent. Au-delà de l’impact sur la santé, les dimensions sociales et environnementales de l’alimentation progressent. Une prise de conscience des Français et la volonté de changement et d’action pour une alimentation plus responsable.

Les Français déclarent consommer davantage de produits bons pour la santé (71%), de produits régionaux ou vendus en circuits courts (70%), et qu’ils ont tendance à réduire la quantité de nourriture qu’ils jettent (67%).

Plus de 3 Français sur 4 privilégient de façon régulière l’achat de produits frais

31% des sondés déclarent renoncer souvent ou systématiquement aux produits sur-emballés, 30% acheter directement aux producteurs, 29% achètent des produits dont ils ont l’assurance qu’ils permettent un juste revenu au producteur.

27% achètent régulièrement des produits Bio et 27% des fruits et légumes abîmés.

Les Français n’hésitent pas à écarter certains aliments de leur régime alimentaire : 64% l’ont déjà fait en raison de la présence d’additifs, 63% en raison de la teneur en sucre, en sel ou en matière grasse, 63% en raison de la présence de pesticides.

57% des sondés s’inquiètent de la qualité des produits qu’ils consomment...

83% disent ne pas avoir assez d’information sur l’impact social des produits (conditions de travail et de rémunération des producteurs), 78% sur l’impact environnemental et autant sur l’impact sur la santé.

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LES « COMPORTEMENTS DURABLES » DANS LE DOMAINE DE L’ALIMENTATION

Les Français déclarent avoir de plus en plus adopté des « comportements durables » dans le domaine de l’alimentation. Les pratiques permettant concrètement de réduire l’impact social et environnemental de l’alimentation sont fréquentes dans un tiers des foyers français.

  • Dans leur grande majorité, les Français disent que depuis deux ans, ils consomment davantage de produits bons pour la santé (71%), de produits régionaux ou vendus en circuits courts (70%), et qu’ils ont tendance à réduire la quantité de nourriture qu’ils jettent (67%).
  • Près d’une personne interrogée sur deux déclare consommer de plus en plus des produits ayant un faible impact sur l’environnement (47%), respectueux du bien-être animal (47%) et garantissant un juste revenu au producteur (44%).
  • Ceux qui disent avoir changé leurs comportements alimentaires en tirent de nombreux bénéfices parmi lesquels des repas de meilleur goût (38%) et le sentiment d’apporter leur soutien à l’agriculture locale (37%).
  • En pratique, 31% des Français déclarent renoncer souvent ou systématiquement aux produits sur-emballés, 30% disent acheter directement aux producteurs, 29% achètent des produits dont ils ont l’assurance qu’ils permettent un juste revenu au producteur, 27% achètent régulièrement des produits bio, 27% des fruits et légumes abîmés.



L’ORIGINE, LA SAISON ET LES CONDITIONS DE PRODUCTION COMPTENT PARMI LES CRITÈRES QUI GAGNENT EN IMPORTANCE DANS LES CHOIX DES CONSOMMATEURS

  • La saisonnalité (40%), les conditions de productions (34%), l’origine géographique (34%) et le respect de l’environnement (33%) font partie – juste après le goût/le plaisir (56%) et le prix (55%) – des critères les plus importants dans les choix alimentaires des Français. Ces aspects sont davantage mis en avant par les consommateurs que la praticité, la marque et même que la prévention des maladies liées à l’alimentation (diabète, obésité).
  • L’origine géographique et la saisonnalité sont, avec le prix, les trois critères auxquels les Français accordent de plus en plus d’importance ces dernières années. Ce résultat confirme l’attachement grandissant des Français au « consommer local » qui constitue pour eux une réponse à la crise de confiance dans les produits alimentaires.
  • Un attachement qui se traduit concrètement dans les habitudes de consommation : 42% des Français achètent systématiquement ou presque des fruits et des légumes de saison, 56% achètent régulièrement des aliments produits à proximité de chez eux.



AU QUOTIDIEN, LES HABITUDES ALIMENTAIRES DES FRANÇAIS SONT MARQUÉES PAR UNE RECHERCHE DE QUALITÉ

  • Plus de trois Français sur quatre (77%) privilégient de façon régulière l’achat de produits frais. Un sondé sur deux (50%) préfère systématiquement ou souvent les produits de qualité, quitte à les payer plus cher, presque autant (49%) achètent souvent ou systématiquement des produits qui portent un label de qualité.
  • Les Français n’hésitent pas à écarter certains aliments de leur régime alimentaire : 64% l’ont déjà fait en raison de la présence d’additifs, 63% en raison de la teneur en sucre, en sel ou en matière grasse, 63% en raison de la présence de pesticides.



AMÉLIORER L’IMPACT SOCIAL ET ENVIRONNEMENTAL DE SON ALIMENTATION

Une majorité de Français se dit prête à aller plus loin pour améliorer l’impact social et environnemental de son alimentation, notamment en favorisant les produits locaux et la lutte contre le gaspillage.

  • 75% des personnes interrogées se disent prêtes à consommer autant que possible des aliments produits à proximité, 70% à consommer essentiellement des produits de saison et 68% à acheter plus souvent des fruits et des légumes présentant des défauts ou abîmés, 61% à faire principalement leurs courses dans des magasins dont ils considèrent qu’ils proposent des produits durables (artisans, marchés, AMAP).
  • Le prix constitue le frein le plus important à l’achat de produits issus d’une agriculture responsable pour une large majorité de Français (83%). Les résultats de l’enquête montrent néanmoins que les consommateurs sont prêts à bousculer leurs pratiques. Pour une nette majorité d’entre eux, le fait que ces produits requièrent un temps de préparation plus long (58%) et impliquent de changer leurs habitudes de consommation (60%) ne constitue pas un frein important à l’achat : un signal encourageant pour les promoteurs de l’alimentation durable…



DES FRANÇAIS INQUIETS SUR LA QUALITÉ DES ALIMENTS QU’ILS CONSOMMENT

Les Français se disent de plus en plus inquiets ces dernières années sur la qualité des aliments qu’ils consomment et expriment de nombreuses craintes sur les questions d’alimentation.

  • L’enchaînement des scandales alimentaires met à mal le lien de confiance entre les Français et leur alimentation. Une nette majorité (57%) s’inquiète de la qualité des produits qu’ils consomment, un sentiment qui progresse fortement ces dernières années : plus d’un Français sur deux (52%) dit être davantage inquiet aujourd’hui qu’il ne l’était il y a deux ans.
  • Ce sentiment est encore plus présent au sein des catégories à faible pouvoir d’achat : les 18-24 ans (56%), les catégories populaires (58% des ouvriers) et les revenus les plus modestes (60%).
  • Les pesticides sont aujourd’hui au coeur des préoccupations (43% de citations), mais d’autres sujets d’inquiétude sont également présents à l’esprit des Français. Les craintes de la population sont en réalité multiples et recouvrent de nombreuses dimensions : la santé, le pouvoir d’achat mais aussi, et c’est un élément nouveau, les conséquences sociales et environnementales de l’alimentation.
    L’épuisement des ressources naturelles est évoqué par 26% des sondés, les conditions de vie des agriculteurs par 18% d’entre eux.



DES ATTENTES D’INFORMATION FORTES, TANT SUR LES PRODUITS ALIMENTAIRES QUE SUR LEUR IMPACT EN TERMES SOCIAUX, ENVIRONNEMENTAUX ET DE SANTÉ

  • Les attentes d’information sont très fortes sur les conséquences de la consommation alimentaire : 83% des sondés disent ne pas avoir assez d’information sur l’impact social des produits (conditions de travail et de rémunération des producteurs), 78% sur l’impact environnemental et autant sur l’impact sur la santé.
  •  En dépit de l’étiquetage, les Français disent ne pas avoir assez d’information sur des éléments aussi essentiels que la composition des produits (60%), les proportions exactes des ingrédients (60%) ou le lieu de conditionnement (67%).
  • Les attentes d’information concernant les portions et les fréquences de consommation conseillées viennent ensuite (54%).
  • Le sentiment d’information est meilleur sans pour autant être pleinement satisfaisant sur la teneur en calories, en sel, en gras ou en sucre (49% estiment avoir le bon niveau d’information) ou sur la date jusqu’à laquelle les produits peuvent être consommés sans danger (67%).


Fiche technique :
Sondage réalisé pour la Fondation Daniel et Nina Carasso. 1 022 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus. Interrogation par internet du 30 septembre au 4 octobre 2016.

Etienne Mercier

Directeur du département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs

Etienne Mercier

Directeur du département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs

Vincent Dusseaux

Directeur d'études, Ipsos Public Affairs

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