Santé : l’appel des Français aux candidats à la présidentielle

A l’occasion du Forum France Santé 2017 qui se tiendra le 8 juin, et à moins d’un an de l’élection présidentielle, le Think tank Imaginons la Santé et Ipsos publient un sondage sur les attentes des Français. 


L’AVENIR DU SYSTÈME DE SANTÉ : UN SUJET AU CŒUR DU DÉBAT DE LA PRÉSIDENTIELLE SELON LES FRANÇAIS

Plus d’1 Français sur 2 estime que leurs enfants seront moins bien soignés qu’eux-mêmes dans les 10 prochaines années (55%).
La grande majorité de Français considère que la situation du système de santé devient préoccupante en ce qui concerne l’accès aux soins, notamment le nombre de médecins sur le territoire (89% jugent la situation préoccupante), les délais d’obtention d’un rendez-vous avec un spécialiste (86%), les délais pour réaliser des examens médicaux approfondis (76%) ou encore la communication sur le dossier médical entre la médecine de ville et l’hôpital (55%). 44% se disent aussi préoccupés par la qualité des soins au sein du système hospitalier français. Sans réforme réalisée dans les 5 ans, les Français anticipent une dégradation très forte du système et notamment le déremboursement de nombreux traitements ou actes de santé (93%), une augmentation très forte du reste à payer (92%), le développement d’une médecine à deux vitesses (90%), une augmentation importante des délais d’accès aux soins (88%), voire à une diminution de l’espérance de vie (48%). 

Plus de 8 Français sur 10 estiment que les questions de santé occupent une place insuffisante dans le débat de l’élection présidentielle (81%). Pour 45% d'entre eux, il est urgent de mettre en place une réforme du système de santé Français. 
Pour 7 Français sur 10, il faut l’amorcer dès le prochain mandat présidentiel (69%).

LA MODERNISATION DU SYSTÈME DE SOIN : UNE VOLONTÉ RÉCLAMÉE PAR LES FRANÇAIS

Plus d’1 Français sur 2 est insatisfait des délais pour obtenir un RDV avec un spécialiste (59%), un rendez-vous à l’hôpital (54%) ou de la coordination des rendez-vous à l’hôpital (50%).
Dans leur parcours de soins 42% des Français affirment qu’il est fréquent que les médecins qui les suivent en ville et à l’hôpital ne communiquent pas entre eux, 38% en ce qui concerne les personnels de santé hospitaliers entre eux.
Le manque de communication entre les professionnels de santé et la coordination des soins est d’autant plus mal vécu qu’aujourd’hui quasiment 1 Français sur 2 déclare ne pas disposer des connaissances et des relations nécessaires pour trouver le meilleur établissement de santé (40%) ou le meilleur spécialiste (44%) en cas de problème de santé grave.

L’accessibilité aux professionnels de santé se dégrade aussi et notamment les délais d’attente pour consulter un spécialiste (69% disent qu’ils se sont détériorés depuis 5 ans), la facilité à trouver un MG le soir ou le weekend (63%) et le temps d’attente aux urgences (62%).

DES FRANÇAIS PRÊTS À INNOVER POUR SIMPLIFIER LEUR PARCOURS DE SOIN

Les Français se disent prêts à accepter de donner accès à leur dossier médical à des scientifiques pour faire avancer la recherche (73%), à ne plus aller directement chez le médecin et à privilégier un échange téléphonique ou internet (73%), à avoir recours plus souvent à l’automédication (71%), à accepter que le pharmacien substitue au médicament princeps un générique chaque fois que cela est possible (70%), à participer à des protocoles scientifiques d’étude des personnes qui souffrent des mêmes problèmes qu’eux (62%) ou encore à être soignés par leur pharmacien pour des problèmes de santé bénins (61%).
Ils se montrent aussi favorables à la délégation de certains actes médicaux simples pour désengorger les cabinets médicaux : qu’ils soient réalisés par des infirmiers (77%), des opticiens (63%) ou des pharmaciens (55%).

Les Français sont moins enclins à soutenir les efforts financiers qui pourraient leur être demandés, ils sont majoritairement opposés au déremboursement des médicaments que l’on peut acheter sans ordonnance même avec une prescription médicale (63%), à l’augmentation du reste à charge (70%), à l’augmentation de leur cotisation à la sécurité sociale (75%) ou à la mutuelle (79%).

LA E.SANTÉ POUR ACCOMPAGNER OU RETARDER L’ARRIVÉE DE LA MALADIE

Aujourd’hui, 17% des Français utilisent déjà des applications e-santé (pour mieux gérer les problèmes qu’ils rencontrent, contrôler leur alimentation ou surveiller leur activité physique).
Plus d’1 Français sur 2 se dit prêt à utiliser des applications connectées : pour permettre la collecte à distance et l’interprétation des données santé par le médecin qui les suit (64%), pour améliorer l’observance à travers le rappel de prise de traitement (52%), pour le suivi des données médicales (56%) ou encore l’échange entre patients atteints de la même maladie (47%).
78% des Français se déclarent aussi favorables au partage de leurs données santé avec l’ensemble des professionnels de santé qui les suivent et beaucoup accepteraient de rendre accessibles ses données collectées sur des objets connectés (44%).

Les Français estiment que les nouvelles technologies et des données numériques sont un facteur d’amélioration de la sécurité des soins et notamment en permettant de réduire les risques d’interactions médicamenteuses (81%), d’adapter très rapidement le traitement en fonction de l’évolution de l’état de santé (81%), ou encore d’identifier et de traiter plus rapidement les effets secondaires des traitements (76%).
Les outils E-santé sont également vus comme un accélérateur de prise en charge des patients : en alertant plus rapidement le patient sur une dégradation de son état de santé (78%), en contrôlant plus régulièrement et plus rapidement l’évolution des maladies (79%), en retardant le plus longtemps possible le déclenchement de certaines maladies grâce à un meilleur suivi préventif (70%), en permettant aux patients d’obtenir un rdv plus rapidement avec un médecin (66%) ou pour des examens médicaux (66%)…

Fiche technique :
Étude réalisée online, du 27 au 31 Mai 2016, sur un échantillon représentatif de 2 000 Français âgés de 18 ans et plus (méthode des quotas INSEE). 

Luc Barthélémy

Directeur d’études, Ipsos Public Affairs

Luc Barthélémy

Directeur d’études, Ipsos Public Affairs

Etienne Mercier

Directeur du département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs

Commentez cet article :

Identifiez-vous et inscrivez-vous rapidement et gratuite pour commenter cet article

A la une en ce moment :