Les conducteurs européens peinent à adopter des comportements plus sûrs

En ce début d’année 2016, la Fondation VINCI Autoroutes pour une conduite responsable et Ipsos ont souhaité faire un nouveau point sur le comportement des Européens au volant. Voici les enseignements.

DES EUROPÉENS TOUJOURS PLUS FATALISTES FACE À LA VIOLENCE ROUTIÈRE

Après plusieurs années de recul notable du nombre de victimes d’accidents de la route en Europe (-18% entre 2010 et 2014), la baisse de la mortalité routière s’est ralentie (-1% entre 2013 et 2014 ; chiffres définitifs pour l’UE non disponibles pour 2015 à ce jour) [1]. Certains grands pays européens voient même le nombre annuel de décès sur la route augmenter à nouveau (2 années consécutives de hausse dans le cas de la France).

Les Français comme les Grecs en ont d’ailleurs bien conscience : 68% des Français et 61% des Grecs ont en effet le sentiment que le nombre de personnes ayant péri sur la route a plutôt augmenté dans leur pays en 2015. Mais ce sont les deux seuls pays dans lesquels ce sentiment est majoritaire. En Grande-Bretagne et en Italie, c’est l’impression de stabilité qui l’emporte. Quant aux autres pays sondés, ils considèrent plus souvent que le nombre de victimes de la violence routière en 2015 a baissé. Dans de nombreux pays, les statistiques définitives sur la mortalité routière en 2015 n’étant pas encore disponibles, il n’est pas aujourd’hui possible de confronter ces opinions à la réalité.

Toujours est-il qu’en 2014, 25 700 Européens se sont tués sur les routes et plus de 200 000 ont été sérieusement blessés, des chiffres dont on ne saurait se satisfaire. Pourtant, depuis 2 ans, nous observons une inquiétante montée du fatalisme des Européens face aux nombres de victimes de la violence routière dans leur pays.

En 2016, seul un Européen sur deux considère que le nombre de personnes tuées sur les routes peut encore baisser de façon très importante, et ce sentiment est en recul dans la quasi-totalité des pays sondés (à l’exception de la Pologne). C’est en Espagne qu’on reste néanmoins le plus convaincu qu’il est encore possible d’agir (68%), en Suède (57%), en France (55%) et en Italie (52%), des pays qui ne figurent pas parmi les plus mauvais élèves en termes de mortalité routière (en nombre de morts par million d’habitants).

Mais sur l’ensemble des pays sondés, désormais 51% des Européens ont le sentiment qu’il sera difficile de faire beaucoup baisser le nombre de tués, la route étant considérée comme nécessairement dangereuse. Ce sentiment est partagé par une large majorité d’Allemands (64% ; +6 par rapport à 2015), de Slovaques (68% ; un pays dans laquelle la mortalité routière a pourtant progressé de +16% entre 2013 et 2014) et de Grecs (67% ; +10 par rapport à 2015). Le nombre de tués en Grèce a certes baissé de 9% entre 2013 et 2014, mais reste l’un des plus élevés en Europe rapporté à sa population, avec 72 morts par million d’habitants contre 51 en moyenne pour l’UE.

LES SUÉDOIS, CONSIDÉRÉS COMME LES CONDUCTEURS LES PLUS RESPONSABLES EN EUROPE, À JUSTE TITRE

Interrogés sur le pays modèle à leurs yeux en matière de conduite responsable, les Européens désignent cette année encore la Suède comme la patrie des conducteurs modèles, à juste titre puisque la Suède (avec les Pays-Bas, la Grande-Bretagne et Malte) figure parmi les pays européens dans lesquels le nombre de victimes de la route par million d’habitants est le plus faible (moins de 30 tués par million d’habitants pour ces 4 pays). Les Suédois se montrent particulièrement fiers de leurs capacités de conducteurs, puisque 61% d’entre eux désignent leur pays comme la patrie des conducteurs responsables.

L’Allemagne est citée en 2ème position, avec 25% des Européens qui la considèrent comme le véritable modèle. Ce ne sont pas les Allemands eux-mêmes qui se montrent les plus prompts à se faire des compliments, loin de là (22% désignent leur pays comme un modèle). Les Grecs et les Polonais sont bien plus nombreux à les désigner comme les meilleurs conducteurs européens (32%).
Si au regard du nombre de victimes de la violence routière par million d’habitants la Grande-Bretagne et les Pays-Bas méritent d’être cités parmi les pays dont les conducteurs se montrent les plus responsables (en 3ème et 4ème position), l’Allemagne ne mérite pas totalement sa bonne réputation. Avec 42 tués par million d’habitants, elle fait « mieux » que la moyenne européenne, mais moins bien que la GB ou les Pays-Bas. 

LES ITALIENS, TOUJOURS JUGÉS LES PLUS IRRESPONSABLES, DEVANT LES GRECS ET LES POLONAIS

Quant à la patrie des conducteurs irresponsables, il s’agit selon les Européens avant tout de l’Italie. Les Italiens en sont d’ailleurs les plus convaincus (51% d’entre eux désignent leur pays comme celui des conducteurs les plus irresponsables, contre 28% en moyenne). Si la mortalité routière des motocyclistes est particulièrement élevée en Italie (21% des victimes contre 15% en moyenne pour l’UE), le nombre de tués par million d’habitants en Italie est conforme à la moyenne européenne.

Les Grecs et les Polonais, cités respectivement en 2ème et 3ème position en matière d’irresponsabilité au volant, semblent davantage encore que les Italiens mériter de figurer sur ce triste podium, de leur aveu même. Dans ces deux pays, la mortalité routière rapportée à la population est significativement plus élevée qu’en Italie. 

UNE DIFFICILE AUTOCRITIQUE

Si les Européens n’hésitent pas à critiquer les comportements irresponsables de leurs compatriotes, il ne faut pas en déduire qu’ils se livrent facilement à leur autocritique. Dans tous les pays considérés (que ses ressortissants le jugent ou non comme un modèle de conduite responsable), le mauvais conducteur, c’est l’autre.

Ainsi, lorsqu’ils évaluent leurs qualités de conducteurs, les Européens s’attribuent la note moyenne de 7,7/10, une évaluation très honorable. Même dans les pays dans lesquels la mortalité routière est la plus élevée, les Européens s’attribuent toujours plus de 7/10 (7,9/10 en Grèce par exemple). Les plus modestes sont les Polonais, avec 7,3/10. Les jeunes conducteurs se montrent quant à eux à peine plus modestes que leurs aînés (7,5/10 pour les moins de 35 ans contre 7,8/10 pour ceux âgés de 35 ans et plus) et les femmes que les hommes (7,6/10 contre 7,8/10).

Invités à décrire par deux adjectifs leur propre attitude au volant, les conducteurs européens n’hésitent pas à se faire des compliments : 97% d’entre eux citent au moins une attitude positive. Ils seraient vigilants (75%), calmes (55%), courtois (27%) et conscients de leur vulnérabilité (5%). Seuls 14% reconnaissent dans le même temps avoir au moins un défaut : 10% concèdent qu’ils sont stressés au volant, 4% qu’ils peuvent se montrer agressifs et seulement 1% irresponsables.

Pourtant, quand ils doivent décrire le comportement des autres conducteurs, 84% emploient au moins un adjectif négatif : 47% les jugent irresponsables, 37% stressés, 32% agressifs et 26% dangereux. Seuls 32% emploient au moins un adjectif positif pour les décrire.

Les Grecs sont les plus critiques quant aux conducteurs qu’ils croisent sur la route (98% emploient pour les décrire au moins un adjectif négatif, contre 73% en Espagne où on est le moins critique). L’agressivité des conducteurs est particulièrement soulignée en Grande-Bretagne (40%). Les Britanniques ne sont pourtant pas les conducteurs qui sont les plus enclins à l’incivilité au volant.

Si les incivilités au volant sont répandues à travers toute l’Europe, les pays du Sud ont encore plus tendance à s’illustrer négativement en la matière, qu’il s’agisse d’injurier les autres conducteurs (70% des Grecs avouent le faire, contre 54% en moyenne), de coller délibérément le véhicule d’un conducteur qui les énervent (44% des Grecs le font contre 30% en moyenne) ou de klaxonner de façon intempestive les conducteurs qui les énervent (66% des Espagnols le font contre 47% en moyenne), une mauvaise habitude qui progresse dans de nombreux pays, dont la France (53% ; +4 points par rapport à l’année dernière). Conséquence logique de cette géographie des incivilités, les Français, les Espagnols et les Grecs sont ceux qui disent le plus souvent avoir peur du comportement agressif d’un autre conducteur (85%).

LA VITESSE EXCESSIVE, UNE CAUSE RECONNUE D’ACCIDENTS MAIS DES ÉCARTS ENCORE TROP FRÉQUENTS

Les Européens ont conscience que la vitesse excessive est l’une des principales causes d’accidents mortels sur autoroute (44% la citent, devant la somnolence, l’inattention ou encore la conduite sous l’emprise d’alcool ou de stupéfiants). Dans la majorité des pays sondés, on observe d’ailleurs une conscience accrue de la dangerosité de la vitesse sur autoroute (+9 pour la GB par rapport à 2015 ; +5 pour la Suède et la Pologne par exemple).

Pourtant, dépasser les limitations de vitesse reste un acte banalisé : 90% des Européens déclarent en effet qu’il leur arrive de dépasser de quelques km/h la limitation de vitesse indiquée, dont 15% souvent, les plus à blâmer étant les Suédois  (94% le font dont 22% souvent) qui ne sont donc pas des conducteurs parfaits, et de manière plus générale les hommes de moins de 35 ans (22% le font souvent).  Les conducteurs européens peinent également à lever le pied, que ce soit pour respecter les distances de sécurité (63% avouent qu’il leur arrive de ne pas les respecter ; 76% en France) ou à proximité d’une zone de travaux (53% reconnaissent ne pas toujours le faire ; et même 66% en Belgique). 

DES COMPORTEMENTS À RISQUE LIÉS AUX OBJETS CONNECTÉS PARTICULIÈREMENT PRÉOCCUPANTS 

Bien que l’on estime que l’utilisation du téléphone au volant multiplie les risques d’accidents (il est responsable d’un accident sur dix selon la sécurité routière française), les conversations téléphoniques au volant restent banalisées.
L’utilisation d’un téléphone tenu en main au volant est aujourd’hui interdite dans tous les pays européens. Pourtant, près d’un Européen sur trois continue de téléphoner sans kit mains libres, les plus mauvais élèves en la matière étant les Grecs (55% le font), les Slovaques (50%) et les Polonais (48%), mais aussi les Suédois (44%). Cette mauvaise habitude tend néanmoins à reculer dans tous les pays, à l’exception de la Grèce.
Téléphoner en conduisant avec une oreillette ou un des écouteurs est également interdit dans de nombreux pays européens, dont la France. Pourtant, 31% des Européens avouent le faire (52% en Grèce).
Enfin, téléphoner en conduisant avec un système de conversation Bluetooth avec haut-parleur intégré (seule pratique autorisée en France par exemple) est désormais largement répandu (42% des Européens le font). Cette pratique n’est néanmoins pas sans risque, car elle diminue elle aussi l’attention que le conducteur porte à la route.
Les Européens sont pourtant majoritairement conscients de la dangerosité de l’utilisation du téléphone au volant, et 74% d’entre eux se prononcent même en faveur de son interdiction totale. Les réfractaires à la mesure sont plus nombreux chez les hommes (28%) et les moins de 35 ans (30%), particulièrement friands des objets connectés.

Parmi les comportements liés aux objets connectés les plus inquiétants, on note l’envoi ou la lecture de SMS ou de mails en conduisant (25% des Européens le font ; et même 42% des moins de 35 ans, les jeunes femmes étant en la matière autant à blâmer que les jeunes hommes). Ces SMS ou mails ont parfois un caractère professionnel : 22% des actifs européens qui conduisent expliquent aujourd’hui qu’il leur arrive d’envoyer ou répondre à des SMS ou des mails professionnels lorsqu’ils conduisent.

Paramétrer son GPS tout en roulant est également une pratique dangereuse de plus en plus courante : 37% des Européens le font, et cette pratique progresse dans de nombreux pays, dont la France (36% ; +5 points par rapport à l’année dernière). Il s’agit d’une mauvaise habitude particulièrement répandue en Allemagne (48%), mais qui tend à reculer (-3).

Signaler aux autres conducteurs un événement via une application smartphone ou un outil d’aide à la conduite tout en conduisant est également en progression dans de nombreux pays européens : 15% le font. Il s’agit d’une pratique particulièrement répandue en Grèce (25% ; +3) et en Slovaquie (25%).

ALCOOL AU VOLANT, DES EUROPÉENS ENCORE TROP LAXISTES

Les conducteurs européens considèrent le fait de conduire en ayant bu plus que la limite autorisée comme le comportement le plus risqué au volant (57%), davantage même que la conduite sous l’emprise de stupéfiants (36%).
Pourtant, ils sont encore bien trop nombreux à s’affranchir des limites autorisées par leurs législations nationales respectives.
La majorité des pays sondés ont une tolérance de maximum 0,5 g/l dans le sang, soit environ 2 verres (sauf pour les jeunes conducteurs pour lesquels la tolérance est souvent abaissée).
Seule la GB se montre plus permissive, avec 0,8 g/l (hors Ecosse), alors que la Suède et la Pologne tolèrent au contraire un maximum de 0,2 g/l, et la Slovaquie 0.

Or avec des Européens qui s’interdisent de prendre le volant après 2 verres en moyenne, les législations nationales ne sont souvent pas respectées. Les plus gros buveurs se rencontrent ainsi en Belgique (2,7 verres en moyenne) ou encore en Grèce (2,7 également), alors que 2 verres suffisent à dépasser la limitation en vigueur dans ces deux pays.
Même les Slovaques, qui s’interdisent de prendre le volant après 1,1 verre en moyenne, ne respectent pas la législation de leur pays, puisqu’il applique une tolérance zéro.

Notons que 12% des Européens fixent la limite au-delà de 3 verres ou plus (15% des hommes contre 10% des femmes) et 5% ne font pas attention.
C’est de très loin en France, en Belgique et en Grèce que l’on rencontre la proportion la plus importante de conducteurs qui prennent le volant après avoir bu plus de 3 verres ou ne font pas attention (plus d’un tiers des conducteurs dans chacun de ces pays).
Logiquement, c’est dans ces trois pays que l’on rencontre la plus forte proportion de conducteurs admettant qu’il leur arrive de conduire en étant au-dessus de la limite d’alcool autorisée –sans pour autant ressentir les effets de l’alcool- : c’est le cas de 11% des Européens, mais de 16% des Français, 24% des Belges, et même 33% des Grecs. Quant au fait de conduire en ressentant les effets de l’alcool sur son état physique ou sa perception, 5% reconnaissent le faire (5% également en France, 7% en Belgique mais 15% en Grèce).

Quant au fait de conduire en ayant consommé du cannabis ou des drogues (2% des conducteurs européens admettent le faire, il s’agit d’une pratique extrêmement dangereuse plus répandue chez les jeunes - 5% des moins de 35 ans contre 1% des 35 ans et plus). Elle est un peu plus courante chez les jeunes hommes (6% chez les hommes de moins de 35 ans) que chez les jeunes femmes (4% le font tout de même) et surtout observée en Grèce (4%).

DÉPARTS EN VACANCES ET LONGS TRAJETS : ATTENTION À LA FATIGUE

Si l’hypovigilance est un danger qui guette les conducteurs tout au long de l’année, les périodes de grands départs sont particulièrement à risque en la matière.

Déjà fatigués de leur rythme de vie habituel (25% des conducteurs européens déclarent dormir 6h ou moins la semaine lorsqu’ils travaillent ; et même 33% en Grèce), les Européens sont nombreux lorsqu’ils partent pour un long trajet à se coucher plus tard ou se lever plus tôt que d’habitude (80% le font au moins de temps en temps), à finir leurs préparatifs de départ tard dans la soirée avant le départ (75%) voire à partir de nuit (67%).

Partis fatigués, les Européens n’adoptent pas toujours les bons réflexes pendant le trajet pour maintenir leur vigilance : 30% ne changent jamais de conducteur au cours du trajet et 44% ne s’arrêtent jamais pour faire une sieste.
De plus, seuls 30% des conducteurs respectent la recommandation d’une pause toutes les deux heures maximum. La pause se fait en moyenne toutes les 3h06, les Polonais étant les conducteurs qui s’arrêtent le moins régulièrement (toutes les 3h54 en moyenne).

Les conducteurs européens n’ont d’ailleurs pas toujours conscience de la dangerosité de la fatigue : 29% pensent en effet qu’il est possible de conduire en état de fatigue. Ils sont nombreux à penser qu’il existe des moyens efficaces de lutter contre la somnolence au volant : faire une sieste certes (80% ; bien que 20% en doutent), mais ils pensent à tort que d’autres solutions efficaces existent, telles que discuter avec un passager (80%), boire du café (65%), mettre de la musique ou écouter la radio (62%), conduire la fenêtre ouverte (59%), grignoter (36%) ou même téléphoner au volant (10% ; et même 17% en Suède !).

Les Européens sont d’ailleurs nombreux à s’être déjà mis en danger parce qu’ils étaient trop fatigués : 42% déclarent en effet qu’il leur est déjà arrivé de se sentir très fatigués mais de continuer leur route parce qu’ils y étaient contraints (les plus nombreux à l’avoir fait étant les Allemands : 52% ; -3 points néanmoins par rapport à l’année dernière).
Les Européens sont d’ailleurs nombreux à déclarer avoir déjà rencontré des incidents liés à l’hypovigilance : 25% ont déjà eu l’impression de s’être assoupis durant quelques secondes au volant et 14% ont déjà empiété sur la bande d’arrêt d’urgence ou sur le bas-côté à cause d’un moment d’inattention ou d’assoupissement. La proportion d’Européens déclarant avoir déjà eu un accident parce qu’eux-mêmes ou un autre conducteur était trop fatigué est de 7% (et même de 13% en Pologne, où l’on s’arrête le moins souvent pour faire une pause), sachant qu’il reste difficile d’évaluer la proportion d’accidents causés par la fatigue, celle-ci pouvant se combiner avec d’autres facteurs (vitesse, alcool...).

[1] Cf. Road Safety in the European Union : trends, statistics and main challenges, March 2015

Fiche technique :
3ème édition du baromètre européen de la conduite responsable. 13 634 Européens ont été interrogés dans 11 pays emblématiques de l’Union Européenne (la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Italie, l’Espagne, la Suède, la Belgique, la Grèce, la Pologne, les Pays-Bas et la Slovaquie). Dans chacun de ces pays, 1000 personnes au minimum ont été interrogées, les échantillons constitués étant tous représentatifs de la population nationale âgée de 15 ans et plus. Les interviews ont été réalisées par internet, du 1er février au 7 mars 2016.

Etienne Mercier

Directeur du département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs

Amandine Lama

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