Les jeunes et les maladies mentales

Les jeunes constituent une cible privilégiée en matière de prévention des troubles de la santé mentale (les trois quarts des pathologies psychiatriques débutent avant l'âge de 25 ans). Pour assoir les bases de son projet de prévention, Ipsos et la Fondation Pierre Deniker ont souhaité dresser un état des lieux des perceptions et des représentations des maladies mentales et en mesurer la prévalence.

Trois cibles ont été interrogées : les jeunes eux-mêmes, mais aussi ceux qui constituent leur entourage au quotidien – les parents et les enseignants.

Premier enseignement de cette enquête, les jeunes affichent un haut niveau de bien-être : l’isolement, l’agressivité ou la déprime sont l’exception plutôt que la règle. Alors que les parents confirment, les enseignants, quant à eux, sont plus nuancés.

Malgré ce sentiment de bien-être affiché, beaucoup de jeunes ressentent dans leur vie quotidienne des symptômes de type psychotique. Un constat alimenté par un chiffre fort : plus d’un jeune sur deux (55%) a déjà connu des difficultés de santé mentale, 22% au point d’être fortement gênés au quotidien.
Néanmoins, les jeunes semblent majoritairement prêts à en parler (87%), mais attention : une partie de ceux qui sont concernés préfère le cacher (33%).
Par ailleurs, c’est avant tout vers l’entourage (famille, amis) que se tournent les jeunes, avant de faire appel à un professionnel de santé.

Autre enseignement majeur de cette enquête, les maladies mentales demeurent mal connues des jeunes, des parents comme des enseignants et sont souvent stigmatisées : un jeune sur deux (51%) pense que les personnes atteintes de maladies mentales sont dangereuses pour leur entourage, contre plus d’un parent et un enseignant sur trois. Le soutien des proches et la psychothérapie sont considérés comme les meilleurs moyens d’aider un jeune touché par une maladie mentale.

D’un côté, les parents et les enseignants pensent que l’école a un rôle à jouer en matière de prévention : une large majorité d’enseignants (88%) souhaite d’ailleurs être mieux informée sur la prévention des maladies mentales. De l’autre, près d’un jeune sur trois prêt à se tourner vers le personnel éducatif pour obtenir une aide psychologique. 

Découvrez les résultats détaillés de l'enquête :

Fiche technique :
Étude réalisée online, du 2 au 12 février 2016, sur :
 - 603 jeunes constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 15 à 25 ans.
 - 601 parents constituant un échantillon représentatif de parents d’enfants de 11 à 25 ans.
 - 235 enseignants constituant un échantillon représentatif cette catégorie professionnelle.

Etienne Mercier

Directeur du département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs

Luc Barthélémy

Directeur d’études, Ipsos Public Affairs

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