Qu'est-ce que les jeunes des grandes écoles attendent de leur emploi ?

Dans le cadre du Prix de l’Entrepreneur Social dont la 9e édition se déroulera le 3 février, Ipsos, la Conférence des grandes écoles (CGE) et le Boston Consulting Group (BCG) publient aujourd’hui les conclusions de leur consultation inédite auprès des jeunes des Grandes écoles concernant leurs attentes professionnelles : « Talents : ce qu’ils attendent de leur emploi. Et si l’Economie Sociale et Solidaire était une solution ? ».

La consultation met en lumière ce qui compte vraiment pour les étudiants dans leur vie professionnelle, et vise à déterminer la place de l’Economie Sociale et Solidaire (« ESS ») et de l’entrepreneuriat social dans ces critères de choix. Elle permet aujourd’hui de faire le portrait d’une génération dont les membres ne sont pas centrés sur eux-mêmes et qui apparaissent de plus en plus intéressés par l’Economie Sociale et Solidaire. Cette consultation a aussi été faite auprès des alumni des mêmes écoles qui corroborent globalement les réponses des étudiants : le passage à la vie active n’affecte pas en profondeur les attentes ou l’implication.

LES JEUNES VEULENT ÊTRE EN PHASE AVEC LEUR EMPLOI ET AVEC SON UTILITÉ SOCIALE

Une génération qui exige que son emploi ait un sens et soit un vecteur de développement personnel

Le contenu de l’emploi et l’ambiance au travail comptent plus que les conditions matérielles associées à un métier. Ainsi, si plus de huit étudiants sur dix considèrent que l’intérêt du poste et le bien-être au travail sont des critères de choix primordiaux ou très importants, moins d’un sur deux en disent de même pour la rémunération ou le temps de travail.

Les talents sont exigeants vis-à-vis de la qualité de leur futur emploi. Parmi les critères définis comme primordiaux ou très importants l’intérêt du poste (88%), l’ambiance (84%) et l’alignement avec ses valeurs (75%) caractérisent en premier lieu leurs attentes.

Des étudiants qui cherchent à créer du sens. Utilité (97%), innovation (94%) et développement des compétences d’autrui (88%) seraient les trois premières sources de fierté des jeunes au cours de leur carrière.

Les jeunes des Grandes écoles témoignent ainsi d’un fort engagement

Au service des autres. Alors que 53% des étudiants considèrent qu’être utile aux autres est un pré-requis absolu dans le cadre de leur travail, ils définissent d’abord un travail utile comme un travail qui sert l’intérêt général (65%), qui améliore la vie des gens (54%) et qui permet de changer les choses (40%).

Ils agissent en fonction de leurs convictions. 54% des étudiants interrogés sont engagés dans une association, (contre 31% des Français d’après une autre étude réalisée par Ipsos) et près d’un sur cinq choisirait idéalement de travailler dans une association ou une ONG.

Des jeunes concernés par les problématiques environnementales. L’environnement arrive en tête des secteurs dans lesquels les étudiants souhaitent travailler (62% témoignent un intérêt pour ce secteur) et c’est aussi la cause sociale qui les séduit le plus (52%), devant l’éducation (50%) et l’insertion et le développement économique (34%).

« Cette génération est souvent stigmatisée car elle bouscule les codes du travail établis depuis de nombreuses années. » commente André Bismuth, Chargé de Communication au sein de la CGE. « Or ce que nous constatons avec cette consultation, c’est que les jeunes ont une volonté forte de s’engager et ont des attentes positives vis-à-vis du monde professionnel. Ils sont prêts à s’y impliquer avec la volonté de faire bouger les lignes. Ils sont prêts à participer à la construction d’un monde qui vient. Il incombe aux écoles, qui le font déjà grandement et aux entreprises de les accompagner le plus étroitement et le plus efficacement possible. »

 

LES ATTENTES DES ÉTUDIANTS COÏNCIDENT AVEC LES VALEURS DE L’ÉCONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE

Economie Sociale et Solidaire et entrepreneuriat social : une sphère attractive aux contours incertains

Un secteur qui attire les jeunes. Un étudiant sur deux aimerait travailler dans ce secteur et sept sur dix aimeraient le découvrir à travers un stage. De plus, ils sont 80% à penser que ce secteur va se développer dans les années à venir.

Pourtant leur connaissance du secteur est limitée. Les étudiants ont majoritairement déjà entendu parler d’Economie Sociale et Solidaire (84%) et d’entrepreneuriat social (75%) mais la moitié d’entre eux ne voit que vaguement ce dont il s’agit : 54% pour l’ESS et 52% pour l’entrepreneuriat social. C’est d’ailleurs le manque de connaissance qui est identifié comme principal frein à leur engagement dans ce secteur (23% des répondants).

Une appétence encore plus forte chez les alumni, consultés également sur le sujet. Ils sont eux deux sur trois à vouloir y travailler, et ils sont 96% à avoir entendu parler d’Economie Sociale et Solidaire.

Les femmes témoignent d’une meilleure connaissance du secteur et d’un attrait plus fort

Elles le connaissent mieux. Elles sont 87% à avoir entendu parler de l’ESS (vs. 81% pour les hommes), et 79% de l’entrepreneuriat social (vs. 71%).

Elles sont plus nombreuses à vouloir s’y engager. 61% d’entre elles aimeraient travailler dans ce domaine et 78% y faire un stage contre respectivement 45% et 67% chez les hommes.

Enfin, elles sont plus en phase avec les valeurs de l‘ESS. 56% sont en faveur du principe « Un homme/une femme, une voix » dans l’entreprise (vs. 46%) et 69% pensent que les rémunérations devraient être encadrées dans l’ESS (vs. 65%).

« Cette consultation nous a permis de comprendre que l’Economie Sociale et Solidaire ainsi que l’entrepreneuriat social attiraient les étudiants alors même qu’ils n’étaient pas certains du champ d’activité couvert par ces secteurs. » explique Brice Teinturier, Directeur Général Délégué France d’Ipsos. « Nous avons aussi été surpris de l‘appétence des femmes pour ce secteur, elles sont mêmes plus confiantes en son avenir que les hommes. L’analyse nous permet de penser qu’avec le développement de la connaissance du secteur par le grand public et au sein de nos grandes écoles, il prendra encore plus d’importance à l’avenir. »

Des talents confiants pour l’avenir et pour qui la rémunération n'est pas une priorité

L’argent ne semble avoir que peu d’influence sur les décisions professionnelles des talents. La rémunération est classée en dixième critère sur 16 critères d’influence proposés pour le choix de son futur métier. De plus, les étudiants ne sont que 53% à dire qu’ils seraient fiers d’avoir gagné beaucoup d’argent, ce qui place ce critère en neuvième et dernière position.

Ils sont mêmes prêts à diminuer leurs prétentions salariales pour travailler dans l’ESS. Ils sont 73% à penser qu’à poste égal, le niveau de salaire est inférieur dans l’ESS, mais sont pourtant 26% à accepter de gagner jusqu’à 10% de moins pour y travailler. Le salaire n’est qu’en troisième position des freins à l’engagement dans ce secteur.

« La rémunération n'est jamais un point de discussion important que nous avons avec les candidats qui veulent rejoindre nos équipes. » relève Jean-Michel Caye, Directeur associé sénior au bureau BCG de Paris. « Leurs motivations portent avant tout sur la richesse et la diversité de notre métier : un métier d'exigence, très stimulant intellectuellement et humainement, à fort impact chez nos clients. Très vite exposés aux problématiques de directions générales de grandes entreprises, les jeunes professionnels viennent d'abord chercher l'excellence et la responsabilité ! D’un point de vue personnel, je note aussi que quand vient le moment d’accompagner le vainqueur du Prix de l’Entrepreneur Social, nombreux sont les consultants à lever la main. Cela confirme que les missions pour nos clients doivent impérativement avoir du sens pour les équipes qui les conduisent. »

Brice Teinturier

Directeur Général Délégué France, Ipsos (@BriceTeinturier)

Sarah Duhautois

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