Baromètre politique : baisse de la popularité de l’exécutif après les fortes hausses de novembre et début d’année difficile pour Nicolas Sarkozy

Cette première vague de l’année est aussi la première réalisée après un mois de décembre particulièrement chargé en actualités politiques. La fin de l’année 2015 a été marquée notamment par la poussée du FN aux élections régionales, la signature de l’accord de Paris sur le climat et les débats très vifs sur la réponse à apporter aux attaques terroristes. Autant d’éléments qui impactent en profondeur les résultats du baromètre politique Ipsos/Le Point.


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LA FORTE HAUSSE DE POPULARITE DE L’EXECUTIF AU LENDEMAIN DES ATTENTATS EST DEJA QUASIMENT EFFACEE

La popularité du président de la République recule de 12 points en janvier. 29% des Français sont favorables à son action contre 66% qui y sont défavorables. En un mois et demi, François Hollande a perdu les deux tiers des points gagnés en novembre. Il recule dans toutes les catégories, notamment auprès des sympathisants PS (-13 à 67% d’avis favorables, après +19 en novembre), au Front de gauche (-17 à 31% après +29) et chez Les Républicains (-13 à 11% après +18). La baisse est un peu moins marquée auprès des sympathisants écologistes (-11 à 36% après +25), signe qu’un certain nombre d’entre eux ont été sensibles à l’obtention d’un accord sur le climat. Malgré ces fortes baisses, François Hollande conserve un niveau de popularité plus élevé qu’avant les attentats (29% contre 24% en octobre 2015).

La situation est différente pour le Premier ministre qui perd la quasi-totalité des points acquis en novembre. 39% des Français sont favorables à son action (-8 après +9 dans la vague précédente) contre 56% d’avis défavorables (+9 après -10). La baisse est particulièrement marquée auprès des sympathisants de gauche (-13 au PS à 67%, -20 au Front de gauche à 30% et -14 chez Europe-Ecologie/Les Verts à 33%).

Les évolutions sont contrastées pour les autres personnalités gouvernementales. Bernard Cazeneuve perd 6 points (45% d’avis favorables) mais conserve une partie de ses gains de novembre. Laurent Fabius (47%, +4), Ségolène Royal (43%, +2) et Najat Vallaud-Belkacem (36%, +5) sont dans une dynamique favorable. Christiane Taubira recule de 2 points. Ses prises de position dans le débat sur la déchéance de nationalité la font progresser au Front de gauche (65%, +14) mais sont sévèrement sanctionnées par les sympathisants socialistes (54%, -13).

PRIME DE POPULARITE POUR LES TETES DE LISTE LR VAINQUEURS AUX ELECTIONS REGIONALES

En janvier, c’est surtout à droite que les lignes bougent suite aux élections régionales. Les têtes de liste LR voient leur popularité progresser, même si les gains ne sont pas les mêmes pour tous. Xavier Bertrand gagne 13 points de popularité (39%) et passe de la 22ème à la 9ème place du palmarès des leaders politiques. Son positionnement d’entre-deux tours et ses déclarations après le scrutin sont salués bien au-delà de sa famille politique : il gagne 19 points au PS (40%), 21 points au Modem (57%) et 18 points à l’UDI (61%) mais seulement 2 chez les sympathisants LR (54%). Les gains sont également importants pour Valérie Pecresse (30%, +7) et Laurent Wauquiez (28%, +6) fraichement élus présidents de région. En revanche, Christian Estrosi bénéficie moins de son élection en PACA. Bien qu’ayant remporté son duel face à Marion Maréchal-Le Pen, le maire de Nice reste l’une des personnalités politiques les moins populaires (22% d’avis favorables, contre 47% d’avis défavorables, en avant-dernière position dans le palmarès des leaders politiques).

Les résultats sont plus contrastés pour les personnalités du Front national qui, en dépit d’une forte progression dans les urnes, n’ont réussi à s’imposer dans aucune région. Marine Le Pen baisse de 4 points (27% d’avis favorables contre 70%). Marion Maréchal-Le Pen ne fait pas mieux : testée pour la première fois dans le baromètre, elle obtient 26% d’avis favorables (contre 68%). Si le scrutin régional a permis à la petite fille de Jean-Marie Le Pen de gagner en visibilité auprès du grand public, cela ne remet pas en cause la très forte position de l’actuelle présidente du FN auprès de sympathisants du parti. Elle bénéficie de 92% d’avis favorables auprès de cet électorat, contre 87% pour Marion Maréchal-Le Pen.

ALAIN JUPPE, VRAI GAGNANT DE LA SEQUENCE

Mais le vrai gagnant de la séquence à droite est Alain Juppé, candidat déclaré à la primaire à droite. Il conforte sa première place dans le palmarès des leaders politiques. Avec 60% d’avis favorables (+5), il égale même son record de popularité de janvier 2015. Le maire de Bordeaux fait toujours plus consensus dans l’opinion : il gagne 1 point auprès des sympathisants PS (63% d’avis favorables, à la troisième place dans le palmarès de cet électorat) et 7 points au Modem (83%). Il est largement en tête dans le classement des sympathisants LR (76%, +7).

Nicolas Sarkozy est le grand perdant du début d’année. L’ancien Président recule de 9 points, perd ses gains de popularité enregistrés en novembre (+7) et passe de la 11ème à la 23ème place dans le palmarès des leaders politiques. L’ancien président de la République ne fait plus l’unanimité au sein de son propre camp (62% d’avis favorables chez les sympathisants LR, -18) et peine à élargir son socle électoral. Il est très impopulaire au centre (85% d’avis défavorables au Modem, +8 et 78% à l’UDI, +17) et ne convainc pas les sympathisants du FN (30% d’avis favorables -21 points, bien loin de ses scores d’avant l’élection présidentielle de 2007 auprès de cet électorat - autour de 70%). 

Crédits photo360b / Shutterstock.com

Federico Vacas

Directeur Adjoint du département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs

Vincent Dusseaux

Directeur d'études, Ipsos Public Affairs

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