Orthographe : faute avouée, à moitié pardonnée

À l’heure où l’orthographe est de plus en plus malmenée, Le Robert qui lance son correcteur orthographique, a souhaité faire le point sur les relations qu’entretiennent les Français avec cette discipline qu’ils côtoient chaque jour depuis l’enfance. Comment évaluent-ils leurs compétences en la matière ? Que ressentent-ils lorsqu’ils font des fautes d’orthographe ? Quelle importance accordent-ils à l’orthographe ? Quelles sont les fautes qui les choquent le plus ? Enfin, quelles sont les solutions qu’ils privilégient pour écrire sans faute ? Les résultats sont sans appel : l’orthographe reste essentielle à leurs yeux, et ce dans (presque) toutes les situations.

Près d’un Français sur trois reconnait faire régulièrement des fautes d’orthographe

Amenés à s’autoévaluer, 3 Français sur 10 déclarent faire souvent des fautes d’orthographe. 4% déclarent en faire même très souvent. Une large majorité d’entre eux (66%) dit au contraire ne faire des fautes d’orthographe que rarement. 4% estiment même ne jamais en faire.

Les Français sont-ils égaux face à l’orthographe ? Les femmes (77%), les plus âgés (86% des 65 ans et plus) ou encore les plus diplômés (89% des Bac+5 ou plus) se disent meilleurs élèves que la moyenne, ne faisant que rarement ou jamais de fautes d’orthographe. Les hommes, les plus jeunes et les moins diplômés se montrent au contraire moins sûrs d’eux.

 

Et pourtant, écrire sans faute est jugé essentiel dans toutes les situations

Même si quasiment un tiers d’entre eux reconnaissent faire régulièrement des fautes, les Français restent très attachés à l’orthographe et écrire correctement est important pour tous, quel que soit le contexte : professionnel ou privé. Écrire sans faute d’orthographe est même très important pour les Français, que ce soit au travail (85%) ou dans la vie de tous les jours (85%).

Meilleurs élèves, les femmes et les plus diplômés accordent aussi plus d’importance à l’orthographe que l’ensemble de la population, dans la vie professionnelle comme personnelle.

Logiquement, les Français se disent donc choqués, et même beaucoup, lorsqu’ils repèrent une faute d’orthographe dans un courrier administratif (88%), sur le site officiel d'une entreprise ou d'une institution (88%), dans les correspondances avec les enseignants (86%), dans les médias (85%), dans un courrier en milieu professionnel (83%) ou sur une publicité ou un support officiel de communication (80%). Ils se montrent en revanche un peu plus tolérants dans un contexte personnel et encore davantage quand il s’agit de SMS : une faute dans une lettre envoyée par des proches est jugée un peu choquante par 62%, beaucoup par 21% et pas du tout par 17%. Une faute dans un SMS est un peu choquante pour 48%, beaucoup pour 12% et pas du tout pour 40%. Sur l’ensemble des situations testées, les femmes et les plus diplômés se disent davantage choqués par la présence de fautes, tout comme les plus âgés. En revanche, en ce qui concerne les SMS, les plus jeunes (15-24 ans) sont plus indulgents : seulement 40% d’entre eux se disent choqués s’ils y voient des fautes d’orthographe, contre 60% de l’ensemble. 

 

96% des Français se disent gênés voire honteux lorsqu’ils font une faute d’orthographe dont ils se rendent compte trop tard…

Lorsqu’ils réalisent qu’ils ont fait une faute d’orthographe dans un email, un courrier ou n’importe quel texte alors que celui-là est déjà entre les mains de quelqu’un d’autre, presque tous les Français à qui il arrive de faire des fautes (96%) se disent ennuyés : 84% sont gênés et pensent que cela ternit leur image et 12% ressentent carrément de la honte et pensent que cela est grave. Seuls 4% s’en moquent. Si ce sentiment concerne, dans des proportions comparables, l’ensemble des catégories, les plus diplômés se montrent encore plus gênés que la moyenne (jusqu’à 20% des Bac+5 ou plus).

 

Les solutions numériques sont les plus utilisées par les Français en cas de doute sur l’orthographe

En cas de doute sur l’orthographe d’un mot, si des solutions « traditionnelles » telles que le dictionnaire imprimé (43%) ou la demande de conseil à un proche (23%) restent utilisées par une part non négligeable des Français, les solutions numériques sont désormais plébiscitées par 8 Français sur 10 : 56% d’entre eux cherchent sur Internet et 43% utilisent un correcteur orthographique gratuit. Les solutions numériques payantes d’aide à l’orthographe, que ce soit correcteur orthographique ou dictionnaire numérique, sont utilisées par 2%.

À noter que le dictionnaire imprimé est davantage utilisé par les femmes (49% contre 37% des hommes), par les plus âgés (68% des 65 ans et plus contre 14% des 15-24 ans) et les moins diplômés (52% des diplômés du BEPC, d’un CAP ou d’un BEP contre 35% des Bac+5 et plus). À l’inverse, la recherche sur Internet est plus répandue chez les plus jeunes (75% des moins de 35 ans contre 48% des plus de 35 ans) et les plus diplômés (63% des Bac+5 et plus contre 44% des moins diplômés). Le correcteur orthographique est l’outil le moins différenciant au sein de la population, utilisé dans des proportions comparables quels que soient l’âge et le niveau de diplôme. Il est en revanche davantage utilisé par les hommes (51%) que par les femmes (37%).

 

La solution la plus efficace pour ne plus faire de fautes d’orthographe : utiliser un correcteur orthographique qui indiquerait et expliquerait les fautes

Si 88% des Français disent avoir confiance dans les outils actuellement disponibles pour les aider à corriger leurs écrits et écrire sans faute, seuls 18% parmi eux sont très confiants sur ce point. La solution jugée la plus efficace pour ne plus faire de fautes est, de loin, le correcteur orthographique, cité par 52%. Dans le détail, 27% choisissent un correcteur orthographique qui leur indiquerait et leur expliquerait les fautes tandis que pour 25%, un correcteur orthographique qui leur indiquerait simplement leurs erreurs suffit. Se faire relire parait être la solution la plus efficace pour 31% et réapprendre l’orthographe pour 17%. Sur ces différents éléments, seuls les plus jeunes se démarquent de l’ensemble : les 15-24 ans sont moins nombreux que la moyenne à privilégier le correcteur orthographique (31% contre 52%). Au contraire, ils se positionnent davantage sur le fait de se faire relire (41% contre 31% de l’ensemble) ou de réapprendre l’orthographe (28% contre 17%).

 

 

 

Fiche technique :

1 001 Français âgés de 15 ans et plus ont été interrogés par Internet du 2 au 8 juillet 2014.

Stéphane Zumsteeg

Directeur du Département Opinion et Recherche Sociale, Ipsos Public Affairs

Alice Tétaz

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