Alcool, harcèlement et exposition de soi : les ados parlent aux ados

La Fondation Pfizer a lancé un appel à projets « Prévention Ados : tout un scénario », pour donner la parole aux adolescents et les rendre acteurs de leur prévention vis-à-vis des comportements à risques qui les concernent directement comme l’alcool, les drogues, le (cyber)harcèlement… Cette démarche de prévention « par les pairs » s’appuie sur les résultats de l’enquête Fondation Pfizer/Ipsos Santé, très révélatrice :

89% des adolescents ont conscience des risques auxquels ils peuvent être confrontés1. 93% des ados déclarent avoir reçu des informations sur la sécurité routière, 85% sur la sexualité, 72% sur le cannabis, 69% sur l’alcool. Pour autant, les jeunes regrettent de ne pas avoir eu de prévention sur les risques « sociaux » comme le harcèlement (61%), le racket (54%), les relations filles-garçons (51%) ou la discrimination (48%).

 

 

16 scénarios écrits, 3 primés

Pendant près de cinq mois, 152 lycéens de 8 académies2 ont réfléchi et écrit un scénario sur l’une des thématiques de leur choix : alcool, drogues, racket, discrimination… Encadrés par une équipe pédagogique, les jeunes ont rédigé 16 scénarios portant essentiellement sur le harcèlement, l’alcool et l’exposition de soi sur Internet. Parmi les 8 d’entre eux  présélectionnés et soumis aux votes d’un Jury Adultes et d’un Jury Adolescents, 5 ont reçu une mention et 3 ont été plus spécifiquement primés :

  • Coup de cœur des Jurys : « La meute »
  • Prix des Adultes : « Tomber d’amour »
  • Prix des Ados « Prisonnière de la toile »

 

Retrouvez ici l’ensemble des lauréats et des scénarios réalisés par les adolescents

 

C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase
Lycée Claude Lehec
Académie Caen

 

 

La Fameuse Note
Lycée Aiguerande
Académie Lyon

 

 

The World Can Be Changed
Lycée Pierre Méchain
Académie Amiens

 

Une bonne connaissance des risques encourus par les adolescents

Les résultats de l’enquête Fondation Pfizer/Ipsos Santé révèlent que près de 9 adolescents sur 10 ont conscience des risques qu’ils adoptent, surtout ceux « physiques », c’est-à-dire ceux qui ont des conséquences sur leur santé, qu’ils soient visibles (coups, blessures) ou invisibles (dépendance, addictions). Parmi ces principaux risques, les ados citent spontanément :

  • Les addictions à 53% dont la drogue (cannabis) à 48% et l’alcool à 31%
  • La violence à 29% dont les agressions à 23% et le racket à 8%
  • L’échec scolaire et la dépression tous les deux à 11%
  • Les rapports sexuels à 8%.

 

Même si les adolescents ont une bonne connaissance de ces comportements à risques, peu déclarent les adopter. En effet, durant ces douze derniers mois :

  • 19% des jeunes avouent avoir bu jusqu’à l’ivresse, dont 17% chez les filles et 20% chez les garçons
  • 13% déclarent avoir pris des drogues
  • 11% indiquent avoir eu des rapports sexuels non protégés.

 

A l’inverse des comportements à risques « physiques » où les adolescents bénéficient d’une large prévention, les jeunes affirment dans l’enquête Fondation Pfizer/Ipsos Santé n’avoir eu aucune sensibilisation sur :

  • Le suicide à 73%
  • Le harcèlement à 61%
  • Le racket à 54%
  • Les relations filles-garçons à 51%
  • La discrimination à 48%
  • Le bon usage d’Internet à 38%.

 

Cette préoccupation se retrouve dans bon nombre de scénarios écrits par les lycéens engagés dans le projet « Prévention Ados : tout un scénario ». Le harcèlement y est largement traité.

Les résultats de l’enquête Fondation Pfizer/Ipsos Santé montrent que les efforts de prévention doivent continuer, surtout vis-à-vis des risques sociaux3 tels que le harcèlement, l’exposition sur Internet, car ils préoccupent fortement les adolescents mais ne font paradoxalement que pas ou peu l’objet d’actions de prévention.

 

Focus sur le baromètre Bien-être Adolescents Fondation Pfizer / Ipsos Santé
Le maintien d’un bien-être global chez les ados depuis 10 ans

 

Crise, chômage, difficultés sociales… Malgré ce contexte difficile, les adolescents continuent d’aller bien.

  • 85% affirment pouvoir facilement parler avec leurs parents 
  • 85% savent à qui s’adresser en cas de difficultés personnelles
  • 72% se sentent bien à l’école (contre 71% en novembre 2012)
  • 45% disent se sentir souvent sous pression (contre 42% en novembre 2012).

A noter, une nette progression de la satisfaction personnelle des jeunes : 74% se disent cette année satisfaits de ce qui leur arrive dans leur vie, c’est 5 points de plus qu’en novembre 2012 et 7 points de plus qu’en janvier 2012.
Pour autant, les résultats de l’enquête indiquent une augmentation du mal-être chez les personnes vulnérables. 30% des jeunes témoignent se sentir souvent mal dans leur peau, soit 5 points de plus qu’en novembre 2012. Près d’un tiers des ados (30%) ont du mal à aller vers les autres (+1 point par rapport à novembre 2012).

« Ce mal-être vient néanmoins certainement du miroir auquel les adolescents font face, à savoir celui des adultes. Ces derniers ont beaucoup de mal à accepter les changements. Dès que leur vie ne correspond pas à leurs désirs, tout semble s’effondrer. Et les jeunes sont réceptifs à cela », explique le Pr Philippe Jeammet.

 

Laïla Idtaleb, Directrice Ipsos Santé constate : «  Les adolescents impliqués dans cette initiative ont partagé leur conviction qu’une prévention efficace nécessite des ingrédients clés : une mobilisation collective, une parole libre sur des sujets pouvant être difficiles, et une bonne dose de solidarité pour aider les plus vulnérables à ne pas glisser. Dans notre étude, on a isolé une frange de 10% d’adolescents avec une plus forte appétence au risque. On a aussi analysé à partir du baromètre de bien-être que les adolescents au niveau de bien-être faible sont aussi ceux qui sont le plus sur cette pente des risques. » 

 

[1] Enquête Ipsos Santé pour la Fondation Pfizer réalisée auprès de 798 adolescents de 15 à 18 ans interrogés par internet entre le 1er et le 14 Octobre 2013
[2] Amiens, Caen, Lille, Lyon, Nantes, Orléans-Tours, Strasbourg et Toulouse
[3] Risques ayant des conséquences sur l’image sociale des adolescents qui, lorsqu’elle est atteinte, peut provoquer des difficultés d’insertion sociale, voire des phénomènes d’exclusion. C’est le cas du harcèlement, des phénomènes de bouc-émissaires ou du racket qui font partie intégrante de la violence.

Luc Barthélémy

Directeur d’études, Ipsos Public Affairs

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