Tabac : les Français veulent protéger leurs enfants

Dans le cadre de la Journée Mondiale sans tabac 2014, Ipsos a réalisé une étude pour Alliance contre le tabac afin d’évaluer l’opinion des Français sur le tabac : ses effets, mais également l’utilisation des taxes, la responsabilité des industriels du secteur, l’usage de la cigarette électronique, etc. Une bonne bouffée de bon sens.

Un risque, même consommé à faible dose

96% des Français sont d’accord (dont 68% “tout à fait” d’accord) avec le fait qu’une faible consommation de tabac (5 cigarettes par jour ou moins) augmente les risques pour la santé (parmi : cancer, maladie de l’appareil respiratoire, maladie cardiovasculaire, fausse-couche,  danger pour l’entourage, ou mort prématurée).

Chacun de ces risques est cité à même hauteur  :  86% à 91%, avec la moitié des répondants “tout à fait d’accord” sur le risque  considéré, et un tiers “plutôt d’accord”.

Etendre la protection de la population de la fumée de tabac

Lorsqu’il s’agit de protéger l’entourage de la fumée du tabac dans certains lieux, l’adhésion est élevée, et d’autant plus que la présence d’enfants est impliquée. Ainsi, 95% des répondants considèrent qu’il est  souhaitable de protéger les personnes de la fumée de tabac dans les voitures en présence d’enfant (dont 80% de « très souhaitable »). Le fait que la voiture corresponde à un lieu confiné favorise sans doute ce score.

En effet, pour les lieux extérieurs, le ralliement est moins franc, même s’il reste largement majoritaire : les parcs et jardins publics dédiés aux enfants, les abords d’établissements scolaires  et les  gradins-abribus-file d’attente extérieure recueillent 82 à 84% de « souhaitable » et 54-58% de « très souhaitable ».

Sur les 2 autres lieux  étudiés (terrasses / plages), les trois quarts  des Français (72%) sont favorables à une protection vis-à-vis de la fumée, dont 43% à 49% de « très souhaitable ».

Utilisation des taxes

Concernant les taxes prélevées sur le tabac, 84% des Français pensent  qu’actuellement, elles servent à alimenter les caisses de l'état pour combler le déficit public (dont 48% de « tout-à-fait d’accord »).

A l’inverse, une petite majorité (57%) considère que ces taxes ne sont pas utilisées pour financer l’assurance maladie (l’avis est moins tranché :  63% sont soit « plutôt d’accord » soit «  plutôt pas d’accord  ». Les chiffres sont assez similaires sur l’utilisation de ces taxes pour financer la prévention et l'aide aux fumeurs : 64% ne sont pas d’accord, mais une majorité n’a pas d’avis tranché.

Industrie du tabac : puissante ?

Le lobby du tabac est puissant selon les Français : 86% considèrent que les  industriels du secteur et les buralistes influencent les décisions politiques, avec une part importante de « tout à fait d’accord » : 51%.

Les Français adhèrent à 85% à l’idée que les industriels du tabac devraient participer financièrement à la prise en charge des dommages causés par la consommation de leurs produits (58% de « tout à fait d’accord » )

Paquets standardisés : efficaces ?

Les Français  se montrent mitigés sur l’efficacité en France des paquets standardisés, et quand ils y croient, c’est un peu plus sur le volet préventif : 55%  pensent  en effet que ces paquets seraient efficaces  pour dissuader les jeunes de commencer à fumer (seulement 22% de « tout à fait d’accord ») contre 49% d’efficacité pour encourager l’arrêt du tabagisme (19% de « tout à fait d’accord »).

Quid de la cigarette électronique ?

La cigarette électronique est perçue avant tout (mais par seulement une petite majorité de 56%) comme une nouvelle forme d’addiction moins nocive que la cigarette.

Elle est reconnue utile pour aider les fumeurs à arrêter totalement de fumer par seulement une moitié des répondants (45%). Une proportion quasi équivalente (41-42%) considère qu’elle  permet de vapoter dans les lieux où il est interdit de fumer et qu’elle est plus économique.

Enfin, même s’’il s’agit des items les moins cités, plus d’un tiers sont d’accord pour dire que  c’est un produit d'initiation au tabagisme pour les jeunes et qu’elle peut être source de gêne et de risque pour l’entourage dans les lieux fermés.

 

Fiche technique :

Etude réalisée par Ipsos pour Alliance contre le tabac par Internet via l’omnibus online d’IPSOS, issus de l’Access Panel Online d’Ipsos auprès de 2004 individus âgés de 18 à 75 ans, échantillon représentatif de la population Française, structuré selon la méthode des quotas (sexe, âge, région d’habitation), du vendredi 16 au mardi 20 Mai 2014.

Frédérique Ramondou

Directrice de Clientèle, Ipsos Observer

Sophie Rousse

Directrice d'études, Ipsos Observer

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