Les Français et l’après-municipales

Hostilité au "Front National Municipal" mais sans trop d'inquiétude pour autant ; volonté de changement fort et rapide du gouvernement ; le FN bien placé pour confirmer sa percée aux européennes... L'enquête Ipsos/Steria réalisée pour France Télévisions, Radio France, Le Monde, Le Point et LCP/Public Sénat propose un point sur l'état d'esprit des Français après la séquence Municipales 2014.

Six Français sur dix satisfaits des résultats du premier tour

60% des électeurs interrogés par Ipsos/Steria se sont déclarés satisfaits des résultats du premier tour des élections municipales, contre 40% de mécontents. Le contentement domine largement à droite (87% de satisfaits chez les sympathisants UMP-UDI et 78% de ceux du FN) alors que la déception prévaut nettement à gauche (80% de mécontents chez les sympathisants PC-PG-Front de gauche et 72% chez ceux du PS). Sans doute sous l'effet des bons résultats obtenus à Grenoble, Poitiers ou Paris, les sympathisants écologistes font exception et sont davantage partagés : 46% de satisfaits contre 54% de mécontents.

 

Une nette majorité de Français se déclare hostile au "FN Municipal"

Si moins d'un Français sur deux (48%) a éprouvé "de l’inquiétude" dimanche dernier à la suite des bons résultats obtenus par le FN (28% éprouvant "de la satisfaction" et 20% "de l’indifférence"), une nette majorité de Français juge défavorablement le FN au niveau local. Ainsi :

  • 57% des Français considèrent que ce serait plutôt une mauvaise chose que le FN obtienne des sièges au conseil municipal "dans leur ville", 40% estimant à l’inverse que ce serait une bonne chose. Les sympathisants de droite sont partagés (50%/50%) sur cette question.
  • Plus de deux tiers des Français (69%) verraient comme une mauvaise chose (dont 45% une "très" mauvaise chose) que le FN remporte les élections municipales dans leur commune et la dirige dans les six années qui viennent, 30% étant d’un avis opposé. 72% des sympathisants UMP-UDI partagent cette opinion.

 

Si le FN fait moins peur, l’opinion reste donc très largement critique à l’égard de sa capacité à exercer des responsabilités exécutives, y compris au niveau local. 61% des Français, et 58% des sympathisants de la droite parlementaire jugent ainsi qu’il est "risqué de confier la gestion d’une ville au FN, ce parti ne disposant ni de l’expérience, ni des équipes pour bien l’administrer" alors que 39% (et 42% des sympathisants de la droite parlementaire) estiment à l’inverse "qu’il n’est pas  risqué de confier la gestion d’une ville au FN, ce parti pouvant apporter du renouveau dans la façon d’administrer une commune".

 

Un remaniement total, vite !

La nécessité d’un remaniement, comprenant notamment un changement de Premier ministre, fait très largement consensus dans l’opinion au lendemain des municipales. Ce remaniement est ainsi souhaité par une large majorité des sympathisants de droite comme de gauche :

  • 86% des Français, 92% des sympathisants UMP-UDI et 78% des sympathisants PS souhaitent "dans les semaines qui viennent un remaniement du Gouvernement". Près d'un Français sur deux (47%) le souhaite même "tout à fait").
  • 79% des Français, 69% des sympathisants PS et 86% des sympathisants UMP-UDI souhaitent que ce remaniement comporte un changement de Premier ministre.

 

Le remaniement est attendu et paraît d’ores et déjà acquis à l’opinion : plus de huit Français sur dix pense qu’il interviendra dans les semaines qui viennent.

 

Manuel Valls nettement en tête de la hiérarchie des Premiers ministres souhaités

Avec 32%  de citations, le Ministre de l’Intérieur devance nettement Laurent Fabius (20%), Martine Aubry (19%), Bertrand Delanoë (14%), Arnaud Montebourg (8%) et Jean-Marc Ayrault (7%) dans la hiérarchie des Premier ministres souhaités en cas de remaniement gouvernemental.

 

Manuel Valls se classe au premier rang de la hiérarchie auprès des sympathisants PS (30%, devant Martine Aubry (26%)) comme des sympathisants UMP-UDI (44%, devant Laurent Fabius (29%)) et FN (38%, devant Laurent Fabius (20%).

 

Il se classe second, juste derrière Martine Aubry chez les sympathisants écologistes (24% contre 25%). Il n’y a en fait qu’auprès des sympathisants PC/ Front de Gauche qu’il est nettement distancé part la maire de Lille (15% de citations contre 38% pour Aubry).

 

Bertrand Delanoë, la personnalité de gauche qu'on souhaite le plus voir entrer au gouvernement

Avec 46% de Français considérant que son entrée au gouvernement serait une bonne chose (contre 36% d'avis contraire), l’ancien Maire de Paris est de l’ensemble des personnalités testées la seule à recueillir une majorité de bonnes opinions.

 

Les jugements défavorables prévalent nettement pour Ségolène Royal (51% des Français jugent que son entrée au gouvernement serait une mauvaise chose contre 37% d'avis contraire), et de manière plus ténue pour Elisabeth Guigou (36% contre 34%) et Claude Bartolone (27% contre 22%, 51% déclarant ne pas suffisamment connaître le président de l’Assemblée Nationale pour se prononcer). Enfin, plus de trois quarts des Français ne se prononcent pas sur une possible entrée au gouvernement de Pascal Lamy, François Rebsamen et Jean-Michel Baylet, faute de suffisamment connaître ces personnalités.

 

L’électorat socialiste plébisciterait l’entrée au gouvernement de Bertrand Delanoë (80%) et est majoritairement favorable à celles d’Elisabeth Guigou (62%) et de Ségolène Royal (59%).

 

L’électorat de gauche réclame une politique plus à gauche

87% des sympathisants PC/FG, 57% des sympathisants écologistes et 56% des sympathisants socialistes souhaitent que le nouveau gouvernement issu du remaniement mène après les municipales une politique "plus à gauche" que celle conduite jusqu’à présent.

 

Progression de l'euroscepticisme

Un Français sur trois a aujourd'hui le sentiment que la France "a plus à perdre qu'à gagner à appartenir à l'UE", contre 30% qui pensent qu'elle a plus à gagner qu'à perdre et 37% "autant l'un que l'autre". L'euroscepticisme est notamment porté par une très large majorité (70%) des proches du FN. 

 

 

Brice Teinturier

Directeur Général Délégué France, Ipsos (@BriceTeinturier)

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