Aix-en-Provence : les clés du scrutin dans les mains du FN et des centristes

L'enquête Ipsos/Steria réalisée pour France 3 Provence Alpes et La Provence laisse présager une issue très incertaine lors des élections municipales à Aix-en-Provence. La maire sortante est en difficulté, surtout si le FN parvient à se qualifier pour le second tour et si ce dernier se joue en triangulaire.

Avec une offre électorale très éclatée (9 listes en présence), la liste UMP conduite par la maire sortante Maryse Joissains-Masini devrait pourtant sortir assez nettement en tête au soir du premier tour. Elle recueille 33% d'intentions de vote, contre 23% pour la liste du Parti Socialiste conduite par Edouard Baldo.

 

Deux autres listes, créditées chacune de 10% d'intentions de vote, sont en mesure de se qualifier pour le second tour : la liste centriste conduite par François-Xavier de Peretti et celle du Front National de Catherine Rouvier. A noter cependant que François-Xavier de Peretti a été rejoint par d'anciens élus socialistes, radicaux ou écologistes après avoir abandonné son étiquette Modem, et appelle "au rassemblement anti-Joissains au second tour"; il n'est donc pas évident qu'il maintienne sa liste même s'il en a la possibilité, et cherchera peut-être plutôt à passer un accord avec la gauche.

 

Les électeurs de gauche auront encore le choix de voter au premier tour pour une liste EELV (6% d'intentions de vote), une liste Front de Gauche (4%) ou une liste d'extrême-gauche (1%). Une liste sans étiquette conduite par Jean-Louis Keïta complète l'offre électorale (4%).

 

Si le rapport de force du  premier tour penche globalement à droite, les intentions de vote pour le second tour montrent que le scrutin pourrait tout de même être très serré. Dans l'hypothèse d'une triangulaire voyant s'affronter la liste UMP-UDI de la maire sortante, une liste d'union de la gauche conduite par Edouard Baldo et soutenue par François-Xavier de Peretti, et la liste du Front National, les listes de gauche et de droite sont en effet à égalité, à 46% d'intentions de vote, le FN recueillant les 8% restants. L'écart est aussi très mince en cas de non qualification du FN, toujours dans l'hypothèse d'une entente gauche/centristes : 51% d'intentions de vote pour la liste de la maire sortante, contre 49% pour la liste Baldo /de Peretti.

 

L'avance de la liste de Maryse Joissains-Masini est en revanche plus confortable dans les autres configurations testées. En quadrangulaire, elle bénéficie de 43% d'intentions de vote, contre 35% pour la liste de gauche, 14% pour la liste centriste et 8% pour le FN. Si enfin le FN n'obtenait pas au premier tour les 10% des suffrages nécessaires pour se qualifier et si la liste centriste décidait de se maintenir, on enregistre 46% d'intentions de vote pour la liste de droite, 37% pour la liste de gauche et 17% à la liste De Peretti.

 

La possibilité pour le FN de se maintenir au second tour et la capacité de la gauche et du centre à s’unir apparaissent comme les deux principales clés du scrutin.  Si ces deux conditions sont réunies, le scrutin promet d'être très serré, et fait penser au scénario de 2009 (l'élection de 2008 avait été invalidée), où Maryse Joissains-Masini ne l'avait finalement emporté que de 187 voix.

 

 

Stéphane Zumsteeg

Directeur du Département Opinion et Recherche Sociale, Ipsos Public Affairs

Amandine Lama

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