Popularité : François Hollande au plus bas, Manuel Valls au plus haut… à l’UMP

Un nouveau record d’impopularité (pour François Hollande), un faux gagnant (Manuel Valls) et un vrai perdant (François Fillon), tels sont les principaux enseignements de la nouvelle édition du Baromètre de l’action politique Ipsos Le Point, réalisée les 11 et 12 octobre derniers.

Nouveau record d’impopularité pour le président de la République : avec seulement 24% d’opinions favorables (en baisse de 3 points par rapport au mois dernier), François Hollande recueille le plus faible score jamais mesuré pour un chef de l’Etat depuis la création de ce baromètre en 1996. 71% des Français portent aujourd’hui un jugement défavorable sur son action. Couacs au sein du gouvernement, réforme de la fiscalité et des retraites, chiffres du chômage erronés, dans ce contexte la popularité de François Hollande recule à 54% chez les sympathisants du PS (un record, -7 points par rapport à septembre) et passe une nouvelle fois sous la barre des 50% auprès de l’ensemble des sympathisants de gauche (45%, -9 pts), avec notamment de fortes baisses chez les sympathisants d’EELV (-16 points à 32%) et du Front de Gauche (-10 pts, à 33%).

Davantage épargné ce mois-ci, Jean-Marc Ayrault reste néanmoins au plus bas (26% d’opinions positives, -1 point) et peine toujours à convaincre dans son propre camp (51% de jugements favorables chez ceux se déclarant proches du PS, contre 40% d’avis critiques).   

Plus forte hausse de cette vague du baromètre, Manuel Valls gagne 8 points en un mois et retrouve ainsi la tête du palmarès des personnalités préférées des Français. Avec 56% de bonnes opinions et 32% d’avis critiques, le Ministre de l’Intérieur obtient son meilleur résultat depuis février dernier et relègue Alain Juppé (50%, -1 pt) à la deuxième position. Cette forte progression, Manuel Valls la doit principalement à la hausse spectaculaire mesurée auprès des sympathisants de l’UMP, auprès desquels il gagne 24 points, pour atteindre 70% de jugements favorables, un niveau jamais observé jusqu’ici. Si ses déclarations sur les Roms ont incontestablement séduit à droite, elles ont aussi heurté une partie de la gauche. Il perd 6 points (et 15 points en deux mois) chez les sympathisants socialistes, à 57%, soit son plus faible score depuis sa nomination au Ministère de l’Intérieur. Il recule ainsi à la 7ème place du classement établi par les proches du PS, loin derrière Bertrand Delanoë (premier avec 70%, -1 pt), Martine Aubry (69%, -1 pt) et Ségolène Royal (62%, en hausse sensible, +7 points). A l’inverse, il progresse chez les proches du Front national, bien plus nombreux à porter désormais un jugement favorable (48%, +10 points) que défavorable (34%) sur son action.  

Autres hausses observées à gauche : Arnaud Montebourg progresse de 3 points à 39% auprès de l’ensemble des Français (et notamment, lui aussi, grâce aux gains enregistrés à droite, 35%, +14 points) et Najat Vallaud-Belkacem gagne 3 points à 33% de jugements favorables. A l’inverse, Pierre Moscovici (27%, -4 points) et Cécile Duflot (26%, -4 points, dont 44% chez les proches du PS, -3 points) affichent les plus fortes baisses parmi les ministres du gouvernent, dans l’ensemble tous en recul ce mois-ci chez les sympathisants socialistes…  

Mais le grand perdant de cette vague du baromètre est sans doute François Fillon. Avec 38% de bonnes opinions, l’ancien Premier ministre cède 6 points et recule au niveau mesuré en décembre 2012, en pleine crise interne à l’UMP. Ses déclarations sur le FN expliquent sans doute sa contreperformance à gauche (25%, -4 points) et son ambition affichée pour la présidentielle de 2017 ne semble pas avoir été bien accueillie à droite : il chute de 10 points à 61% de bonnes opinions. Désormais François Fillon ne devance Jean-François Copé que de 5 points (56% de jugements favorables pour le président de l’UMP, +5 points) dans le classement établi par les sympathisants de la droite, classement toujours largement dominé par Nicolas Sarkozy (85%, +2 points). Notons par ailleurs que le non-lieu en sa faveur dans l’affaire Bettencourt ne profite pas à l’ancien président de la République puisque celui-ci recule de 2 points auprès de l’ensemble des Français, à 40% de bonnes opinions, contre 53% d’avis critiques.       

Enfin, soulignons que la hausse de la popularité de Marine Le Pen est ce mois-ci enrayée. Même si elle reste à un niveau élevé, la présidente du Front national perd 3 points par rapport au mois de septembre, avec 34% de jugements favorables, contre 61% de mauvaises opinions. Marine Le Pen recule notamment à droite (39%, -9 points), une partie des sympathisants de l’UMP la percevant sans doute de plus en plus comme une concurrente sérieuse. 

 

Federico Vacas

Directeur Adjoint du département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs

Federico Vacas

Directeur Adjoint du département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs

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