Soldes d'été 2013 : retenue et prudence face à la crise

Les soldes restent un rendez-vous majeur pour une grande majorité de Français (71%), qui y voient avant tout un moyen de faire de bonnes affaires tout en se faisant plaisir. Mais, cette année plus que les précédentes, l’humeur est à la retenue et à la prudence, et les soldes en subissent les conséquences : les Français sont moins nombreux à avoir l’intention d’en profiter, et ceux qui s’y rendront feront leur possible pour limiter leur dépenses.

Réalisée à la demande du CNCC (Conseil National des Centres Commerciaux), cette enquête a pour objectif d’observer les évolutions des pratiques d’achat lors des soldes d’été.

Une très grande partie des Français (71%) compte cette année encore faire les soldes d’été. Il s’agit pour eux d’un évènement à ne pas manquer. Une majorité (51%) pense en effet s’y rendre dès les premiers jours, un chiffre qui reste stable au fil des années. Si les soldes permettent d’abord de répondre aux besoins les plus pressants – 74 % disent y effectuer des achats de produits dont ils ont besoin immédiatement, plutôt que des achats anticipés – ils sont aussi un moyen de relâcher la pression et de se faire plaisir pour une grande majorité (80% de ceux qui ont l’intention d’aller faire les soldes). Les soldes mêlent donc des motivations économiques et émotionnelles.

Mais les difficultés économiques actuelles sont à l’esprit de tous et elles pèsent sur les comportements des Français qui, cette année tout particulièrement, veulent s’astreindre à plus d’économie. Ils seront en effet plus nombreux cet été à résister à la tentation des soldes (29% disent n’avoir pas l’intention d’y aller en 2013, vs. 23% en 2012) et ceux qui s’y rendront prévoient de revoir à la baisse leur budget (208€ en 2013 vs. 223€ en 2012). Un sentiment de crise omniprésente explique ces comportements empreints d’austérité.  En effet, ils sont une majorité à considérer que le gros de la crise est encore à venir (58%) et un nombre croissant estime que nous sommes au cœur de la tourmente (30% en 2013 vs. 21% en 2012). Signe de ces préoccupations, les  Français passent moins de temps à faire du repérage pour les soldes (47% en 2013 vs. 53% en 2012).

Dans ce contexte de tensions économiques et face à la montée en puissance du shopping sur Internet, le centre commercial demeure un lieu privilégié par la plupart des Français pour leurs achats. En effet, une très large majorité (81%) de ceux qui iront faire les soldes compte se rendre dans un centre commercial à cette occasion, et ils souhaitent y dépenser la plus grande part de leur budget soldes (44%), loin devant les commerces de centre-ville, et de quartier (29%), et Internet (27%). Les Français restent donc fidèles aux centres commerciaux, et ils sont une majorité (59%) à estimer qu’ils y font autant, et même parfois plus, leurs courses depuis qu’ils achètent sur Internet.

Les vêtements restent en tête des produits que les consommateurs préfèrent acheter en centre commercialmais, tandis que la mode féminine est davantage plébiscitée cette année (64% en 2013 vs. 59% en 2012), les intentions d’achat de vêtements pour homme et pour enfant sont en recul (respectivement, 56% vs. 61% en 2012 et 32% vs. 36% en 2012). Les Français envisagent également moins d’acheter des produits électroménagers (20% en 2013 vs. 27% en 2012), ainsi que des jouets et des cadeaux (13% en 2013 vs. 17% en 2012) lors de ces soldes d’été. Quant à l’ameublement et aux articles de sport, les intentions d’achat restent stables.

De leur côté, les soldes sur Internet continuent d’attirer une majorité (66% de ceux qui ont l’intention de faire les soldes), bien que cette proportion diminue légèrement cette année.

Fiche technique :

Cette enquête a été réalisée en ligne du 7 au 10 juin 2013 auprès de 900 personnes constituant un échantillon national représentatif de la population française âgée de 16 ans et plus, selon la méthode des quotas (sexe, âge, responsable des achats,  activité, région et taille d’agglomération).

Thibaut Nguyen

Directeur Trends & Prospective, Ipsos Public Affairs

Sarah De Barthès

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