Les Français et les énergies renouvelables

Alors que le débat sur la transition énergétique a été lancé fin novembre, Ipsos a réalisé une enquête pour le Syndicat des Energies Renouvelables pour voir comment ces énergies sont perçues dans l’opinion.

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Les énergies renouvelables : un concept connu, mais surtout via ses énergies « phares », l’éolien et le solaire

Les énergies renouvelables sont une notion qui est maintenant globalement connue de tous les Français (99%), la moitié d’entre eux (52%) estimant même précisément savoir ce dont il s’agit.  Dans le détail, cette connaissance s’avère toutefois un peu plus vague.

Tout d’abord, ils associent principalement les « énergies renouvelables » à l’énergie solaire ou éolienne (les trois-quarts citent ces deux énergies spontanément quand on leur demande de citer des énergies renouvelables), voire à l’énergie hydraulique (49%) mais très peu aux bioénergies (19%) ou à la géothermie (22%).

Les Français font par ailleurs deux confusions : d’une part sur le bois de chauffage dont la moitié (50%) ne sait pas qu’il est une énergie renouvelable, et d’autre part sur le compost dont la majorité (81%) pense à tort qu’il est une énergie renouvelable. Cette confusion sur le compost s’explique certainement par le fait que « énergie renouvelable » rime pour les Français avec « qui prend soin de l’environnement », englobant ainsi toutes les méthodes et pratiques qui tournent autour de la préservation de l’environnement.

Neuf Français sur dix sont favorables au développement des énergies renouvelables

Les Français ont une très bonne image des énergies renouvelables, que ce soit dans leur globalité (91% en ont une bonne image, dont 31% une très bonne image et seuls 4% en ont une mauvaise) ou concernant chaque type d’énergie : plus de 8 Français sur 10 ont une bonne image de l’éolien (83%, contre 13% seulement de mauvaise image), de l’hydro-électricité (84% contre 7%), des bioénergies (84%), de la géothermie (85%), des énergies marines (86%) et de l’énergie solaire (90%).

Quand on leur parle d’énergies renouvelables, ils évoquent d’ailleurs spontanément quasi-uniquement des notions positives : 52% rattachent les énergies renouvelables aux notions « de propreté, de naturalité, de préservation de l’environnement » et 36% les associent avec les caractères « inépuisable, durable, ou d’économie des ressources naturelles », etc.

Les énergies renouvelables ont selon les Français pour principaux avantages d’être des énergies d’avenir (89%) car elles préservent l’environnement (82%), ne représentent pas un danger pour la sécurité (75%) ou pour la santé (76%). Ils les trouvent également en grande majorité fiables (68%) et performantes (64%). Ils sont en revanche un peu plus sceptiques quant à leur capacité à produire de l’électricité pour tous les Français d’ici 40 ans (52%), leur coût (l’énergie qu’elles produisent n’est « bon marché » que selon 50% de Français), leur compétitivité (46%) ou même leur esthétisme (51%). Mais même dans ces domaines, la part de Français ayant une opinion positive est supérieure à celle ayant une opinion négative.

En matière d’éoliennes, 80% des Français sont favorables à leur installation dans leur département (contre 13% seulement qui y sont défavorables), 68% dans leur commune (contre 22%) et 45% « dans le champ de vision de leur domicile, à environ 500 mètres » (contre 40% qui y sont opposés). Ces chiffres résument bien l’effet « NIMBY », qui concerne notamment toute nouvelle installation (Not In My BackYard, littéralement « pas dans ma cour »), puisque les Français sont moins favorables à l’installation d’éoliennes quand il s’agit de les installer devant chez eux. En même temps, compte tenu de la manière dont cet item est libellé, volontairement de manière assez « provocante », on aurait pu s’attendre à une levée de boucliers bien plus forte, en tout cas majoritaire.

Au vu du tableau majoritairement positif que dressent les Français des énergies renouvelables, ceux-ci se montrent en toute logique favorables à leur développement dans les années à venir (à 92%, 47% étant très favorables et seuls 3% opposés), 84% estimant même que les choses ne vont pas assez vite dans ce domaine.

Ce développement n’est pour eux pas un vœu pieu, puisque près des deux-tiers estiment que dans 50 ans les énergies renouvelables seront davantage utilisées que les autres énergies. Pour cela, ils attendent davantage des pouvoirs publics : 7 Français sur 10 estiment que le gouvernement ne donne pas une place assez importante à la question énergétique dans son action. Mais ils ont également  l’impression que les acteurs économiques et les grandes entreprises françaises ne s’investissent pas assez : 6 Français sur 10 estiment que le secteur des énergies renouvelables est surtout composé de PME.

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Fiche technique :

Ipsos a réalisé cette enquête pour le Syndicat des Energies Renouvelables  du 3 au 10 décembre 2012 (soit juste après le lancement du débat sur la transition énergétique le 29 novembre) par Internet auprès d’un échantillon représentatif de 1000 Français (méthode des quotas, selon le sexe, l’âge, la profession, la catégorie d’agglomération et la région).

Guillaume Petit

Directeur du département Corporate & Opinion, Ipsos Public Affairs

Guillaume Petit

Directeur du département Corporate & Opinion, Ipsos Public Affairs

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