Le cancer du sein : où en sont les femmes sur cette question en 2012 ?

L'enquête Ipsos/Ruban Rose révèle un décalage entre ce que les femmes croient savoir du cancer du sein et ce qu'elle savent réellement. Il y aurait certainement encore beaucoup à faire en terme d'information, notamment en matière de prévention.

Voir l'analyse vidéo

Ce qu’elles savent

Les femmes Françaises ont le sentiment d’être bien informées à propos du cancer du sein…

En effet, 82% d’entre elles déclarent être bien informées à propos du dépistage du cancer du sein, 76% déclarent être bien informées de l’âge à partir duquel il est recommandé de se faire dépister et 74% de la fréquence à laquelle il est recommandé de se faire dépister. Le seul "point faible" en termes d’information concerne les facteurs qui augmentent les risques de développer un cancer du sein, pour lequel elles ne sont que 49% à avoir le sentiment d’être bien informées.

… Mais du chemin reste à faire car l’étude révèle des lacunes

Seuls 60% sont d’accord avec le fait qu’on ne peut avoir accès à un dépistage organisé et gratuit qu’à partir de 50 ans. Par ailleurs, une femme sur trois ne sait pas que 10% des cancers du sein concernent des femmes de moins de 40 ans, ni qu’une femme sur huit risque d’être atteinte d’un cancer du sein. Selon les femmes Françaises interrogées, l’âge à partir duquel il est recommandé d’effectuer un dépistage organisé et gratuit est 39 ans, alors qu’en réalité il est de 50 ans. Les résultats plaident donc nettement en faveur d’efforts sans cesse renouvelés sur l’information relative au cancer du sein.

Le rapport que les femmes françaises ont avec le cancer du sein : elles ont peur du cancer…mais moins du cancer du sein

Dans un contexte sociétal dans lequel c’est de leur état de santé que les femmes françaises se disent le plus satisfaites, le cancer reste, de loin, la maladie la plus redoutée en 2012. Même si les femmes sont surtout satisfaites de leur état de santé (84%), par rapport à leur vie sociale (83%), leur vie amoureuse (68%), leur vie sexuelle ( 65%) et leur vie professionnelle (58%), elle redoutent le cancer (81%) plus que la maladie d’Alzheimer (69%).

Le cancer du sein, elles l’ont approché de près via leur entourage

Elles se sentent concernées de près puisqu’elles sont 58% à déclarer connaitre ou avoir connu une personne atteinte du cancer du sein (et 3% à être ou avoir été elles-mêmes atteintes). Et malgré tout, parce qu’elles se disent bien informées, parce qu’elles ont intégré les progrès accomplis, et peut être parce qu’elles mettent de la distance avec la maladie, 61% d’entre elles ne sont pas inquiètes pour elles-mêmes sur la question du cancer du sein. Mais leur inquiétude est plus importante pour les personnes de leur entourage que pour elles-mêmes.

Ce qu’elles font

Le cancer du sein : elles en parlent !

C’est surtout auprès de l’entourage proche que les femmes françaises discutent le plus du cancer du sein : 76% en ont déjà parlé à une personne de leur entourage familial ou professionnel. Elles en parlent beaucoup moins à leur médecin : seuls 49% en ont déjà parlé à un médecin gynécologue ou généraliste. C’est manifestement pour l’heure un sujet simple à aborder, intégré à la vie quotidienne mais qui peine à trouver sa place lors des consultations médicales.

La mammographie ou l’échographie mammaire…

…des examens qu’elles font, surtout à partir de 50 ans

59% des femmes interrogées ont effectué au moins une mammographie ou une échographie mammaire et 97% parmi les femmes de 50 ans et plus.

…des examens qu’elles font, quand ils sont prescrits par un médecin

87% des femmes Françaises ont eu leur première mammographie ou échographie prescrite par un gynécologue ou un généraliste.

…des examens qu’elles NE font PAS, quand le médecin ne le leur propose pas

74% des femmes de l’échantillon qui n’ont pas réalisé de mammographie ou d’échographie mammaire l’expliquent par le fait que personne ne leur a proposé. Cela signifie qu’en 2012, le médecin est celui qui a le rôle le plus prépondérant dans la réalisation de ces examens de dépistage ; les femmes les font sur prescription mais ne les réclament pas d’elles-mêmes.

L’auto-palpation : une pratique peu répandue par manque d’information

33% des femmes Françaises (et 46% des moins de 35 ans) n’ont jamais pratiqué l’auto-palpation, et, pour la plupart d’entre elles, c’est parce qu’elles ne savent pas comment faire (58%)

Et demain ?

Les progrès effectués au cours des 10 dernières années sont reconnus

En effet, très majoritairement, les femmes Françaises s’accordent à dire que l’accès au dépistage, les traitements du cancer du sein, l’accompagnement des femmes atteintes de ce cancer et la prise en charge de la douleur se sont améliorés : respectivement, 87%, 84%, 82%, 79%, 68%.

Mais elles reconnaissent également qu’il y a encore beaucoup à faire dans la prise en charge du cancer du sein dans les années à venir

En effet, les efforts doivent être poursuivis sur tous les fronts : la recherche (88%), l’information sur les facteurs de risque (69%), l’incitation auprès des gynécologues et les médecins à proposer plus systématiquement le dépistage du cancer du sein (respectivement 69% et 65%), le dépistage obligatoire du cancer du sein (66%), la formation des femmes à l’auto-palpation (64%) et le dépistage du cancer du sein à des femmes plus jeunes (55%).

Elles souhaitent également une médiatisation plus importante du sujet

55% des femmes interrogées pensent qu’en France, le cancer du sein n’est pas suffisamment médiatisé.

Elles aimeraient surtout que le dépistage du cancer du sein soit plus précoce ; l’âge qu’elles demandent pour le début du dépistage est 35 ans.

Fabienne Simon

Directrice Générale Adjointe, Ipsos Public Affairs

A la une en ce moment :