Sociologie et motivations de l'électorat

Le sondage réalisé par Ipsos / Logica Business Consulting pour France Télévisions, Radio France, Le Monde et Le Point dresse une radiographie politique et sociologique des différents électorats, et permet de mieux comprendre les déterminants du vote.

L'abstention culmine chez les jeunes et les classes populaires

66% des 18-24 ans, 57% des 25-34 ans, 52% des employés et 49% des ouvriers, 53% des "bas-revenus" ne sont pas allés voter au 1er tour des Législatives. La participation est la plus forte chez les "60 ans et plus" (75%), les retraités (71%), et les "hauts-revenus" (63%). Pour autant, en terme politique, le différentiel de participation est plutôt favorable à la Gauche : 67% des électeurs se classant à gauche sont allés voter, pour 60% de ceux se situant à droite. C'est essentiellement la faible mobilisation du centre droit qui explique ce différentiel : 49% des électeurs se classant au centre et 53% des électeurs "plutôt à droite" se sont abstenus, alors qu'on a des taux de participation des électeurs se classant "à droite" (67%) et "très à droite" (60%) beaucoup plus élevés.

Alors que la sociologie de la participation pouvait laisser penser à un meilleur score de la droite, avec la mobilisation de l'électorat âgé et la démobilisation des moins de 35 ans, on constate un rapport de force chez les plus de 60 ans et les retraités beaucoup plus équilibré et favorable à la gauche qu'attendu, notamment par rapport à la Présidentielle : 44% des "plus de 60 ans" et 45% des retraités ont voté pour un candidat de la Gauche parlementaire, contre respectivement 45% et 43% pour un candidat UMP/Nouveau Centre. Au second tour de la Présidentielle le rapport était autour des 60% / 40% en faveur de Nicolas Sarkozy dans cet électorat. Les candidats PS et EELV ont aussi rassemblé 90% des électeurs de François Hollande ayant voté aux législatives, et surtout 47% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon, contre seulement 44% qui ont voté pour le candidat du Front de Gauche.

Une élection de confirmation

Les élections législatives s'inscrivent comme élection de confirmation de la Présidentielle. 59% des Français souhaitent (39%) ou pensent qu'il est préférable (20%) que François Hollande et son gouvernement disposent d'une majorité à l'Assemblée Nationale, contre 41% d'avis contraire. La Gauche a aussi pu bénéficier d'un début de quinquennat jugé réussi: une majorité de Français se déclare satisfaite de l'action (55%) et plus encore du style (59%) du nouveau Président de la République. Ce climat a compté puisque 48% des électeurs déclarent avoir voté en pensant "à la politique menée par François Hollande qu'il est Président de la République", contre 52% qui ont privilégié leur opinion sur les candidats de la circonscription.

La fin du Front Républicain ?

Comme à la Présidentielle, la Gauche devrait pouvoir compter sur d'excellents reports au sein de son camp : 92% des électeurs du Front de Gauche et 97% de ceux d'EELV ont l'intention de voter pour le candidat de Gauche au second tour. L'électorat du Modem semble pencher plus à Droite qu'à la Présidentielle, puisque 61% opteraient pour le candidat de Droite au second tour (alors qu'ils n'étaient que 40% à choisir Nicolas Sarkozy au second tour de la Présidentielle) ; 30% ont l'intention de voter pour le candidat de Gauche, 9% pensent s'abstenir. Le report de l'électorat du Front National sur le candidat de Droite est également plus fort qu'à la Présidentielle : 60%, pour 54% le 6 mai. L'affaiblissement du réflexe "Front Républicain" et la porosité grandissante des électorats UMP / FN constitue par ailleurs une des évolutions majeures de la séquence électorale qui s'achève. Si les Français dans leur ensemble y restent opposés (61%), deux tiers des électeurs UMP (66%) et FN (64%) sont favorables à un accord de désistement mutuel entre les deux formations.  Le Front Républicain ne constitue plus du tout une priorité pour l'électorat de Droite : seuls 14% des électeurs UMP souhaitent un appel à voter pour le candidat de gauche en cas de duel gauche / FN au second tour, contre 46% qui préfèrent qu'il n'y ait pas de consigne de vote et 41% qu'il y ait un appel en faveur du candidat du FN. A gauche, la question divise : en cas de duel FN / Droite parlementaire, 54% des électeurs de gauche souhaitent qu'il n'y ait pas de consigne, contre 50% qui souhaitent un appel à voter pour le candidat de droite. 

Jean-François Doridot

Directeur Général, Ipsos Public Affairs

Les derniers commentaires :

Koekoe94

Le 08/04/15 à 20h55

Hello, excusez-moi mais ça veut dire quoi S/T gauche parlementaire ?

Bonjour @KOEKOE94, désolé pour cette réponse très tardive, S/T est une abréviation pour dire "sous total". On utilise cette notion pour définir les rassemblements de bords politiques droite ou gauche. Bonne journée.

Louis_Breton

Le 21/04/15 à 17h22

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