Nicolas Sarkozy et François Hollande au coude à coude au 1er tour

A deux semaines du 1er tour, Nicolas Sarkozy et François Hollande sont au coude à coude dans les intentions de vote : l'actuel président de la République reste en tête (29%), mais il se tasse légèrement et est talonné par François Hollande (28,5%). Le rapport de force est en revanche toujours nettement en faveur du leader socialiste au second tour (55% contre 45%). En progression d'un point, Marine Le Pen (15%) retrouve quant à elle la troisième place du 1er tour, juste devant Jean-Luc Mélenchon (14,5%), tandis que François Bayrou (9,5%) continue de voir les intentions de vote en sa faveur s'éroder.

A deux semaines du scrutin, Nicolas Sarkozy et François Hollande semblent bien placés pour accéder au second tour de la Présidentielle 2012. Mesuré à 29% d'intentions de vote, le Président sortant a su reconquérir plus de 80% de son électorat 1er tour de 2007. De son côté, François Hollande a gagné un point cette semaine pour revenir presque à égalité (28,5%), grâce à des scores en progression dans l'électorat centriste et chez les sympathisants écologistes. L'incertitude sur l'ordre d'arrivée reste donc très forte pour les deux premières places, mais aussi pour la troisième. Le match est serré entre Marine Le Pen, qui mobilise mieux les sympathisants FN et regagne un point d'intentions de vote pour atteindre 15%, et Jean-Luc Mélenchon, dont le score s'est stabilisé à 14,5%.

On constate en fait aujourd'hui que pour l'opinion, comme peut-être pour les candidats concernés, la campagne s'articule surtout en mode "duels". Duels entre Nicolas Sarkozy et François Hollande pour la première place, entre  Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon pour la troisième. Duels de vote utile aussi, comme le montre la fluidité de l'électorat entre François Hollande et Jean-Luc Mélenchon à gauche, entre Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen à droite, sans que cela n'influence le rapport de force global gauche / droite qui reste stable. Avec l'avance confortable dont disposent les deux favoris, certains électeurs sont tentés d'envoyer par leur vote un message de radicalité.

Tous ces duels ne concernent pas François Bayrou, qui se retrouve du coup un peu exclu du jeu. Dans ce contexte peu favorable, le candidat centriste perd encore du terrain (9,5%, -0,5). Son électorat s'est érodé ces dernières semaines, en faveur de Nicolas Sarkozy pour une partie "centre droit", en faveur de François Hollande pour une partie "centre gauche", et même en faveur de Jean-Luc Mélenchon pour une partie de ceux qui voyaient en François Bayrou un candidat "anti-système". Ce contexte pèse aussi sur les petits candidats, qui restent tous à moins de 2% d'intentions de vote, sans profiter de la règle d'égalité des temps de parole.

Au final, le rapport de force global entre la gauche (45,5% d'intentions de vote) et la droite (45%) au premier tour reste stable et équilibré, ce qui rend pour l'instant difficile une victoire de Nicolas Sarkozy au second tour. Alors que les électeurs des 5 candidats de gauche se reportent massivement sur la candidature de François Hollande au second tour (95%), l'électorat de droite est en effet moins unanime (81% pour Nicolas Sarkozy, 5% pour François Hollande). De fait, le candidat socialiste conserve aujourd'hui une bonne avance au second tour (55% / 45%). Pour espérer l'emporter, le Président sortant aurait besoin d'un rapport de force gauche / droite plus favorable à la droite au premier tour, qui permettrait de compenser le déficit de report de voix que l'on mesure toujours dans l'électorat frontiste ; sur cette vague, 33% des électeurs de Marine Le Pen envisagent de s'abstenir au second tour et 14% prévoient de voter Hollande.

Cela pourrait éventuellement passer par un sursaut de mobilisation. Il y a en effet encore une réserve d'électeurs peu mobilisés, mais pas si importante que cela. Rien n'indique en effet qu'on se dirige vers un record d'abstention le 22 avril : nous relevons un taux de "certains d'aller voter" de 81%, légèrement inférieur à ce que nous mesurions à deux semaines du scrutin en 2007, mais supérieur à ce que l'on mesurait en 2002. L'expérience ayant montré que les électeurs surestiment toujours leur participation, on se dirigerait aujourd'hui vers un taux d'environ 75%.

La question d'actualité posée en marge de l'intention de vote portait cette semaine sur le contenu et la crédibilité des projets électoraux. Dans l'ensemble, aucun programme n'est jugé "souhaitable et réaliste" par une majorité d'électeurs. Cette question permet par ailleurs un comparatif intéressant entre l'opinion que se font les électeurs du programme de François Hollande et de Nicolas Sarkozy. Elle fait apparaître un léger problème de crédibilité chez François Hollande (67% des électeurs jugent son projet souhaitable mais seulement 36% "souhaitable et réaliste"), et un problème de crédibilité et de contenu chez Nicolas Sarkozy (seulement 51% des électeurs jugent son programme souhaitable, 43% d'avis contraire, 30% jugent son programme ""souhaitable et réaliste"). Dans le détail, on constate que Nicolas Sarkozy peine à convaincre les personnes ayant l'intention de voter pour la présidente du Front national ou le leader du Modem du bien-fondé de son projet. Ainsi, seules 24% des personnes ayant l'intention de voter pour Marine Le Pen jugent son projet souhaitable et réaliste, tandis que 32% estiment qu’il est souhaitable mais pas réaliste et 39% pas souhaitable. De même, 29% des personnes ayant l'intention de voter pour François Bayrou jugent les propositions de l'actuel président de la République souhaitables et réalistes, 24% souhaitables mais pas réalistes et 41% pas souhaitables. Les électeurs potentiels de François Bayrou rejettent beaucoup moins le programme de François Hollande, même s'ils doutent majoritairement de son réalisme. Notons enfin que les propositions de Marine Le Pen sont, sauf dans son propre camp, sont massivement réprouvées, tandis qu'à l'inverse, le projet de Jean-Luc Mélenchon séduit une majorité de Français (54%), même si 35% d'entre eux le jugent irréaliste.

Jean-François Doridot

Directeur Général, Ipsos Public Affairs

Christelle Craplet

Jean-François Doridot

A la une en ce moment :

  • Législatives - 2nd tour : Retrouvez les experts Ipsos sur nos médias partenaires pour la soirée électorale

    Lire l'article

    # Elections

  • Législatives - 1er tour : Retrouvez les experts Ipsos sur nos médias partenaires pour la soirée électorale

    Lire l'article

    # Elections

  • Baromètre politique : Après deux mois « d’attentisme bienveillant », les jugements des Français à l’égard du couple exécutif se durcissent

    Lire l'article

    # Politique