Présidentielle : l'écart se resserre au second tour

L'écart entre François Hollande et Nicolas Sarkozy s'est encore réduit, au premier tour où les deux hommes sont presque à égalité, mais surtout au second tour, avec un rapport de force tombé à 54% / 46%, selon la dernière vague du baromètre d'intentions de vote Ipsos/Logica Business Consulting réalisé pour France Télévisions, Radio France et Le Monde. Cette nouvelle mesure confirme aussi la progression de Jean-Luc Mélenchon, qui atteint 13% d'intentions de vote et double François Bayrou (11,5%).

L'écart s'est encore resserré dans les dernières intentions de vote premier tour mesurées les 23 et 24 mars auprès d'un échantillon d'électeurs "certains d'aller voter". Crédité de 28% (-0,5 point), François Hollande est quasiment au même niveau que Nicolas Sarkozy (27,5%, sans changement par rapport à la semaine dernière). A 40 jours du scrutin, les deux hommes sont bien placés pour se qualifier pour le second tour: troisième avec 16% d'intentions de vote (+1), Marine Le Pen accuse en effet un retard de plus de 10 points. De son côté, Jean-Luc Mélenchon (13% +1,5 points) reste sur une dynamique favorable. Le leader du Front de Gauche est désormais à près de 20% dans les catégories populaires (employés, ouvriers) et séduit une part de plus en plus grande des électeurs de gauche non socialistes (53%, +11 points contre 20% pour François Hollande, -7). Sa progression lui permet aujourd'hui de doubler François Bayrou qui subit une double érosion de son électorat, à gauche vers François Hollande et à droite vers Nicolas Sarkozy, et retombe à 11,5% (-1,5 points).

Si le drame de Toulouse n'a pas bouleversé le rapport de force électoral premier tour, il aura contribué à améliorer l'image du Président sortant : 70% des Français – et 74% des électeurs de Marine Le Pen - estiment en effet que "Nicolas Sarkozy a trouvé le ton juste dans ses propos concernant les évènements qui ont eu lieu à Toulouse et leur portée". Il bénéficie du coup de meilleurs reports de voix, qui lui permettent de gagner 2 points d'intentions de vote second tour pour atteindre 46% (contre 54% pour François Hollande). Le report de voix de l'électorat de Marine Le Pen vers Nicolas Sarkozy s'est particulièrement redressé, passant de 33% début mars à 52% aujourd'hui, alors que dans le même temps, le report de voix de l'électorat Bayrou vers François Hollande s'est dégradé dans les mêmes proportions : une partie de l'électorat centriste se trouve peut être contrarié par la montée de Jean-Luc Mélenchon et ses conséquences éventuelles sur la politique de François Hollande en cas de victoire. Le candidat socialiste bénéficie en revanche toujours de bons reports dans l'électorat Mélenchon, supérieurs à 80%.

Posée en marge de l'intention de vote, une question sur la place des différents thèmes dans la campagne électorale montre par ailleurs que les Français ne sont toujours pas satisfaits des sujets abordés. Ils regrettent qu'on ne parle pas assez "du chômage et de l'emploi" (66%), de "pouvoir d'achat" (64%) ou "d'école et d'éducation" (66%). Par rapport aux réponses à cette même question posée début mars, une proportion croissante d'électeurs souhaiterait également qu'on parle un peu plus "de la dette publique et des déficits" (46%, +10 points), et surtout moins "d'immigration" (40%, +7). Les Français restent en revanche partagés sur le poids à accorder aux questions d'insécurité : 29% des Français estiment "qu'on parle trop d'insécurité dans le cadre de cette campagne", mais 39% "pas assez" et 31% "comme il faut".

Jean-François Doridot

Directeur Général, Ipsos Public Affairs

Jean-François Doridot

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