Présidentielle 2012 : Progression de Hollande et Sarkozy

La dernière vague du baromètre d'intentions de vote Présidentielle 2012 Ipsos / Logica Business Consulting réalisé pour France Télévisions, Radio France et Le Monde confirme le statut de favori de François Hollande, toujours largement en tête des intentions de vote 1er tour et 2nd tour. Parallèlement, Nicolas Sarkozy progresse de deux points et creuse l’écart, ce dernier bénéficiant aujourd'hui de 9 points d'avance sur Marine Le Pen et de 12,5 points d'avance sur François Bayrou au 1er tour. La forte exposition médiatique du candidat PS (meeting du Bourget, émission Des paroles et des actes) et du président de la République (intervention télévisée) a donc trouvé une traduction concrète dans les intentions de vote.

En hausse de 3 points à 32%, François Hollande devance toujours nettement Nicolas Sarkozy (25%, +2) dans les intentions de vote des électeurs certains d'aller voter au premier tour de la Présidentielle 2012.

La médiatisation des difficultés du Front National pour recueillir les promesses de parrainage n'a pas permis à Marine Le Pen de progresser en termes d'intentions de vote. Au contraire, elle perd 2 points par rapport à la vague précédente réalisée mi-janvier, pour se retrouver à 16%. Même tendance pour François Bayrou, en baisse d'1,5 point à 12,5%. La dynamique particulièrement favorable au candidat du Modem en décembre/janvier est aujourd'hui enrayée. Pour lui comme pour Marine Le Pen, l'écart se creuse par rapport à Nicolas Sarkozy.

Derrière, on relèvera la légère progression de Jean-Luc Mélenchon, qui gagne 1 point à 8,5% d'intention de vote, soit le meilleur score enregistré pour le candidat du Front de gauche depuis le lancement de ce baromètre en mai 2011. La situation est en revanche de plus en plus délicate pour Eva Joly, qui ne totalise plus que 2% d'intentions de vote (-1), son plus mauvais score. Pour cette vague, Dominique de Villepin est à 2% également (-1), Nathalie Arthaud est à 1% (inchangé), Philippe Poutou est à 0,5%. Dans l'attente du lancement de la campagne officielle qui pourrait leur donner un peu plus de visibilité, les autres candidats testés (Frédéric Nihous, Corinne Lepage, Hervé Morin, Christine Boutin ou Nicolas Dupont-Aignan) sont pour l'heure tous crédités d'un score inférieur à 0,5%.
L’éventuelle absence de Marine Le Pen au 1er tour de l’élection présidentielle ne remet pas fondamentalement en cause les rapports de force entre candidats. Ainsi, l'avance du candidat socialiste est presque aussi grande lorsqu'on teste une offre électorale sans la présidente du Front national : il serait alors crédité de 33,5% d'intentions de vote, contre 28,5% à Nicolas Sarkozy.

On constate en effet qu'en cas d'absence de Marine Le Pen, les "seconds choix" de l'électorat frontiste sont hétéroclites et ne convergent pas forcément vers le Président sortant : un bon tiers (35%) se réfugie dans l'abstention, le vote blanc ou nul ou ne se prononce pas, un quart (23%) penche pour Nicolas Sarkozy et le reste se répartit notamment en faveur de l’extrême gauche, de François Bayrou ou de François Hollande. A noter qu'un premier tour sans Marine le Pen n'est toutefois pas souhaité : 61% des interviewés pensent que "si finalement Marine Le Pen n'obtenait pas les 500 signatures lui permettant de se présenter à la présidentielle et qu'elle ne pouvait pas être candidate, ce ne serait pas une bonne chose pour la démocratie" (30% d'avis contraire). Cet avis est d'ailleurs majoritaire dans toutes les familles politiques. En revanche, la règle des 500 signatures n'est pas remise en cause : 56% des Français estiment que "c'est une bonne règle, car elle permet d'éviter les candidatures qui ne sont pas sérieuses", contre 39% qui jugent plutôt que "ce n'est pas une bonne règle, car elle peut empêcher une représentation correcte de toutes les tendances politiques".

Pas de changement enfin concernant les intentions de vote second tour, toujours largement dominées par François Hollande, à 59% d'intentions de vote, contre 41% pour Nicolas Sarkozy. Dans le détail des reports de voix 1er / 2nd tour, on remarquera que François Hollande bénéficie toujours de bons reports de l'électorat de Jean-Luc Mélenchon et d'Eva Joly (autour de 70%) ; les électeurs de François Bayrou penchent aussi majoritairement en sa faveur (46%, contre 24% qui choisissent Nicolas Sarkozy et 30% qui préfèrent ne pas se prononcer). L'électorat de Marine Le Pen se répartit quant à lui à 41% sur Nicolas Sarkozy et 19% sur François Hollande, 40% n’exprimant pas d’intentions de vote.

Stéphane Zumsteeg

Directeur du Département Opinion et Recherche Sociale, Ipsos Public Affairs

Stéphane Zumsteeg

Directeur du Département Opinion et Recherche Sociale, Ipsos Public Affairs

Christelle Craplet

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