Regain d'optimisme dans les PME

L'éclaircie du mois dernier se confirme : au-delà du contexte de crise, les dirigeants de PME anticipent pour leur entreprise une fin d'année un peu meilleure, selon la dernière vague du Baromètre des PME/PMI réalisée par Ipsos pour LCL et La Tribune. Pour répondre à l'augmentation de la demande, on repense même à embaucher.

Revenu à 102 points (+ 3 points par rapport au mois dernier), l'indice de l'Etat de Santé des PME –PMI révèle un regain d'optimisme chez les "petits patrons" : 61% d'entre eux sont "satisfaits du niveau de production de leur entreprise", 56% sont "satisfaits du niveau d'activité commerciale" et 52% sont satisfaits de la trésorerie. La demande est à nouveau mieux orientée, avec un indice "demande de produits" en nette progression (95 points, +6). Dans le détail, on constate un bond de la demande émanant des "grandes entreprises / collectivités" (+16 points), de la demande "grande consommation" (+9), et la consolidation de la demande interne aux PME (+2).

Les voyants verts s'allument, à tel point qu'on repense même à embaucher. Si la majorité des chefs d'entreprises déclarent un nombre de salariés "stationnaire", il y a en effet aujourd'hui plus de PME qui embauchent (22%) que de PME qui réduisent leurs effectifs (15%). Le solde hausse-baisse est à +7, un score que l'on n'avait plus connu depuis 2008. Il masque néanmoins des situations assez disparates, entre les secteurs des services, de la vente en gros ou de l'agriculture/forêt/pêche qui semblent se porter de mieux en mieux, et des secteurs comme le BTP, le Transport ou l'Industrie, où la conjoncture reste plus difficile.

Les patrons ont envie d'y croire, mais ne se réjouissent pas trop vite. La crise est toujours là, et si l'on apprécie "les efforts du gouvernement en matière d'aide aux PME" (indice à 124 points, +9 points), "l'incertitude politique et économique" (34% de citations) est passée en tête dans la hiérarchie des principaux freins au développement de l'entreprise. C'est seulement la troisième fois depuis la création du baromètre en septembre 1992 que "le poids des charges sociales" (25% de citations, - 10) perd sur cette question sa traditionnelle première place.

Yves Fradier

Responsable du service des Grandes Enquêtes, Ipsos Observer

Farah El Malti

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