Les Français restent attachés à la famille traditionnelle

Le sondage Ipsos réalisé avec le concours du journal La Croix pour La Conférence des Evêques de France souligne que les Français restent très fortement attachés à la famille nucléaire traditionnelle, sans pour autant porter de regard moralisateur sur l’augmentation des divorces ou des séparations. Redoutée par dessus tout, la séparation serait aujourd'hui liée à des raisons individuelles et psychologiques (un manque d’efforts) plutôt que la conséquence d’une dévalorisation du mariage ou d’une trop grande tolérance avec le divorce.

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Premier grand enseignement de notre sondage : la famille stable et qui dure, une idée toujours d’actualité, surtout auprès des plus jeunes

Alors que le nombre de séparations et de divorces n’a cessé d’augmenter au cours des dernières décennies, alors que le couple est mis à rude épreuve avec notamment l’allongement de la durée de vie, il s’avère que les Français restent au final très fortement attachés à la famille qui dure. En effet, interrogés sur leur préférence entre d’une part « construire une seule famille dans leur vie en restant avec la même personne », et de l’autre « ne pas forcément construire une seule famille avec la même personne », les trois-quarts des Français (77%) déclarent choisir la première option (contre 13% pour la seconde option).

On notera que les plus attachés à ce « modèle » sont les plus jeunes : 84% des 18-24 ans et 89% des 25-34 ans.

Les raisons de l’augmentation des séparations selon les Français : un manque de pugnacité dans le couple et la plus grande indépendance des femmes

Interrogés sur les raisons selon eux de l’augmentation du nombre de séparations et de divorces dans notre société, les Français soulignent deux raisons principales : d’une part, le fait que les couples font moins d’efforts qu’avant pour rester ensemble (50% de citations) et de l’autre le fait que les femmes travaillent et sont plus indépendantes (43%). Cette deuxième raison n’est pas à lire comme une critique ou un reproche à l’égard des femmes dans ce que nous disent les Français, mais davantage comme une explication sociologique ; les femmes sont d’ailleurs plus nombreuses (50%) que les hommes (35%) à l’avancer.

Autres raisons invoquées, mais moins importantes aux yeux des Français : la moindre hypocrisie régnant dans les couples, qui ne se forcent plus à rester ensemble (36%) et également les difficultés matérielles comme le logement et le chômage (33% de citations et 39% dans les foyers ouvriers). On notera que la plus grande tolérance dans notre société vis-à-vis du divorce (21%), la dévalorisation du modèle familial traditionnel par les media (11%) ou l’allongement de la durée de vie (8%) sont en revanche moins cités.

Comment aider les gens à rester en couple : changement des mentalités, aide extérieure pour le couple et soutien matériel.

Les réponses à apporter à la multiplication des séparations sont à mettre en regard des causes invoquées. Ainsi, un changement des mentalités (33% des citations) pourra répondre au manque d’efforts souligné précédemment. Mais face au désarroi des couples, les Français soulignent également le besoin d’une aide extérieure pour que les couples puissent discuter de leurs problèmes (28%). Enfin, troisième piste à privilégier afin de répondre aux difficultés matérielles : un soutien matériel pour le logement et la conciliation entre vie privée et professionnelle (25% de citations).

La famille comme thème dans la campagne présidentielle de 2012 : un sujet important pour plus d’un Français sur deux.

55% des Français déclarent qu’ils tiendront compte dans leur vote des propositions des candidats en matière de politique familiale. Les plus impliqués sur ce thème sont les femmes (58%), les Français d’âge intermédiaire avec des enfants en bas âge (58%), les plus de 70 ans (69%), les catégories populaires (59%) et les sympathisants PS (62%).

Au vu des catégories concernées, on notera que la « politique de la famille » est davantage comprise par les Français comme les aides et prestations en faveur de la famille (au travers des allocations, mais aussi des créations de crèches par exemple) que comme un combat idéologique visant à la défense des valeurs traditionnelles autour de la famille.

 

Fiche technique :

SONDAGE Ipsos / Logica Business Consulting effectué pour : La Croix et La Conférence des évêques de France

Échantillon : 940 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Date de terrain : Du 16 au 17 septembre 2011.

Méthode : Échantillon interrogé par téléphone.
Méthode des quotas : sexe, âge, profession de la personne interrogée, région et catégorie d’agglomération.

Guillaume Petit

Directeur du département Corporate & Opinion, Ipsos Public Affairs

Guillaume Petit

Directeur du département Corporate & Opinion, Ipsos Public Affairs

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