Les Français et la cuisine

L'enquête Ipsos/Logica Business Consulting réalisée pour Cuisines en Fête montre qu’une majorité des Français cuisine fréquemment, passant en moyenne 1h22 par jour derrière les fourneaux (week-end compris). Le savoir-faire culinaire fait l’objet d’une transmission intergénérationnelle, mais plus d’un Français sur deux estime qu’il cuisine moins bien que ses parents. Au sein du couple, les femmes sont toujours considérées par leur conjoint comme le référent en matière de cuisine, mais ces dernières ne sous-estiment pas leur compagnon, même si elles jugent assez sévèrement leur cuisine.

Les Français et la cuisine : habitudes, fréquence, qualité

Plus de 8 Français sur 10 affirment cuisiner ou "fréquemment" (52%) ou "parfois"(29%). Même si l’on passe moins de temps à préparer ses repas qu’au siècle dernier, la pratique de la cuisine reste donc bien ancrée dans le quotidien des Français. Les femmes en font toujours plus que les hommes puisqu’elles cuisinent plus fréquemment qu’eux (65% contre 38%), résultat encore plus saillant auprès des femmes de 40 ans et plus (67%) et de celles vivant en couple (72%). Notons tout de même qu’un certain rééquilibrage hommes – femmes semble en cours puisque les hommes les plus jeunes (18-29 ans, 45%) ou en âge d’avoir des enfants (40-49 ans, 47%) sont ceux qui déclarent le plus « fréquemment » cuisiner.  Enfin, on peut aussi souligner que la pratique de la cuisine est plus développée en province (54%) qu’en Ile de France (44%) ainsi que dans les foyers avec enfants que sans enfant (58% contre 49%). 

Ils passent en moyenne 1h22 par jour à cuisiner (week-end compris)…

L’envie de cuisiner et l’engouement du « fait maison » sont toujours présents dans les foyers, les Français qui cuisinent y passant en moyenne 1h22 par jour (jours de semaine et de week-end confondus). Notons que la pratique de la cuisine est plus développée le week-end (en moyenne 99 minutes, soit 1h39) qu’en semaine (en moyenne 76 minutes, soit 1h16). Les femmes passent logiquement plus de temps que les hommes à cuisiner en semaine comme le week-end (89 minutes contre 74 minutes), résultat toujours plus probant auprès des femmes de 40 ans et plus (90 minutes) et de celles vivant en couple (91 minutes). Le rééquilibrage hommes – femmes évoqués précédemment s’ancre davantage chez les hommes les plus jeunes (18-29 ans, 82%) qui cuisinent quasiment tout autant que les femmes du même âge (84%). Les différences entre province / Ile de France et foyers avec / sans enfants persistent, les habitants en province et les parents passant en tendance plus de temps à cuisiner (respectivement 83 minutes et 84 minutes en moyenne).

…et préfèrent cuisiner seuls plutôt qu’accompagnés

Lorsque les Français cuisinent, une large majorité (70%) préfère le plus souvent être seule qu’être accompagnée de leur conjoint (20%), de leurs enfants (7%) ou de leurs amis (2%).

Les femmes sont plus nombreuses à pré férer cuisiner seules (73%). Les hommes sont aussi une majorité à préférer cuisiner en solitaire (67%) mais sollicitent davantage la compagnie de leur conjoint (26%). L’âge apparaît aussi comme étant un facteur clivant, les répondants les plus âgés préférant cuisiner seuls tandis que les plus jeunes préférant être accompagnés. 

Pour autant, ils se montrent assez sévères sur leurs talents de cuisinier

Les Français se montrent relativement sévères à l’encontre de leur cuisine puisqu’ils s’attribuent une note moyenne de 6,2 / 10. Ils sont en effet 42% à s’octroyer une note comprise entre 6 et 7 et 21% à s’accorder une note entre 4 et 5. A noter que tout de même un Français sur quatre concède une bonne note à sa cuisine comprise entre 8 et 10 (27%).  Etant plus souvent aux fourneaux que les hommes, les femmes attribuent une meilleure note à leur cuisine que ne le font les hommes (respectivement 6,7 / 10 contre 5,7 / 10). La note que s’attribue les femmes augmente avec leur âge, les plus âgées jugeant plus favorablement leur cuisine que les plus jeunes (moins de 40 ans, 6,4 ; 40 ans et plus, 6,9). Les hommes les plus jeunes se montrent quant à eux moins sévères envers leur cuisine se notant aussi bien que les femmes du même âge (6,5 contre 6,4), tandis qu’ils deviennent plus critiques envers leurs talents culinaires en prenant de l’âge. Les habitants en province et les foyers avec enfants, cuisinant davantage que les franciliens et que les non-parents, sont plus cléments à l’égard de leur cuisine (respectivement 6,3 et 6,5 / 10).

Lorsqu’ils se mettent aux fourneaux, que savent faire les Français ?

Les Français se sentent capables de réaliser eux-mêmes un peu plus de la moitié des plats (8,4 plats exactement) parmi les seize grands classiques de la cuisine qui leur sont proposés. Les femmes se sentent davantage capables que les hommes de réaliser ces plats (9,8 plats contre 6,9 plats), l’effet d’apprentissage chez les femmes augmentant avec l’âge. Les parents (8,6 plats) et les habitants en province (8,6 plats) considèrent que davantage de plats sont à leur portée comparés aux franciliens (7,7 plats) ou aux non-parents (8,3 plats).

Dans le détail, les crêpes est le plat qui arrive largement en tête du palmarès, 80% des Français déclarant être certains de savoir en faire. Un autre dessert se place sur la seconde marche du podium : la tarte aux pommes, que 73% des répondants affirment être capables de réaliser. La quiche lorraine et le gratin dauphinois (69%) arrivent quant à eux ex-æquo en troisième position du classement. Viennent ensuite la pizza (63%), la mayonnaise (63%) et la mousse au chocolat (62%). Les plats cuisinés à base de viande, plus compliqués à réaliser, font ensuite leur entrée et obtiennent des scores légèrement supérieures à la moyenne : le bœuf bourguignon (56%), la blanquette de veau (51%) et le gigot d’agneau (51%). D’autres desserts dont la réalisation est plus complexe (île flottante, 44% ; charlotte aux fraises, 34%), les plats à base de poissons (sole meunière, 35%), ceux issus de la « world food » (couscous, 39%) ou encore les plats régionaux (cassoulet, 30% ; soupe de poissons, 24%) obtiennent des scores en deçà de la moyenne et occupent le bas du tableau. En règle générale, les femmes se sentent davantage capables que les hommes de réaliser l’ensemble de ces plats. Les répondants les plus âgés et les non-parents ont tendance à savoir davantage réaliser l’ensemble des plats cuisinés à base de viande ou de poissons tandis que les desserts ou les plats cuisinés plus simples à réaliser (ex. quiche lorraine, pizza, gratin dauphinois) sont plus à la portée des plus jeunes et des parents.

Grands parents, parents et enfants : la cuisine est-elle une affaire de famille ?

Une majorité de Français a le sentiment que leurs parents leur ont transmis leur savoir-faire en cuisine…

Le savoir-faire culinaire fait l’objet d’une transmission intergénérationnelle pour une majorité de Français (62%). Notons toutefois que cette transmission n’est pas systématique, puisque moins d’un répondant sur quatre (22%) estime en avoir tout à fait bénéficié. Les femmes semblent avoir davantage bénéficiées de cette transmission que les hommes (69% contre 54%), cette différence s’expliquant par un legs plus systématique de ce savoir-faire en faveur de la gent féminine (29% de tout à fait seulement 14% chez les hommes). Ce savoir-faire semble néanmoins se transmettre peu aux nouvelles générations : chez les jeunes, le niveau de transmission auprès des femmes est quasiment aussi proche que celui des hommes.

…alors que plus d’un répondant sur deux estime qu’il cuisine moins bien que ses parents ne le faisaient

La majorité des Français (52%) considère qu’elle fait aujourd’hui moins bien la cuisine que ses parents ne le faisaient lorsqu’il était enfant. Un répondant sur cinq (20%) estime qu’il ne cuisine ni mieux ni moins bien qu’eux tandis que seul  28% des répondants considèrent mieux cuisiner qu’eux.

Les femmes sont plus nombreuses à considérer être des cuisinières meilleures (30%) ou équivalentes (23%) à leurs parents, ces résultats étant encore plus probants auprès des femmes de 40 ans et plus (respectivement 32% et 25%). Les hommes sont plus sévères à leur encontre, ces derniers se considérant davantage moins bons cuisiniers que ne l’étaient leurs parents (58%).  

Pour autant, la très grande majorité des Français prévoit de transmettre son savoir-faire en cuisine à ses enfants

Les trois quarts des Français (75%) prévoient un jour de transmettre leur savoir-faire en cuisine à leurs enfants, 38% l’envisagent même certainement. Les femmes sont celles qui se sentent le plus investies dans ce transfert du savoir-faire culinaire (84%, dont 48% certainement), tout comme la plus jeune génération (moins de 40 ans, 86%) ou les parents qui se sentent davantage concernés (85%).

Cuisine et couple font-ils bon ménage ?

Même si les femmes restent le référent au sein du couple en matière de cuisine, plus de 2/3 des femmes jugent leur conjoint capable de cuisiner…

Au sein des couples, les femmes restent le référent en matière de cuisine, la quasi-totalité de leur conjoint (96%) estimant qu’elles savent au moins cuisiner au quotidien, 38% estimant même qu’elles savent tout cuisiner ou presque. Les hommes ne sont néanmoins pas en reste, puisqu’une nette majorité de femmes estiment que leurs conjoints savent cuisiner au quotidien (66%), résultat non négligeable et qui laisse présager de certaines évolutions au sein du couple.

A noter que les femmes les plus jeunes sont plus clémentes à l’égard de la cuisine de leur conjoint (68% des femmes de moins de 40 ans considèrent que leur conjoint sait cuisiner au quotidien) alors que les plus âgées sont plus critiques à leur égard (36% des femmes de 40 ans et plus estiment que leurs maris ne savent pas cuisiner).

…ces dernières jugeant toutefois sévèrement leur cuisine.

Pour autant, malgré cette évolution notable de la capacité de l’homme à savoir cuisiner au sein du couple, les femmes jugent assez sévèrement la cuisine de leur conjoint : près d’une femme sur deux attribue une note à sa cuisine égale ou inférieure à la moyenne, signe que si des progrès sont en cours, les hommes ont encore des efforts à fournir pour améliorer leur cuisine. A l’inverse, les hommes attribuent une bonne note à la cuisine de leur conjoint, la note moyenne s’élevant à 7,4 / 10. Ici aussi, on note que les femmes les plus jeunes sont moins sévères à l’égard de la cuisine de leur conjoint (5,9 / 10) que les plus âgées (5,3 / 10). Au sein du couple, la critique de la cuisine de son conjoint n’est pas si facilement acceptée. Lorsqu’au sein du couple le conjoint cuisine et rate un plat, la quasi-totalité des répondants s’accorde à dire qu’il vaut mieux lui dire (90%) que de ne pas lui dire (10%). Pour autant, ces critiques ne sont pas toutes bonnes à entendre, les répondants étant très partagés sur la réaction que cela peut susciter chez leurs conjoints. Ils sont tout autant à estimer que leurs conjoints apprécient les critiques pour ne pas refaire les mêmes erreurs (46%) qu’ils sont susceptibles et qu’il faut prendre des précautions pour formuler ces critiques (44%). On notera que cette susceptibilité a tendance à être un peu plus ressentie par les hommes à l’égard de leur compagne (48%). Les répondants les plus jeunes considèrent que leurs conjoints sont moins réceptifs aux critiques (moins de 40 ans, 52%) tandis que les plus âgés estiment que leurs conjoints sont plus susceptibles sur ces sujets, privilégiant davantage d’évoquer les critiques à leur conjoint avec précautions (40 ans et plus, 46%) voire même de ne pas le lui en parler du tout (40 ans et plus, 11%).

Etienne Mercier

Directeur du département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs

Emilie Rey-Coquais

Etienne Mercier

Directeur du département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs

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