François Hollande favori de la primaire socialiste

La première vague du baromètre de la primaire socialiste Ipsos/Logica Business Consulting réalisé auprès des votants potentiels au scrutin pour France Télévisions, Radio France et Le Monde, est assez nettement favorable à François Hollande. Le député-maire de Tulle devance les autres candidats en terme d'intentions de vote, mais également sur de nombreux indicateurs de "présidentialité" (image, stature, capacité à rassembler les Français, à gagner la présidentielle...). Le scrutin n'est pas encore joué, mais il faudra tout de même que Martine Aubry fasse une très bonne campagne pour inverser la tendance. 

Le potentiel de participation à la primaire :

Le potentiel de participation issu de l’enquête est de 9%. Les électeurs surestiment cependant
systématiquement leur participation. Pris à la lettre, ce chiffre signifierait qu’environ 3,8 millions
d’électeurs participeraient à la primaire. Sans que l’on puisse estimer à ce stade de combien il
faudrait déflater ce niveau de participation déclaré, on mesure cependant que la barre d’une
participation de plus d’un million d’électeurs est tout à fait envisageable et que les 2 millions sont
également possibles.
Le profil sociopolitique des votants potentiels est tout à fait cohérent avec les hypothèses que l’on
pouvait faire : les sympathisants du PS y sont massivement sur-représentés, puisqu’ils pèsent
pour 71% des votants potentiels à la primaire socialiste. Le reste provient de sympathisants de
gauche (extrême gauche, PC / FDG) pour environ 12% et de sympathisants écologistes (6%). Les
sympathisants de droite ne représentent qu’un nombre très faible des votants potentiels à la
primaire socialiste : 3% se disent proches de l’UMP et 2% du FN. On trouve également 3% de
sympathisants Modem.
La sociologie fait logiquement apparaître un nombre un peu plus important d’employés et
d’ouvriers que dans la population française, ce qui est cohérent avec la sociologie des électeurs
PS et davantage de plus de 45 ans, qui représentent 63% des votants potentiels.

Les principaux enseignements de l’étude auprès des votants potentiels à la
primaire socialiste : un avantage fort et incontestable de François Hollande, qui
domine sur pratiquement tous les indicateurs…

L’enquête fait apparaître un avantage fort et incontestable de François Hollande à l’occasion du
scrutin de la primaire. En effet :

• Dans les intentions de vote, François Hollande est très largement en tête du premier tour : il obtiendrait 42% des suffrages,contre 31% à Martine Aubry et 18% à Ségolène Royal - viennent ensuite Arnaud Montebourg (5%), Manuel Valls (3%) et Jean-Michel Baylet (1%).Son électorat est également potentiellement plus solide : il est davantage composé d’électeurs s’intéressant fortement à la primaire ;il fait pratiquement jeu égal avec Martine Aubry chez les moins de 45 ans mais l’emporte nettement ensuite chez les plus âgés,traditionnellement les plus participationnistes ; il l’emporte enfin chez les sympathisants du PS mais également et même si ces électeurs ne représentent qu’une part limitée du corps électoral, chez les sympathisants d’extrême gauche / PC / FDG qui pourraient voter à la primaire ainsi que chez les Verts,Modem-UMP-FN.

• Sa popularité est également élevée : 79% de bonnes opinions, à égalité avec Martine Aubry mais avec un petit surcroît de 3 points en termes d’intensité (34% de très bonnes opinions).Sur 9 dimensions d’image proposées mettant en concurrence les 6 candidats à la primaire, François Hollande l’emporte nettement sur 5 d’entre elles : il est très massivement perçu comme celui qui est « le plus capable d’emporter l’élection présidentielle » (48% de citations, loin devant Martine Aubry qui en obtient 28%), qui « a le plus la stature présidentielle » (46% contre 25%), qui est « le plus capable de rassembler les Français » (41% contre 32%) et qui serait « le plus capable de faire face à une crise diplomatique et militaire internationale » (43% contre 22%). Soit les dimensions classique de la présidentialité. Il a également « la personnalité qui plait le plus » (36% de citations, contre 27% pour Martine Aubry et 18% pour Ségolène Royal). Il fait par ailleurs jeu égal sur « a les propositions les plus convaincantes » (32% pour Martine Aubry et 31% pour François Hollande) ainsi que sur « est le plus proche des attentes des Français » (34% pour François Hollande et 33% pour Martine Aubry). Au total, il n’est dépassé par Martine Aubry que sur une dimension : « représente le mieux les valeurs de la gauche » (40% de citations pour Martine Aubry, 29% pour François Hollande).

• Le pronostic de victoire est par ailleurs très nettement orienté en sa faveur : 42% des votants potentiels à la primaire pensent que c’est lui qui l’emportera à ce scrutin, 29% Martine Aubry et 9% Ségolène Royal – Arnaud Montebourg et Manuel Valls obtenant chacun 1%.

• Il l’emporterait enfin également dans un second tour l’opposant à Martine Aubry – 53% contre 47% -.

…mais un scrutin qui n’est pas pour autant joué :

Même si l’ensemble des indicateurs posés fait donc apparaître la forte domination de François Hollande, le scrutin n’est pas pour autant joué, indépendamment du simple fait que la campagne ne fait que commencer. En effet :

• Martine Aubry, on l’a vu, dispose également d’un fort niveau de popularité : 79% de bonnes opinions ;

• Son profil d’image, moins présidentiel que celui de François Hollande, témoigne cependant d’un ancrage dans les valeurs de gauche plus important, ce qui peut potentiellement jouer ;

• Dans des proportions quasi identiques à celles de François Hollande, les votants potentiels à la primaire pensent que si le second tour de la présidentielle de 2012 l’oppose à Nicolas Sarkozy, elle l’emportera, tout comme François Hollande ;

• Enfin, les matrices de transfert 1er/ second tour montrent que les reports des électeurs de Ségolène Royal lui sont plus favorables, ce qui réduit l’écart au second tour : 53% de ces derniers sont tentés par un vote en faveur de Martine Aubry, 31% en faveur de François Hollande et 16% ne se prononcent pas ou ne voteraient pas. Certes, un second tour posé avant que les électeurs ne connaissent les résultats du 1er tour est plus fragile qu’une intention de vote de 1er tour et il convient donc d’être prudent sur ces résultats, qui peuvent évoluer. Mais ils signifient qu’il existe des réserves possibles pour Martine Aubry. De ce point de vue, il convient aussi d’être attentif au fait que les certitudes de choix des intentions de vote de 1er tour sont encore peu élevées (environ un électeur sur deux déclare que son choix n’est pas définitif) et qu’il y a une fluidité importante entre les électorats de Martine Aubry et de François Hollande. L’avantage de François Hollande est donc net mais l’élection n’est pas jouée.

Par ailleurs :

L’enquête fait apparaître un socle d’électeurs non négligeable en faveur de Ségolène Royal. Certes nettement distancée par Martine Aubry et surtout François Hollande au 1er tour, Ségolène Royal obtient malgré tout 18% des suffrages dans notre enquête. Davantage que pour François Hollande et Martine Aubry, sa personnalité est un élément important des motivations de vote de son électorat. Elle pèsera donc incontestablement dans le scrutin. En revanche et pour l’heure, les choses sont plus compliquées pour Arnaud Montebourg et Manuel Valls, qui n’obtiennent respectivement que 5% et 3% des intentions de vote.

L’enquête auprès des Français :

L’enquête auprès des Français conforte également l’avantage de François Hollande sur Martine Aubry dans l’opinion :

• Comme chez les votants potentiels la primaire socialiste, les Français pensent qu’il va l’emporter lors de la primaire, à 45% contre 26% pour Martine Aubry (et 9% pour Ségolène Royal). L’écart est donc plus accentué encore qu’auprès des votants potentiels à la primaire.

• Par ailleurs, toujours en termes de pronostic, 47% des Français pensent que si le second tour de la présidentielle oppose Martine Aubry à Nicolas Sarkozy, ce dernier l’emportera contre 41% qui estiment que ce sera Martine Aubry. Dans l’hypothèse au contraire où François Hollande serait confronté à Nicolas Sarkozy, 49% des Français pensent qu’il sortira vainqueur de la confrontation, contre 38% qui estiment
que ce sera Nicolas Sarkozy.

Brice Teinturier

Directeur Général Délégué France, Ipsos (@BriceTeinturier)

Brice Teinturier

Directeur Général Délégué France, Ipsos (@BriceTeinturier)

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