Seniors et audition : la fin d’un tabou ?

La perte naturelle de l’audition avec l’âge n’est plus un secret aujourd’hui : les signes du vieillissement du système auditif apparaissent dès la cinquantaine et de plus en plus tôt compte tenu, notamment, des pratiques d’écoute amplifiée non maîtrisées (musique MP3, concerts…).

Les seniors ont-ils aujourd’hui intégré le facteur audition dans leur capital santé ? Mesurent-ils l’incidence de l’audition sur le bien être et le bien vieillir ? Osent-ils en parler ? Franchissent-ils le pas lorsque la gêne auditive apparaît ou bien prennent-ils le risque de perdre le fil des conversations et de décrocher socialement ?

Tels sont les thèmes abordés dans l’enquête JNA – Ipsos, enquête réalisée dans le cadre de la 16ème édition de la Journée Nationale de l’Audition.

La perspective de problèmes d’audition préoccupe peu les seniors…

Dans la hiérarchie des sources d’inquiétude des seniors vis-à-vis du futur, la baisse des revenus, le spectre de la dépendance et la crainte d’avoir des problèmes de mémoire éclipsent les autres menaces : seuls 31% des seniors se disent inquiets de la perspective de problèmes d’audition.

…en dépit d’une réalité contradictoire pour 1 senior sur 3

En effet, 9% des seniors considèrent avoir souvent des difficultés à entendre et 25% parfois. Les gênes les plus répandues sont les sifflements / bourdonnements dans les oreilles (46%) et les difficultés de compréhension (44%).

Les difficultés d’audition altèrent la qualité de la vie, les seniors en sont pleinement conscients…

Si dans leur grande majorité (75%), les seniors se disent capables de se concentrer, pour ce qui concerne leur faculté optimale de concentration (réponse "tout à fait"), il existe un clivage entre ceux qui disent ne pas avoir de difficulté à entendre et ceux qui éprouvent parfois ou souvent des difficultés à entendre (56% vs. 40%). De même ce clivage est manifeste sur le plan de la satisfaction éprouvée vis-à-vis de leur capacité à travailler pour ceux qui sont en activité (écart 22 points), de leur vie sexuelle (16 points) et de leur qualité de vie d’une manière générale (15 points).

Les difficultés altèrent également le moral : 14% des interviewés ayant souvent des difficultés à entendre déclarent éprouver très souvent des sentiments négatifs comme le cafard, le désespoir, l’anxiété ou la dépression alors que ceux n’ayant pas de difficultés à entendre ne sont que 4% à les éprouver.

En tout état de cause, les seniors ont bien à l’esprit les conséquences possibles d’une baisse des capacités auditives, notamment sur le plan des relations sociales ou professionnelles (90%), de l’humeur (82%), des relations affectives avec son conjoint, ses enfants (70%), des capacités de mémorisation (53%) et de la santé d’une manière générale (51%).

Au-delà du fatalisme – la perte partielle de l’audition avec l’âge – les seniors prennent conscience de la nécessaire protection de l’audition

Parmi les facteurs à l’origine de la perte d’audition, l’usure naturelle de l’appareil auditif est la première raison citée (37%), néanmoins sont également soulignées la non protection de son audition (21%) ou encore la maladie ou le traumatisme d’une oreille (18%).

Seulement 1 senior sur 3 aurait effectué un test auditif il y a moins de 5 ans

Et c’est le plus souvent à leur propre initiative que les seniors feraient effectuer un test d’audition (43%) mais pour les seniors actifs le premier prescripteur / acteur en matière de test auditif est la médecine du travail (dans 56% des cas).

Parler de sa perte d’audition ne serait plus tabou…

Seulement 23% des seniors considèrent que parler de sa perte d’audition est encore peu avouable car cela fait penser à un signe de faiblesse ou de vieillesse. Certes ce frein est un peu minimisé, à en juger la proportion plus importante de seniors sur la réserve (32%) parmi ceux qui déclarent avoir souvent des difficultés à entendre.

… et s’équiper en appareillage auditif serait banalisé !

De façon projective, en cas de nécessité 38% des seniors semblent déterminés à s’équiper d’un appareil auditif, alors que 55% répondent prudemment qu’ils s’équiperaient probablement. Quant aux réfractaires absolus (7%) ils prétextent le prix avec le mauvais remboursement de la sécurité sociale et des mutuelles (61%) et de façon beaucoup plus minoritaire le bon fonctionnement (24%), le confort (21%) ou l’esthétisme (13%). La grande atomisation des réponses quant au prix supposé de l’appareillage auditif est assez révélateur de la méconnaissance des seniors sur ce sujet.

 

 

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