En 2012, les Français se déclarent joyeux

Comment rester positif face à la succession de mauvaises nouvelles qui ne cessent de hanter l’actualité ? Depuis 2009, la France vit au rythme de la « crise ». Et le pessimisme semble s’être enraciné dans l’hexagone de façon irrésistible. Pourtant, plus que jamais, les Français sont en demande de bonnes nouvelles. Ce besoin de positiver se traduit notamment par une recherche croissante de bien-être, par une quête de « vivre mieux » au quotidien, ce que traduit bien le succès actuel des théories du « développement personnel ».  

Comment être plus positif ? Quelles sont les conditions pour être joyeux ? Comment manifeste-t-on sa joie ? Le changement peut-il être une source de joie ? C’est notamment pour répondre à ces questions que la Foire de Paris a lancé une grande enquête avec Ipsos. L’enjeu ? Rien moins que mieux comprendre les ressorts de la joie.

L’enquête réalisée au mois de mars 2012 auprès d’un échantillon national représentatif de Français âgés de 16 à 64 ans a permis de dégager cinq principaux enseignements.

1. La joie est une émotion collective

Être joyeux, c’est être avec les autres

Selon les résultats de l’enquête, 92% des Français déclarent connaître leurs plus grands moments de joie avec les autres. La joie est une émotion que l’on vit avec les autres, plutôt que seul. De fait, la fréquentation des gens joyeux est une source de joie. 66% des personnes interrogées disent éprouver de la joie « au contact de gens joyeux ». La joie se nourrit de la joie. La joie est contagieuse.

La joie est un sentiment communicatif, que l’on partage

La joie est également une émotion qui se manifeste. Quand ils éprouvent de la joie, 68% des personnes interrogées ont envie de sourire. Surtout 59% ont envie de « partager cette joie avec les autres ». Rares sont ceux qui ne souhaitent pas ou n’osent pas communiquer leur joie (moins de 6% des personnes interrogées).

2. La joie est un état qui dépend principalement du contexte : elle ne « se commande pas »

La joie dépend avant tout du contexte

Selon les résultats de l’étude, 53% des Français pensent que la joie dépend de la situation, du contexte, 28% que l’on est avant tout joyeux par nature (on n’a rien à faire de spécial pour être joyeux), et seulement 19% que la joie est une question de volonté (on peut être joyeux si on le veut). La joie relèverait donc davantage d’une stimulation extérieure que d’une action personnelle et volontaire. Autrement dit, pour une majorité de Français, la joie est une émotion qui survient sans que les personnes qui la ressentent en constituent l’origine. A noter : les jeunes adultes sont les plus « volontaristes » : les 25-34 ans sont en effet 25% à penser que la joie dépend avant tout de la volonté d’un individu.

La surprise joue un rôle déterminant dans l’émergence de la joie

Dans les réponses des Français, un autre élément se détache, qui vient confirmer que la joie a pour origine avant tout un facteur externe : la surprise. Pour 66% des personnes interrogées, la joie relève de « l’inattendu », de la « surprise ». Autrement dit, la joie ne « se commande pas ». Dans l’esprit des personnes interrogées, elle exprime une réaction spontanée à une situation inattendue. D’ailleurs, pour 85% des Français, cadeaux et surprises sont les gestes qui rendent le plus joyeux, qu’il s’agisse d’en donner ou d’en recevoir. Cela montre aussi que, si la joie ne se commande pas personnellement pour soi-même, on peut au moins susciter de la joie chez l’autre, à travers la surprise.

3. Le passé représente une source de joie plus importante que le futur pour les Français

Parmi les évocations qui rendent les Français le plus joyeux, le passé joue un rôle prépondérant. Ce sont les souvenirs de vacances (92% des Français) ou d’enfance (81%) qui procurent le plus de joie. Il y a ainsi une dimension nostalgique dans la joie. Et si l’évocation de la vie présente est considérée comme une source de joie par 83% des Français, le futur est beaucoup moins perçu comme tel (68%). De fait, les projets font moins rêver que les souvenirs. En France, la joie se conjugue au passé plutôt qu’au futur…

A noter à nouveau : les jeunes âgés de 25 à 34 ans sont les plus positifs quant à leur avenir : 43% déclarent que leurs projets pour l’année les rendent joyeux, et c’est le cas pour 37% concernant leurs projets dans les 5 à 10 prochaines années.

4. Mais le changement est aussi un facteur décisif dans l’émergence de la joie

L’enquête montre que les Français ne sont néanmoins pas aussi pessimistes qu’on le dit parfois. En effet, 84% des Français se reconnaissent plutôt un « tempérament joyeux ». Si les Français sont attachés à leurs habitudes et rituels quotidiens, notamment ceux liés aux horaires et au cadre de vie, c’est dans le changement que la joie est la plus manifeste. L’expérience de la variété et du changement rend joyeux. Ainsi, dans des domaines aussi différents que les loisirs, l’apparence personnelle ou le cadre de vie, c’est le changement qui procure de la joie. Comme principales sources de joie, 81% des Français citent la variété dans les activités du weekend, et 67% citent le fait d’engager la conversation avec des gens avec qui ils n’ont pas l’habitude de parler. Changer de coiffure (59%) ou de style vestimentaire (55%) procure également de la joie à une majorité des Français. La joie est donc aussi une émotion que l’on peut rechercher et atteindre soi-même, par la volonté, par petites touches, au quotidien, en se créant des petits moments de joie.

5. Les femmes sont plus démonstratives dans leur expression de la joie

L’étude révèle enfin une différence frappante entre les hommes et les femmes dans leur rapport à la joie. En effet, les femmes sont plus expressives dans leur joie, la manifestant plus ouvertement : seuls 3% des femmes n’osent pas montrer leur joie, contre 7% des hommes. Elles sont également plus réceptives à la joie manifestée par d’autres (25% des femmes déclarent être énormément plus joyeuses au contact de gens joyeux contre 16% des hommes) et plus sensibles aux échanges de courtoisie (cadeau, remerciements, félicitations,…). Les femmes se montrent aussi plus attachées que les hommes aux évocations joyeuses du passé : les souvenirs d’enfance procurent de la joie à 66% des femmes contre 54% des hommes, et les souvenirs de vacances à 50% des femmes contre 41% des hommes. Les femmes sont enfin plus enthousiastes à l’idée d’introduire de petits changements ou de petites joies dans leur quotidien afin d’être plus joyeuses, qu’il s’agisse de varier les activités du weekend (46% des femmes contre 31% des hommes) ou de changer de style vestimentaire (27% contre 9%).

L’expression émotionnelle est donc beaucoup plus développée chez les femmes. Faut-il voir dans l’attitude plus discrète des hommes, une réserve culturelle qui les empêche de partager leurs émotions ?

En résumé les 5 recettes de la Joie par les Français en 2012

Communiquer - Provoquer le changement - Accueillir la surprise – Se souvenir des belles choses - Etre une femme

Fiche technique :

Cette enquête a été réalisée en ligne du 29 février au 07 mars 2012 auprès de 1011 personnes constituant un échantillon national représentatif de la population française âgée de 16 ans à 64 ans, selon la méthode des quotas (sexe, âge, statut social, activité).

Rémy Oudghiri

Directeur du département Tendances & Prospective, Ipsos Public Affairs

Rémy Oudghiri

Directeur du département Tendances & Prospective, Ipsos Public Affairs

Julia Brulé

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