D’après la dernière édition du Baromètre Ipsos Le Point, réalisée après l’intervention du ministre de la culture sur TF1, l’image de Frédéric Mitterrand sort fortement affaiblie des polémiques créées par ses déclarations concernant Roman Polanski et certains extraits autobiographiques de son livre "La Mauvaise Vie". Le ministre de la culture ne recueille plus que 45% de jugements favorables (soit 7 points de moins qu’en septembre dernier) contre 42% d’opinons défavorables, en hausse de 13 points. Cette dégradation est corrélée à des facteurs plus sociologiques que politiques. En effet, à l’exception des sympathisants du Front National, la détérioration de son image n’est pas plus marquée à gauche qu’à droite. En revanche, les hommes (+22 points de jugements négatifs) se montrent bien plus critiques que les femmes (+6), de même que les plus de 70 ans (+19 points) par rapport aux moins de 35 ans (+8).
Malgré une rentrée politique difficile (votation citoyenne sur le statut de La Poste, affaire Clearstream, annonce de l’augmentation du forfait hospitalier etc…), la cote de popularité de Nicolas Sarkozy ne recule que légèrement. Désormais, 44% des Français (-2 points par rapport à septembre) ont une bonne opinion de son action, contre 54% (+3 points) d’avis contraires. L’érosion de l’image du président est cependant plus marquée chez les retraités, l’un de ses soutiens traditionnels. Ceux qui parmi ces derniers sont mécontents de l’action de Nicolas Sarkozy sont aujourd’hui presque aussi nombreux (48%, +10) que les satisfaits (49%, en baisse de 11 points).
La proportion de Français approuvant l’action du Premier ministre est quant à elle plus stable : 45% d’entre eux portent un jugement favorable sur François Fillon (+1 point), contre 46% (inchangé) qui se déclarent critiques à son égard.
La plupart des autres personnalités testées dans le Baromètre Ipsos/Le Point affichent une popularité orientée à la hausse. Parmi les progressions les plus significatives, on citera le cas de Dominique Strauss-Kahn qui, à la suite du G20 de Pittsburgh, gagne 6 points et s’établit à 53% de bonnes opinions.
A gauche, Olivier Besancenot semble capitaliser sa forte exposition liée à la votation citoyenne sur le changement de statut de La Poste. Il gagne 4 points dans le classement général (46%) et enregistre surtout une forte hausse chez les proches du PS (68%, +7 points), occupant désormais la deuxième place du classement établi par les sympathisants socialistes, derrière le Maire de Paris (77%) et devant Martine Aubry (65%).
A l’inverse, la popularité de Ségolène Royal (stable auprès des Français, à un niveau toujours très faible, 31%) se dégrade fortement auprès des sympathisants socialistes. Ces derniers semblent sanctionner son refus de l’offre faite par Martine Aubry d’intégrer la direction du PS : ils ne sont plus que 49% (-8 points) à déclarer avoir une bonne image de l’ancienne candidate présidentielle, contre 49% de critiques (+10). C’est la première fois depuis l’entrée de Ségolène Royal dans le baromètre en avril 2004 que son solde d’image (différence entre les opinions positives et les négatives) n’est pas positif dans son propre camp.
A droite, l’orientation globale à la hausse du baromètre profite notamment à Christine Lagarde. La ministre de l'économie voit sa popularité progresser de 3 points pour atteindre 48%. Plus significatif, elle devient pour la première fois la personnalité politique préférée des sympathisants de l’UMP (avec 76% de jugements positifs, +3 points en un mois, +5 en deux mois) en détrônant Michèle Alliot-Marie.
Enfin, Dominique de Villepin enregistre une nouvelle baisse auprès des sympathisants de l’UMP : désormais seulement 28% d’entre eux portent un jugement favorable sur son action, soit une baisse de 8 points en un mois et de 14 points depuis août.