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La moitié des Français ne partira pas en vacances cet été



26 mars 2009 - L’enquête réalisée par Ipsos pour France Bleu cherche à mesurer l’impact de la crise sur les vacances d’été des Français. Il est pour le moins net, avec plus d’une personne sur deux qui ne prévoit pas de partir cette année. Ce taux grimpe à 64% dans les foyers dont le revenu mensuel net est compris entre 1200 et 2000 euros, et même à 82% chez les plus modestes. Quand à ceux qui pensent tout de même partir, ils prévoient un budget en baisse.

Plus d’un Français sur deux déclare qu’il ne partira pas en vacances cet été

L’impact de la crise économique sur le « budget vacances » des Français est
d’ores-et-déjà perceptible. En effet, les Français ne partant pas en vacances d’été seront plus nombreux que les années passées : outre les 40% de Français qui disent ne jamais partir en vacances d’été, 11% déclarent que s’ils partent habituellement en vacances d’été, ce ne sera pas le cas cette année. Ainsi, 51% des Français ne partiront pas en vacances cet été, et un Français sur dix (11%) a déjà décidé de diminuer son budget vacances.

S’il est déjà réel, l’impact de la crise sur le budget vacances des Français pourrait être encore plus marqué, puisque 15% des Français envisagent la diminution de ce budget.
Au total, seul un Français sur cinq (22%) déclare ne pas envisager pour le moment de diminuer son budget vacances.

Les jeunes et les classes moyennes sont particulièrement affectés.
Ainsi, 30% des moins de 35 ans (contre 22% des Français en moyenne) ont déjà décidé de ne pas partir en vacances cet été contrairement à l’année dernière (17%) ou de diminuer leur budget vacances (13%).
Les classes moyennes sont également touchées : respectivement 26% et 28% des personnes vivant au sein d’un foyer dont le revenu mensuel net est compris entre 1.200 et 2.000 euros ou 2.000 et 3.000 euros affirment qu’elles ont décidé de renoncer pour cet été à leurs vacances ou de diminuer leur budget. C’est également le cas de 28% des employés et de 27% des ouvriers.

Ces vacances d’été font nettement ressortir les clivages inhérents au niveau de revenu des personnes interrogées. On constate en effet que 82% des personnes avec un revenu modeste (inférieur à 1.200 euros) ne partiront pas en vacances cet été, un chiffre qui atteint à peine 25% lorsque le revenu mensuel net du foyer est supérieur à 3.000 euros. A l’inverse, seuls 5% des foyers modestes (dont le revenu net mensuel est inférieur à 1.200 euros) n’envisagent pas pour le moment de diminuer leur budget vacances, contre 41% des foyers aisés.

Quels arbitrages les Français comptent-ils effectuer afin de diminuer leur budget vacances ?

Lorsqu’on leur demande quels sont les dépenses qu’ils réduiraient en priorité afin de diminuer leur budget vacances, les Français citent tout d’abord les dépenses faites sur leur lieu de vacances (34%, dont 18% qui réduiraient leurs dépenses de restauration, 10% leurs dépenses de loisirs et d’activités, 6% les deux), devant les dépenses liées à l’hébergement (31%, parmi lesquels 19% privilégieraient un hébergement gratuit chez des membres de leur famille par exemple, 11% dépenseraient moins pour leur hébergement, 1% feraient les deux).
Un Français sur cinq réduirait la durée de son séjour (21%) ou réduirait les dépenses liées au transport (14% partiraient moins loin, 6% changeraient de mode de transport, 1% mettraient ces deux solutions en œuvre).

On observe que les arbitrages diffèrent selon que l’on a déjà décidé de réduire son budget vacances ou que l’on envisage simplement de le faire.
Ainsi, les personnes ayant d’ores-et-déjà décidé la réduction de leur budget comptent réduire en priorité des dépenses « structurelles », telles que les frais d’hébergement, ainsi que la durée de leur séjour.
A l’opposé, ceux qui envisagent de diminuer leur budget vacances projettent de réduire leurs dépenses de restauration et de loisirs sur leur lieu de vacances,
c’est-à-dire de procéder sur place à des ajustements de dernière minute en fonction du budget disponible.

Des réservations plus tardives et des Français plus attentifs aux promotions

Si 23% des personnes qui partiront en vacances cet été affirment qu’elles ne réserveront ni plus tôt, ni plus tard que d’habitude et si une personne sur cinq (20%) a déjà réservé comme à son habitude, l’incertitude liée à la crise semble inciter près d’une personne sur trois (31%) à réserver plus tard que d’habitude ou même à la dernière minute.
En effet, 16% des personnes interrogées déclarent qu’elles réserveront à la dernière minute en fonction des promotions, et 15% réserveront plus tard que d’habitude, ne sachant pas de quel budget elles disposeront.

Au-delà des promotions, 23% des futurs vacanciers comptent davantage comparer les prix et marchander cet été.

Certaines régions pourraient bénéficier du changement des habitudes des Français

Les contraintes budgétaires vont amener les Français à modifier leurs habitudes. Ainsi, 25% des personnes qui partiront en vacances cet été déclarent qu’elles privilégieront la France plutôt que l’Etranger, tandis que 24% pourraient être amenées à mieux découvrir des régions françaises qu’elles connaissent peu et même 21% à redécouvrir leur propre région.
On pourrait donc assister cet été à une redistribution des rôles entre les différents acteurs et sites touristiques.

On note par ailleurs que 30% des personnes qui partiront en vacances cet été estiment que la crise pourrait les inciter à se recentrer sur leur famille et leurs amis.

Cependant, les Français ne cèdent pas à la morosité lorsqu’ils pensent à leurs prochaines vacances d’été

Lorsqu’on leur demande quel est le sentiment qui résume le mieux leur état d’esprit à l’égard de leurs prochaines vacances d’été, c’est la sérénité qui prévaut pour une large majorité d’entre eux (46%). L’impatience et l’incertitude viennent ensuite à égalité (22%), loin devant l’appréhension (8%).

Malgré la crise, les sentiments positifs l’emportent in fine. Les Français gardent bon moral et font montre d’optimisme quant à leur capacité à s’adapter aux contraintes inhérentes au contexte économique qui, bien que difficile, ne viendra pas gâcher leurs vacances.

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Anne Sophie  Vautrey 
Chargée d'études – Ipsos Public Affairs  
anne-sophie.vautrey@ipsos.com


Jean-François Doridot 
Directeur Général – Ipsos Public Affairs 
jean-francois.doridot@ipsos.com



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