2007 : année de la transparence
Parmi la vingtaine de tendances émergentes identifiées et passées au crible grâce à l’outil Trend Observer™, la transparence s'affirme comme l'une des tendances clés de l'année 2007. Un des aspects de cette tendance est particulièrement lié à ce qui peut être observé sur le Web. Sur les réseaux sociaux notamment (YouTube, MySpace, etc.) ainsi que sur les blogs, on constate que de plus en plus d’individus dévoilent leur vie privée : profil psychologique, centres d’intérêts, photos de soirées privées, de vacances, état d’esprit, goûts musicaux, réseau d’amis... Bref, une part croissante de leur vie est ainsi rendue disponible à la planète entière.
La transparence est également à la mode dans d’autres domaines tels que l’ameublement ou la consommation alimentaire. A chaque fois, il s’agit de créer un effet de rupture en dévoilant ce qui jusque là était demeuré dissimulé aux regards : contenus des placards ou d’un paquet de sucre… Le groupe Casino vient d’annoncer son intention d’indiquer bientôt sur ses emballages « l’impact environnemental » de ses produits en matière de gaz à effet de serre. Á côté des taux de glucides et autres lipides, on pourra désormais lire sur chaque packaging des indications sur la production de C0² associée à un filet de cabillaud ainsi que le nombre de kilomètres parcourus par celui-ci avant d’atterrir dans nos assiettes. Cette initiative présentée par la direction du groupe comme « transparente » rappelle l’initiative prise il y a quelques années en matière d’économie d’énergie par les fabricants de réfrigérateurs. Celle-ci avait abouti à la disparition des appareils les plus gourmands d’un point de vue énergétique…
Vers une surveillance généralisée
La transparence a parfois un revers : la surveillance. A force de se dévoiler, on livre des informations qui ne tombent pas dans l’oreille de sourds… Le dernier rapport de Trend Observer™ montrait l’émergence d’une surveillance généralisée en Grande Bretagne notamment. 20 % des caméras de surveillance dans le monde y sont installées alors que les Britanniques ne représentent qu’1 % de la population mondiale. Les déclarations de Nicolas Sarkozy après son élection montrent que l’exemple anglais fait des émules : « je suis impressionné par l'efficacité de la police britannique grâce à son réseau de caméras » (8 juillet 2007, JDD). De fait, les moyens de surveillance des institutions sur les individus se multiplient. Et les individus eux-mêmes plébiscitent les nouveaux outils allant dans ce sens, on pense par exemple à Kiditel, un équipement qui se glisse dans un cartable et permet de connaître la position géographique de l’utilisateur.
Les secondes vies se banalisent
Détecté en 2006 par Trend Observer, le potentiel des mondes virtuels est en train de se confirmer. Avec plus de 9 millions de participants, Second Life est devenu un véritable phénomène de société qui dépasse aujourd'hui les frontières du jeu stricto sensu. Face à cette popularité, les entreprises n'ont pas tardé à s'y intéresser. Les univers virtuels sont aujourd'hui considérés comme de puissants outils de marketing et de communication. L’Oréal y a ainsi organisé en mars dernier un concours de « Miss Second Life Glamour ». C’étaient les avatars qui concourraient…
Outre Second Life, nombreux sont les nouveaux réseaux qui exploitent ce créneau des secondes vies. Il existe aujourd’hui une multitude de mondes virtuels très différents les uns des autres et aux cibles très diverses. Tous ne sont pas aussi vastes et aussi médiatisés que Second Life, mais ils possèdent des caractéristiques communes : avatars, monnaies virtuelles, lieux virtuels où ces avatars se rencontrent, interagissent et jouent. On compte en effet aujourd'hui 150 mondes virtuels actifs ou en préparation pour un investissement estimé à 1 milliard de dollars en 2007. Certains de ces mondes virtuels connaissent un tel développement qu’ils pourraient devenir les nouvelles références de demain.
Ainsi, Cyworld s’impose progressivement en Corée du Sud. Ce réseau social propose à ses utilisateurs de créer leur propre « chambre virtuelle » et de le partager ensuite avec d’autres membres. L’originalité du concept semble plaire : ¼ de la population coréenne et 90% de la jeunesse du pays utilisent Cyworld aujourd’hui. L’expansion de ce réseau se poursuit au delà des frontières du pays avec l’ouverture prochaine du réseau aux US et en Europe. Autre exemple, le succès auprès des enfants (plus de 25 millions d’utilisateurs) de Neopets, qui permet aux membres du réseau de choisir un animal selon leurs goûts (couleur, sexe, caractère…). Les membres doivent ensuite prendre soin de leurs nouveaux compagnons virtuels tels de vrais animaux domestiques : les nourrir, les soigner, les amuser… Les ados ne sont pas en reste. Avec son univers ludique inspiré des mangas, Gaia encourage ses jeunes membres à développer leur sens créatif. Des millions d’entre eux se connectent à Gaia online pour jouer, se faire de nouveaux amis, et participer ainsi à l’une des plus actives communautés online.
Gérer son hyperconsommation
En 2006, Trend Observer faisait état d’une prise de conscience nouvelle des consommateurs quant aux conséquences néfastes de l’hyperconsommation sur l’environnement. Toutefois cette prise de conscience ne suffisait pas encore pour motiver de réels changements de comportements et de consommation, et les initiatives pour une consommation plus responsable restaient encore timides.
En 2007, l’hypermédiatisation de la crise environnementale impose l’écologie comme nouvel enjeu planétaire. Les Etats comme les individus commencent à prendre la mesure de leurs responsabilités. Symbole de cette prise de conscience et de cette volonté de changement, le prix Nobel de la paix 2007 a été remis à Al Gore et au GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) pour leurs actions de sensibilisation des opinions publiques à l’égard des dérèglements climatiques.
Depuis, les politiques de développement durable s’intensifient dans tous les secteurs : les nouvelles constructions sont de plus en plus nombreuses à respecter les normes écologiques comme l’impressionnant projet de Green Building à la Défense ; les villes investissent dans les transports écologiques (velib’, bus électrique..), les industriels intègrent l’écologie à leur stratégie d’innovation (multiplication des emballages écologiques...). La liste est longue et ne fait que commencer…
A l’échelle individuelle, les consommateurs optent eux aussi pour une consommation plus responsable : 57% des français disent attendre des produits technologiques qu'ils soient plus écologiques et plus « respectueux de l'environnement ». Une demande aussi pressante que celle de prix plus bas, ce qui augure de belles batailles à venir entre paramètres économiques et contraintes écologiques !
Se désintoxiquer
Face aux excès de la vie, à la pollution, au stress…, le besoin de se désintoxiquer devient de plus en plus courant. Prolongement de la tendance bien-être, les techniques de « détox » ou de « purification », qu’elles soient ponctuelles ou régulières, attirent de plus en plus les consommateurs. C’est ce qu’avait révélé Trend Observer en 2006. Depuis, la tendance s’est diffusée. Face à cette nouvelle demande, les marques développent des gammes « spécial détox » : boissons purifiantes, patchs détox….
Quelle est, aux yeux des consommateurs français, la meilleure méthode pour se purifier des pollutions du quotidien ? Pour 53% d’entre eux, la meilleure façon de lutter contre les agressions du quotidien, reste le contact avec la nature. C’est la solution jugée la plus efficace aujourd’hui devant le sport et… l’humour.