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Deux salariés français sur trois, 41% des salariés allemands, se sentent menacés par le chômage

22 juin 2006 - L'enquête franco-allemande Ipsos/Genworth sur la façon dont les salariés anticipent le chômage révèle des différences de perception assez nettes de chaque côté du Rhin. Si les salariés Français se sentent davantage menacés par le chômage, les Allemands semblent mieux préparés à une telle éventualité.

Près des deux tiers des salariés français interrogés estiment que "le risque qu'ils se retrouvent un jour au chômage est important" (64%) ; 28% jugent même le risque "très important". Le pessimisme est majoritaire au sein de toutes les catégories de salariés, y compris chez les plus diplômés (55% chez les personnes ayant un niveau d'études au moins égal à Bac+3) et les cadres supérieurs (58%). Ce sont évidemment les catégories socioprofessionnelles les plus basses qui se sentent les plus menacés : les trois quarts des ouvriers, 71% des non-bacheliers.
Comparativement, les salariés allemands se montrent plus sereins. La moitié d'entre eux juge que le risque n'est pas important, 7% qu'il est nul. Seulement 41% (23 points de moins qu'en France) perçoivent ce risque comme important. Contrairement à la France, l'âge est un facteur discriminant en Allemagne : le risque de se retrouver un jour au chômage est jugé " important " par seulement 37% seulement des salariés de 35 ans et plus, contre 53% des salariés de moins de 35 ans. En revanche, le niveau d'études semble moins jouer.
Cette différence de perception entre salariés français et allemands se retrouve lorsqu'on les interroge sur l'évolution de leur situation professionnelle à court terme : 42% des Français considèrent qu'il y a un risque important qu'ils se retrouvent au chômage au cours des 5 prochaines, alors que seulement 28% des Allemands partagent ce point de vue. Pour le court ou le long terme, on enregistre tout de même des taux un peu plus forts dans l'ex Allemagne de l'Est. On ne note en revanche de différence transfrontalière sur le délai escompté pour retrouver du travail : 6 mois en moyenne.

Si les salariés français craignent davantage pour leur emploi, les salariés allemands semblent les mieux informés sur les allocations chômage : 72% déclarent en connaître le montant et la durée des versement, contre 41% chez les français. Globalement, les salariés qui se sentent les plus menacés (ouvriers, salariés de l'ex-RDA) sont les mieux informés. On note par ailleurs que la plupart des salariés allemands (94%) et français (82%) savent à qui s'adresser pour obtenir des informations sur la question.
En cas de chômage, les trois-quarts des salariés français (77%) pensent ne pas pouvoir maintenir leur niveau de vie actuel plus d'un an. Cette proportion est un peu plus faible en Allemagne, 67%. Le différentiel s'explique par une plus forte anticipation des Allemands : 57% d'entre-eux aurait déjà "pris des mesures spécifiques" au cas où ils perdraient leur emploi, contre 26 des Français.
La hiérarchie des arbitrages budgétaires effectués en cas de chômage est proche pour les salariés français que pour les salariés allemands. S'ils devaient réduire leur niveau de vie, "les dépenses liées aux loisirs (sorties, vacances…)" serait le premier poste réduit (environ 50% de citations). C'est pour leur habitation que salariés français et allemands seraient prêts à faire le moins de concessions (8%).

En France comme en Allemagne, les salariés paraissent souvent résignés. Les trois quarts des Français, 80% des Allemands n'ont pas l'impression que "des réformes importantes sont mises en œuvre par les différents acteurs (Etat, entreprises, partenaires sociaux) pour lutter contre le chômage dans leur pays". On n'identifie toutefois pas les mêmes leviers de réforme dans les deux pays. Les Français estiment que la principale cause du chômage est " le poids des charges sociales sur les entreprises ", tandis que les Allemands on accuse plus souvent "la mondialisation" (32%).


Un potentiel de développement important pour les assurances chômage

Dans un contexte où l'anticipation du chômage demeure encore faible proportionnellement au niveau du risque estimé, on peut supposer que le potentiel de développement de " produits " visant à mieux anticiper une situation éventuelle de perte d'emploi est important. Ceci d'autant plus que ce type de " produits " est loin d'être connu de tous. Ainsi, 48% seulement des salariés français, 54% des Allemands déclarent avoir entendu parler des assurances chômage, qui permettent de maintenir son niveau de vie en période de chômage.
L'intérêt suscité par ces assurances chômage est réel même s'il demeure limité, en raison notamment d'un niveau d'information trop faible. En France, 4% des salariés interrogés déclarent " avoir déjà souscrit à une assurance chômage qui leur permettrait de maintenir leur niveau de vie en période de chômage ", 4% déclarent " envisager de le faire prochainement " et 31% " être intéressés mais ne pas envisager de le faire pour l'instant ". Au total, ce sont donc 39% des salariés interrogés qui manifestent un intérêt pour les assurances chômage (26% en Allemagne).

Adélaïde  Zulfikarpasic 
Directeur d'études – Ipsos Public Affairs 
adelaide.zulfikarpasic@ipsos.com



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Enquête franco-allemande sur la façon dont les salariés anticipent le chômage : Consulter tous les tableaux
SONDAGE EFFECTUE POUR : GENWORTH

DATES DU TERRAIN :
  • FRANCE : sondage réalisé sur deux vagues omnibus, les 5 & 6 mai et 12 & 13 mai 2006.
  • ALLEMAGNE : sondage réalisé sur quatre vagues omnibus du 8 au 19 mai 2006.
ECHANTILLON :
  • FRANCE : 552 salariés du secteur privé issus d’un échantillon national représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus.
  • ALLEMAGNE : 401 salariés du secteur privé issus d’un échantillon national représentatif de la population allemande âgée de 14 ans et plus.
METHODE : Echantillons interrogés par téléphone. Méthode des quotas : sexe, âge, profession du chef de famille, catégorie d’agglomération et région.
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   Genworth Financial :
http://www.genworth.fr/


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