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Référendum sur la constitution européenne : l'avance du "oui" paraît fragile

AFP
10 mars 2005 - La première vague de l'observatoire du référendum sur la constitution européenne réalisée par Ipsos pour Le Figaro et Europe 1 confirme l'avance du "oui" dans les intentions de vote (60% contre 40% pour le "non"). Mais le détail des motivations des "abstentionnistes potentiels" et des "certains d'aller voter", et la relative sérénité des électeurs quant aux conséquences d'une éventuelle victoire du "non", montrent que le jeu reste ouvert.

Les intentions de vote au référendum sur la constitution européenne des électeurs "certains d'aller voter" penchent pour le "oui" (60% contre 40%). Le "oui" est un peu plus fort chez les moins de 35 ans (65%), et surtout à droite (72% chez les sympathisants UDF/UMP, contre 54% chez les sympathisants PC, PS et Verts). Dans l'ensemble, on se retrouve avec le même rapport de force que celui mesuré pour le traité de Maastricht à trois mois de la consultation, avant l'érosion du "oui" et sa victoire au finish (51%). Les deux situations ne sont certes pas comparables - euro, état d'esprit dans les familles politiques - mais le constat incite à la prudence. D'autant plus qu'une large part du corps électoral ne semble pas (encore) concernée. La taux d'interviewés se déclarant "certains d'aller voter" est inhabituellement faible. Et parmi eux, un tiers n'a pas exprimé d'intention de vote. Si les choses en restaient là, la participation serait inférieure à 50%.

A trois mois du scrutin, les électeurs qui n'ont pas exprimé d'intention de vote évoquent principalement la complexité du sujet et le manque d'information. Ce mobile ne devient minoritaire que dans les tranches d'âge supérieures à 44 ans. Ensuite, un "abstentionniste potentiel" sur cinq n'est pas certain de se rendre aux urnes du fait de son "mécontentement à l'égard des hommes politiques en général", peut-être en écho à l'affaire Gaymard. En revanche, seulement 8% déclarent que le sujet ne les intéresse pas, et à peine 5% estiment que de toute façon, "la victoire du oui est assurée". En tout, le réservoir d'abstentionnistes est largement suffisant pour inverser le rapport de force.

Les partisans du "oui" s'appuient d'abord sur les convictions que "la constitution est une étape historique dans le processus vers une Europe politique" (25% de citations, plus souvent choisie à droite) et "qu'elle représente une avancée sur le plan de l'Europe sociale" (24%). On craint un peu moins qu'une victoire du non "n'affaiblisse le poids de la France dans l'Union Européenne" (21%), ou "ne remette en question la construction européenne" (17%). L'item "le parti dont je me sens proche s'est prononcé pour le oui" n'est choisi que par 7% des sympathisants de gauche (16% à droite).
Dans l'autre camp, quatre arguments se détachent. Une personne sur quatre, et près de la moitié des sympathisants de droite (46%), déclarent que ce vote est "l'occasion de s'opposer à l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne". On pense aussi voter "non" dans l'espoir de "renégocier une meilleure constitution" (25%), ou parce que "cette constitution représente une "menace pour l'identité de la France" (24%). Spécificité française, l'argument d'un texte "trop libéral sur le plan économique" recueille également 25% de citations, et jusqu'à 39% chez les proches de la gauche parlementaire.

Et si finalement le "non" l'emportait ? "Cela ne porterait pas de coup d'arrêt grave à la construction européenne", selon la moitié des électeurs (48%, + 6 points depuis fin septembre, contre 34% d'avis contraire, -9 points). Ce jugement est majoritaire sur tout le spectre politique, et un peu plus fort à gauche. Une majorité plus étriquée ne voit pas non plus de risque que "la position de la France en Europe ne s'affaiblisse de façon majeure" (44% contre 35% d'avis contraire). Sans présager de l'issue du vote, la dramatisation de l'enjeu a de moins en moins de prise dans l'opinion.

Philippe Hubert 
philippe.hubert@lefil.fr
  Toutes les données...


L’observatoire du référendum sur la constitution européenne Vague 1 : Consulter tous les tableaux

SONDAGE EFFECTUE POUR : LE FIGARO ET EUROPE 1

DATES DU TERRAIN : Les 4 et 5 mars 2005.

ECHANTILLON : 853 personnes, constituant un échantillon national représentatif de la population française inscrite sur les listes électorales.

METHODE : Echantillon interrogé par téléphone
Méthode des quotas : sexe, âge, profession du chef de famille, catégorie d'agglomération et région.

Les résultats de l’intention de vote ne constituent pas un élément de prévision du résultat électoral. Ils donnent une indication significative de l’état du rapport de forces actuel entre le oui et le non à l’échelle nationale. Ils sont calculés sur la base des personnes se déclarant certaines d’aller voter, soit 59% de l’échantillon.
  En téléchargement


   Sondage détaillé (PDF 620 Ko)

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