WannaBing : les requêtes selfies sur les moteurs de recherche

Bing, le moteur de recherche de Microsoft, dévoile les résultats d’une enquête Ipsos* sur « les requêtes selfies sur les moteurs de recherche», qui révèle une pratique de l’ego-surfing répandue dans toute la population, y compris parmi les internautes les plus âgés (plus de la moitié des 65 ans et plus s’est déjà recherché sur un moteur de recherche). Pour autant, les motivations à l’ego-surfing ne relèvent pas systématiquement de la tendance narcissique observée par les sociologues contemporains, et revêtent souvent une dimension rationnelle ou professionnelle, en particulier chez les actifs, qui sont plus de 60% à considérer leur identité numérique comme une marque qu’il s’agirait de protéger et valoriser. On assiste ainsi à un phénomène de « professionnalisation » des stratégies de visibilité en ligne, 1/3 des Français ayant déjà supprimé ou fait supprimer des informations, photos ou vidéos les concernant sur Internet.

L'EGO-SURFING, UNE DEMARCHE DE CURIOSITE AVANT TOUT

71% des Français utilisateurs d’Internet se sont déjà recherché sur Internet et 28% le font plus d’une fois par an. Si les jeunes sont plus adeptes de l’ego-surfing (5% des 25-34 ans se cherchent au moins une fois par jour !), les seniors ne sont pas en reste, puisque plus de la moitié des plus de 65 ans  se sont déjà adonnés à cette pratique.

Le clivage générationnel ressurgit toutefois à l’observation des contenus recherchés : 53% des 15-24 ans cherchent en priorité les photos sur lesquels ils apparaissent, contre seulement 34% des internautes dans leur ensemble.

Une démarche avant tout motivée par la curiosité (51%), mais un peu d’inquiétude aussi : 21% des internautes cherchent en effet à vérifier que les informations les concernant ne contiennent rien de compromettant ou embarrassant.

Néanmoins, l’ego-surfing revêt souvent un caractère rationnel, voire professionnel (53% des ego-surfers), en particulier chez les chômeurs, dont 26% ne s’auto-recherchent qu’à but professionnel (et 29% à but à la fois professionnel et personnel).

D’ailleurs, si la principale source d’inquiétude est l’absence de mise à jour des informations, cadres supérieurs et chômeurs ont d’abord peur d’être confondus avec quelqu’un d’autre : 27% des cadres supérieurs ont peur de ne pas être trouvés facilement à cause des homonymes, et 29% des chômeurs ont peur d’être confondus avec une autre personne. Ces préoccupations révèlent en creux des disparités de maturité en matière de stratégies de « référencement », les CSP+ et les personnes en recherche d’emploi ayant pris conscience que la difficulté n’était pas la maîtrise de leurs propres informations mais la concurrence avec d’autres profils identiques.

« Si les Français n’ont pas encore toutes les clés pour anticiper leur bon référencement sur les moteurs (seulement 5% agissent préventivement), c’est un sujet qui les préoccupe : la mise à jour de leurs informations et les homonymes sont les premières sources de préoccupation lorsqu’ils se cherchent sur Internet, et c’est encore plus vrai chez les personnes en recherche d’emploi, pour qui un bon référencement sur les résultats des moteurs de recherche est un véritable enjeu », commente Brice Teinturier, directeur général délégué d’Ipsos France.

Pour Anne-Sophie Dubus, directrice marketing Europe de Bing, « le phénomène « selfie » sur les moteurs de recherche n’est pas un effet de mode. Il traduit au contraire une tendance à la professionnalisation des internautes, qui se comportent comme des entreprises, comme des marques. Jusqu’à présent réservé aux célébrités, le personal branding arrive chez les anonymes. Ces « WannaBing » élaborent ainsi des stratégies de visibilité en ligne, voire d’optimisation de leur référencement naturel : ils démultiplient leur présence sur les réseaux sociaux influents, soignent, contrôlent et mettent à jour leurs informations mais aussi leurs photos et vidéos, et sont ainsi en mesure de lutter contre leurs homonymes dans cette course à la première place des résultats de recherche ».

L'EGO-SURFING, UNE SOURCE d'ETONNEMENT ET DE SATIFACTION PERSONNELLE

Un quart des Français se dit « étonné » des résultats de se dernière requête selfie et 7% déçus.

Pour autant, les résultats d’une requête selfie donnent globalement lieu à des sentiments positifs (38%) chez les ego-surfers, qui sont plus souvent rassurés (28%) ou contents (26%), que honteux (3%), jaloux (3%) ou déçus (7%). Une autosatisfaction encore plus marquée chez les hommes (30% se déclarent contents, 17%  fiers, contre respectivement 22% et 10 chez les femmes), alors qu’inversement le sentiment d’inquiétude est plus perceptible chez les femmes (20%) que les hommes (14%).

53% des 15-24 ans cherchent les photos sur lesquels ils apparaissent.

Les recherches de photos ou vidéos engendrent les sentiments les plus contrastés : si les vidéos rendent « content » avant tout (55%), les photos, elles, rassurent (49%). Mais dans les deux cas, l’inquiétude rivalise avec la fierté : 1/4 déclarent éprouver de la fierté en découvrant les photos, ¼ de l’inquiétude. 

AU-DELA DE L'EGO-SURFING, LES FRANCAIS SE SCRUTENT SUR LES MOTEURS DE RECHERCHE 

1 internaute sur 3 a déjà recherché un ancien camarade de classe sur un moteur de recherche.

Ils sont 28% à avoir cherché leur amoureux ou ex-amoureux et 17% une personne qui leur plaît ou à qui ils plaisent. C’est encore plus vrai chez les célibataires, qui sont 29% à chercher sur les moteurs un amoureux potentiel et 25% un ex.

Les requêtes à caractères professionnel sont également fréquentes : plus d’un quart a déjà recherché une connaissance professionnelle, 12% ont déjà recherché leur patron et 11% un employeur potentiel. Un chiffre qui s’élève à 16% parmi les personnes en recherche d’emploi.

Contre toute attente, les parents ne sont pas nombreux à avoir tenté de rechercher leur enfant sur un moteur de recherche (seulement 15% des parents d’enfants de moins de 18 ans) et, lorsqu’ils le font, ils éprouvent fierté et satisfaction (27%) avant toute chose, loin devant l’inquiétude (2% pour les fils, 3% pour les filles). Les enseignants, qui figurent au top 10 des personnes les plus recherches sur Internet (11%), suscitent quant à eux de la surprise ou de l’étonnement en priorité (21%).

* Enquête réalisée par Ipsos pour Bing du 14 au 19 novembre 2014 auprès d’un échantillon national de 1030 Français utilisateurs d’Internet représentatif de la population âgée de 16 ans et plus.

Quelques chiffres insolites

 

  • 71% des Français utilisateurs d’Internet ont déjà pratiqué l’ego-surfing
  • 2% se cherchent tous les jours sur un moteur de recherche, et 5% des 25-34 ans
  • 54% des +65 ans se sont déjà recherché sur un moteur de recherche
  • 6% des seniors de + de 65 ans se sont déjà recherché une fois par mois
  • La moitié des Français se recherchent sur un moteur de recherche par curiosité, et 1 Français sur 5 pour vérifier qu’il n’y a rien de compromettant.
  • 53% des 15-24 ans cherchent en priorité les photos sur lesquels ils apparaissent
  • 29% des célibataires ont déjà cherché une personne qui leur plaît ou à qui ils plaisent sur un moteur de recherche
  • Un célibataire sur 4 a déjà recherché son ex sur un moteur de recherche.
  • Un internaute sur 10 a déjà recherché un de ses enseignants sur un moteur de recherche. 22% ont éprouvé de l’étonnement ou de la surprise à la vue des résultats.

 

Brice Teinturier

Directeur Général Délégué France, Ipsos (@BriceTeinturier)

Mathieu Doiret

Directeur de clientèle, Ipsos Public Affairs

Linda Lozza

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